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Le livre de Job
Sondez les Écritures - 3e année

Job 16, 17

Les fausses consolations et la foi dans la tourmente

3. De piètres consolateurs : 16. 1-5

Job estime que les prétendues consolations de ses amis sont des discours pénibles, et des banalités souvent rabâchées (verset 1). Ce n’est pas en répétant les vérités, même les plus exactes, que nous pourrons encourager les autres, mais en faisant partager la consolation que nous avons reçue dans une épreuve personnelle2 Corinthiens 1. 4.

Les critiques appellent toujours les critiques, et les blâmes réciproques que s’adressent Job et ses amis le montrent (verset 2 ; 8. 2 ; 15. 2). Job a souffert du ton irrité d’Éliphaz, et constate l’incapacité de ses amis à répondre à ses questions. Il leur reproche de ne pas se mettre à sa place (versets 4, 5). Quelle différence avec la vie de Jésus qui “a pris nos langueurs et porté nos maladies” Matthieu 8. 17. Il nous comprend pleinement, car “en ce qu’il a souffert, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés” Hébreux 2. 18.

Les amis hochent la tête en signe de dérision, comme les hommes autour de la croixPsaume 22. 8, alors que Job revendique pour lui la supériorité de la grâce : si ses amis souffraient comme lui, il leur adresserait plutôt des paroles encourageantes. Quel dommage qu’ils n’aient pas suivi ce conseil !

4. La foi au sein d’une condition désespérée : 16. 6 – 17. 10

Il est impossible de lire ce texte sans être ému à la fois par la description pleine de réalisme des souffrances de Job, et par l’élan de sa foi au milieu des ténèbres. Plus d’un verset évoque les paroles du Seigneur lui-même, sans qu’aucun pourtant ne manifeste la calme confiance de Christ en celui qui est “saint” Psaume 22. 4. Les va-et-vient de Job entre la foi et le désespoir sont une fidèle illustration des sentiments du souffrant. Ils soulignent l’authenticité de ce récit inspiré.

Ses amis lui ont fait tant de reproches, qu’il ne sait plus s’il doit parler ou se taire (16. 6) ; dans les deux cas, sa souffrance reste là. Job change d’interlocuteur constamment, s’adressant à ses amis, puis à Dieu qu’il perçoit comme un adversaire (16. 7-9, 11-14). Comme suggéré par les amis, et comme il le croit depuis le début, Job reconnaît la main de Dieu dans son malheur. Mais il ne comprend pas, parce qu’il a une fausse idée sur Dieu. A l’hostilité de Dieu fait écho celle des hommes (16. 10, 11) : sans doute ne s’agit-il pas des trois amis ici, vu le comportement violent qui est décrit. Comme Christ, Job est giflé1Matthieu 26. 67, et les passants font un sujet de conversation de sa douleurPsaume 22. 14. Il s’estime livré par Dieu entre les mains des hommes, véritable figure du Sauveur (16. 11) Actes 2. 23 ; Romains 8. 32. Toute sa fierté d’homme2 est anéantie, et les larmes jaillissent de ses yeux. Il se sent frappé sans raison par la colère de Dieu, comme celui qui “n’avait fait aucune violence” (16. 17) Ésaïe 53. 9. Comme pour Abel, la terre devrait crier vengeance et prouver l’innocence de Job (16. 18) Genèse 4. 10. Job pense à la mort (16. 22) ; il souffre, il a du mal à respirer (17. 1). Il se sent ridiculisé, incompris, trahi (17. 2-5) : son seul espoir reste Dieu lui-même, à qui il demande d’être sa garantie. Les outrages que Job endure évoquent encore la croix du Seigneur Jésus (17. 6, 7) Ésaïe 50. 6. Job déclare que tout homme honnête sera stupéfait en voyant l’injustice qu’il subit (17. 8) Ésaïe 52. 15. Mais cela n’arrête pas sa détermination, car il est animé par la foi (17. 8, 9).

Au milieu de ses larmes, Job clame sa certitude en la bonté de Dieu, ce témoin qu’il invoque dans les cieux (16. 19). Bien que Dieu lui ait paru quelques instants auparavant comme un adversaire, il ne peut s’empêcher de penser qu’il prend fait et cause pour lui, comme il l’a déjà exprimé (14. 15). Même en face des doutes les plus angoissants, il ne peut abandonner Dieu. Oui, méditons sur “la patience de Job” Jacques 5. 11 !

Croire en un Dieu à la fois hostile et ami amène un problème insoluble sans la présence d’un arbitre (16. 21), que Job a déjà évoqué (9. 33). Quelle foi en Dieu, de croire qu’il défendra l’homme ! La nécessité de l’œuvre de Christ s’impose à cet homme, en dehors de toute révélation particulière des plans de Dieu : c’est un encouragement, quand nous pensons aux hommes que Dieu prépare ainsi dans le monde à recevoir son message. Des évangélistes ont témoigné qu’ils ont trouvé des tribus entières prêtes à accueillir l’évangile. Quel privilège pour le chrétien de connaître dans sa plénitude la révélation de Christ : il est à la fois le témoin de notre justification devant DieuHébreux 9. 24, le médiateur entre Dieu et l’homme1 Timothée 2. 5, et l’avocat du croyant qui a péché1 Jean 2. 1 !

