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Évangile selon Jean
Sondez les Écritures - 4e année

Jean 9. 1-41

Jésus guérit un aveugle-né

1. L’infirmité a-t-elle une cause ou un but ? : versets 1-3

Un aveugle de naissance mendie au bord du chemin. Il est l’illustration de la condition naturelle de tous les hommes :

  • spirituellement, les hommes sont tous aveugles dès la naissance ;
  • ils sont tous incapables de guérir leurs semblables ;
  • nul ne peut non plus se guérir lui-même.

Ce nouvel épisode démontre ce que Jésus avait déclaré être. En effet, comme lumière du monde, il ne peut laisser dans les ténèbres cet aveugle-né. Les œuvres de Dieu doivent être manifestées en lui (verset 3), de sorte que les questions des disciples au sujet des raisons de cette infirmité sont hors de propos1.

Combien de fois nous interrogeons-nous sur les causes d’une épreuve, alors que nous devrions y voir la main de Dieu qui veut conduire les circonstances pour sa propre gloire et pour le bien des siens, car toutes choses le serventPsaume 119. 91. Les amis de Job aussi pensaient qu’un péché caché était la cause de tous ses malheurs. Dieu manifeste alors quel était son but, et Job lui-même en reçoit une double bénédictionJob 42.

Nos nombreux « pourquoi » exprimés au cours de nos épreuves devraient être « pour quoi, c’est-à-dire en vue de quoi » ? Même s’il y a une cause, nous ne la comprendrons clairement que lorsque nous aurons discerné le but. Nous ne pouvons pas comprendre maintenant, mais nous devons accepter que toutes choses travaillent ensemble au bien des enfants de DieuRomains 8. 28. Jésus déclare positivement que la cécité de l’aveugle de naissance n’était pas la conséquence d’un péché dans sa famille. Dieu l’a permis pour que, dans cet homme, sa puissance soit manifestée de même que le résultat de la grâce divine.

2. Jésus est la lumière et veut la communiquer : versets 4, 5

La période pendant laquelle Jésus était sur la terre ne devait pas durer longtemps, aussi lui était-il nécessaire d’accomplir son service sans aucun délai, sa mort sur la croix en étant le couronnement. Il le déclarera dans sa prière à son Père la nuit même où il a été livré (17. 4).

Étant la lumière du monde quand il était sur la terre (verset 5), Jésus veut la communiquer à cet infirme mendiant. Celui-ci sera doublement guéri, dans son corps et dans son âme, car la lumière physique et la lumière spirituelle vont le transformer pour en faire un témoin et une lumière pour d’autres2 Corinthiens 4. 4-6.

3. Jésus guérit l’aveugle-né : versets 6, 7

Jésus pouvait guérir par une seule paroleMatthieu 8. 8 ; dans la plupart des cas, cependant, le Seigneur touche la personne malade, ce qui montre la nécessité d’un contact personnel avec JésusMatthieu 8. 15. Mais lorsqu’il s’agit de la délivrance d’un démoniaque, aucun attouchement n’a lieu avant la délivrance. Dans le cas de l’aveugle-né, comme pour l’aveugle de BethsaïdaMarc 8. 22-25, Jésus prend de la boue mélangée à sa salive et la met comme un onguent sur les yeux. Cette manière de faire fournit un enseignement : de la poussière du sol, Dieu a fait l’homme ; cette même poussière est utilisée pour guérir, mais associée à ce qui est produit par l’humanité du Seigneur. On estimait autrefois que la salive avait un pouvoir curatif, mais il n’était pas permis de l’utiliser le jour du sabbat. Le Seigneur passe outre à cette consigne, car seule la délivrance de cet infirme avait de la valeur pour Lui.

L’aveugle est envoyé se laver à l’étang de Siloé. C’était un test d’obéissance, et aussi un symbole instructif pour nous : les eaux de Siloé n’avaient aucun pouvoir curatif, elles coulaient doucement et étaient méprisées par le peupleÉsaïe 8. 6. L’aveugle obéit, il est entièrement guéri. L’obéissance de la foi est la condition nécessaire à la guérison : il faut d’abord croire pour voir ensuite. Siloé, qui signifie Envoyé, est une figure de Celui que l’Éternel a envoyé à son peuple pour lui ouvrir les trésors de la grâce divine. Cet Envoyé n’a pas été reçu, sinon par les plus misérables qui seuls ont profité de la puissance du grand Libérateur.

4. Témoignage de l’aveugle devant les voisins : versets 8-12

Un tel miraculé ne peut pas rester caché longtemps. D’aveugle qu’il était, le voici maintenant en pleine possession de la lumière. En est-il toujours ainsi pour nous qui appartenons au Seigneur Jésus et qui sommes passés des ténèbres à la lumièreÉphésiens 5. 8 ?

La rumeur s’est vite répandue dans le voisinage. On discute de ce cas, on s’interroge. Que va dire le premier concerné ? L’homme n’esquive pas les questions dont il est assailli. Son témoignage simple et direct est un exemple pour chacun. Il dit d’abord ce qu’il est lui-même puis rapporte ce qui s’est passé, sans fioriture. Demandons à Dieu de nous donner la même hardiesse et la même simplicité.

5. Récit de l’aveugle devant les pharisiens : versets 13-16

Pour que les œuvres de Dieu soient pleinement manifestées, il fallait que la guérison soit reconnue par les adversaires de Jésus. Mais le miracle avait été opéré un jour de sabbat. Les pharisiens avaient là un argument majeur pour rejeter tout témoignage de guérison divine. Ces Juifs traditionalistes voulaient prouver par des détails dérisoires que le sabbat avait été violé. En effet, faire de la boue était considéré comme un travail, et se laver à Siloé en était un autre. Si le sabbat a été violé, le miracle n’est pas d’origine divine puisque celui qui l’a opéré ne peut pas être de Dieu. Quelques-uns, toutefois, se dissocient d’une telle conclusion. Pour ceux-là, un homme pécheur ne pourrait jamais rien faire de semblable (verset 16 b).

Notes

1

Il est facile d’interpréter une épreuve quelconque comme étant la conséquence d’un péché. C’est parfois le cas, mais qui pense que la souffrance puisse être à la gloire de Dieu ? C’est pourtant ce que dit le Seigneur (voir Jean 11. 4).

La question des disciples au sujet de la maladie traduit à la fois une vérité universelle et une erreur profonde : “Qui a péché… ?” La vérité est que toute souffrance provient du péché qui caractérise la condition humaine depuis qu’il fut introduit dans le monde par Adam et Ève (Genèse 3. 1-7 ; Romains 5. 12). L’erreur est de penser que toute souffrance personnelle est un jugement de Dieu sur des péchés personnels.

Le N.T. nous enseigne qu’une souffrance peut être attribuée à trois causes :

  • 1. La souffrance fait partie de notre existence parce que nous appartenons à une humanité déchue et pécheresse (Romains 5. 18 ; 8. 22-23).
  • 2. La souffrance, même la mort, peut être le résultat d’un châtiment de Dieu sur des péchés personnels (Actes 5. 1-11).
  • 3. La souffrance est permise de Dieu pour notre formation, pour nous apprendre à mieux connaître ce que nous sommes et nous permettre de jouir davantage de son amour et de sa grâce (2 Corinthiens 12. 7-10 ; Hébreux 12. 7-11).

Supportée par le chrétien avec patience et soumission, la souffrance est toute à la gloire de Dieu. Gardons-nous de juger injustement ceux qui souffrent !

Jean 9

1Et comme il passait, il vit un homme aveugle dès sa naissance. 2Et ses disciples l’interrogèrent, disant : Rabbi, qui a péché : celui-ci, ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? 3Jésus répondit : Ni celui-ci n’a péché, ni ses parents ; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. 4Il me faut fairea les œuvres de celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient, en laquelle personne ne peut travailler. 5Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. 6Ayant dit ces choses, il cracha en terre et fit de la boue de son crachat, et mit la boue comme un onguent sur ses yeux, 7et lui dit : Va, et lave-toi au réservoir de Siloé (ce qui est interprété Envoyé). Il s’en alla donc, et se lava, et revint voyant. 8Les voisins donc, et ceux qui, l’ayant vu auparavant, [savaient] qu’il était mendiant, dirent : N’est-ce pas celui qui était assis et qui mendiait ? 9Quelques-uns disaient : C’est lui. D’autres disaient : Non, mais il lui ressemble. Lui dit : C’est moi-même. 10Ils lui dirent donc : Comment ont été ouverts tes yeux ? 11Il répondit et dit : Un homme, appelé Jésus, fit de la boue et oignit mes yeux, et me dit : Va à Siloé et lave-toi. Et je m’en suis allé, et je me suis lavé, et j’ai vu. 12Ils lui dirent donc : Où est cet [homme] ? Il dit : Je ne sais.
13Ils amenèrent aux pharisiens celui qui auparavant avait été aveugle. 14Or c’était un jour de sabbat que Jésus fit la boue, et qu’il ouvrit ses yeux. 15Les pharisiens donc aussi lui demandèrent encore comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit : Il a mis de la boue sur mes yeux, et je me suis lavé, et je vois. 16Quelques-uns donc d’entre les pharisiens dirent : Cet homme n’est pas de Dieu, car il ne garde pas le sabbat. D’autres disaient : Comment un homme pécheur peut-il faire de tels miracles ? Et il y avait de la division entre eux. 17Ils disent donc encore à l’aveugle : Toi, que dis-tu de lui, sur ce qu’il t’a ouvert les yeux ? Et il dit : C’est un prophète. 18Les Juifs donc ne crurent pas qu’ilb avait été aveugle et qu’il avait recouvré la vue, jusqu’à ce qu’ils aient appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue. 19Et ils les interrogèrent, disant : Celui-ci est-il votre fils, que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ? 20Ses parents [leur] répondirent et dirent : Nous savons que celui-ci est notre fils, et qu’il est né aveugle ; 21mais comment il voit maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas, nous ; il a de l’âge, interrogez-le, il parlera de ce qui le concerne. 22Ses parents dirent ces choses, parce qu’ils craignaient les Juifs ; car les Juifs étaient déjà convenus que si quelqu’un le confessait comme le Christ, il serait exclu de la synagogue. 23C’est pourquoi ses parents dirent : Il a de l’âge, interrogez-le.
24Ils appelèrent donc, pour la seconde fois, l’homme qui avait été aveugle, et lui dirent : Donne gloire à Dieu ; nous savons que cet homme est un pécheur. 25Il répondit donc : S’il est un pécheur, je ne sais ; je sais unec chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois. 26Et ils lui dirent encore : Que t’a-t-il fait ? Comment a-t-il ouvert tes yeux ? 27Il leur répondit : Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous encore l’entendre ? Voulez-vous aussi, vous, devenir ses disciples ? 28Ils l’injurièrent et dirent : Toi, tu es le disciple de celui-là ; mais nous, nous sommes disciples de Moïse. 29Pour nous, nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais, pour celui-ci, nous ne savons d’où il est. 30L’homme répondit et leur dit : En ceci pourtant il y a une chose étrange, que vous ne sachiez pas d’où il est, et il a ouvert mes yeux. 31Or, nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est pieux envers Dieu et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. 32Jamais on n’entendit dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. 33Si celui-ci n’était pas ded Dieu, il ne pourrait rien faire. 34Ils répondirent et lui dirent : Tu es entièrement né dans le péché, et tu nous enseignes ! Et ils le chassèrent dehors.
35Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé dehors, et l’ayant trouvé, il lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu ? 36Il répondit et dit : Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? 37Et Jésus lui dit : Et tu l’as vu, et celui qui te parle, c’est lui. 38Et il dit : Je crois, Seigneur ! Et il lui rendit hommage.
39Et Jésus dit : Moi, je suis venu dans ce monde pour [le] jugement, afin que ceux qui ne voient pas, voient ; et que ceux qui voient deviennent aveugles. 40Et quelques-uns d’entre les pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces choses, et lui dirent : Et nous, sommes-nous aussi aveugles ? 41Jésus leur dit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais maintenant vous dites : Nous voyons ! – votre péché demeure.

Notes

aà la fin du verset : travailler.

blitt. : de lui, qu’il.

cune seule.

dplus litt. : de par.

(Traduction révisée)