Les amis de Job ne pouvaient pas comprendre une telle confiance (17. 10) : elle dépassait le cadre de leurs schémas religieux. Non, l’attitude de Job ne contrariait pas la piété, comme le pensait Éliphaz (15. 4) : au contraire, elle en était la substance.

5. Quel est mon espoir ? 17. 11-16

Devant le silence de Dieu, Job est prêt à quitter cette vie. C’est une preuve supplémentaire de son innocence, car autrement il aurait redouté la mort. Peut-être pense-t-il alors rencontrer Dieu qui l’écoutera avec bienveillance ? (comp. verset 3). En même temps, une profonde tristesse se glisse dans son esprit car il pense à ce qu’il aurait aimé être ou vivre, et qui lui a été refusé (verset 11). L’amertume risque de s’introduire quand Dieu nous arrête dans nos projetsProverbes 16. 9 ; 19. 21. D’après ses amis, Job pouvait, s’il se repentait, trouver la faveur de Dieu (le jour et la lumière du verset 12). Il renonce à cet espoir, et n’a plus de perspective que la mort. Pourtant le chapitre 19 nous révélera qu’il a encore d’autres certitudes.

Ces deux chapitres constituent un des sommets de ce livre bouleversant, qui nous rend cet humble croyant si proche.

Notes

1Ou bien Job estime-t-il que les insultes de ses amis sont des soufflets ?
2Sans doute faut-il comprendre ainsi la corne du verset 15.

Job 16

1Et Job répondit et dit :

2J’ai entendu bien des choses comme celles-là ; vous êtes tous des consolateurs fâcheux.

3Y aura-t-il une fin à [ces] paroles de vent ? Qu’est-ce qui t’irrite, que tu répondes ?

4Moi aussi, je pourrais parler comme vous ; si votre âme était à la place de mon âme, je pourrais entasser des paroles contre vous et secouer ma tête contre vous !

5 [Mais] je vous fortifierais de ma bouche, et la consolationa de mes lèvres allégerait [vos douleurs].

6Si je parle, ma douleur n’est pas allégée ; et si je me tais, s’éloignera-t-elle de moi ?

7Mais maintenant, il m’a fatigué… : tu as dévasté toute ma familleb ;

8Tu m’as étreintc, c’est un témoignage, et ma maigreur se lève contre moi, elle dépose, à ma face, contre moi.

9Sa colère me déchire et me poursuit ; il grince des dents contre moi ; [comme] mon adversaire, il aiguise contre moi ses yeux.

10Ils ouvrent contre moi leur bouche, ils me frappent les joues avec mépris ; ils s’attroupent contre moi.

11✷Dieu m’a livré à l’inique, et m’a jeté entre les mains des méchants.

12J’étais en paix, et il m’a brisé ; il m’a saisi par la nuque et m’a broyé, et m’a dressé pour lui servir de but.

13Ses archersd m’ont environné ; il me perce les reins et ne m’épargne pas ; il répand mon fiel sur la terre.

14Il fait brèche en moi, brèche sur brèche ; il court sur moi comme un homme fort.

15J’ai cousu un sac sur ma peau, et j’ai dégradé ma corne dans la poussière.

16Mon visage est enflammé à force de pleurer, et sur mes paupières est l’ombre de la mort,

17Quoiqu’il n’y ait pas de violence dans mes mains, et que ma prière soit pure.

18Ô terre, ne recouvre pas mon sang, et qu’il n’y ait pas de place pour mon cri !

19Maintenant aussi, voici, mon témoin est dans les cieux, et celui qui témoigne pour moi est dans les lieux élevés.

20Mes amis se moquent de moi… vers †Dieu pleurent mes yeux.

21Que n’y a-t-il un arbitree pour l’homme auprès de †Dieu, et pour un fils d’homme vis-à-vis de son ami !

22Car les années s’écoulent dont on peut compter le nombre, et je m’en vais dans le chemin [d’où] je ne reviendrai pas.

Job 17

1Mon souffle est corrompu, mes jours s’éteignent : pour moi sont les sépulcres !

2Les moqueurs ne sont-ils pas autour de moi, et mes yeux ne demeurent-ils pas au milieu de leurs insultes ?

3Dépose, je te prie, [un gage] ; cautionne-moi auprès de toi-même : qui donc frappera dans ma mainf ?

4Car tu as fermé leur cœur à l’intelligence ; c’est pourquoi tu ne les élèveras pas.

5Celui qui trahit ses amis pour qu’ils soient pillés, les yeux de ses fils seront consumés.

6Et il a fait de moi un proverbe des peuples, et je suis devenu un homme auquel on crache au visage.

7Mon œil est terni par le chagrin, et mes membres sont tous comme une ombre.

8Les hommes droits en seront étonnés, et l’innocent s’élèvera contre l’impie ;

9Mais le juste tiendra ferme dans sa voie, et celui qui a les mains pures croîtra en force.

10Mais quant à vous tous, revenez encore, je vous prie ; mais je ne trouverai pas un sage parmi vous.

11Mes jours sont passés, mes desseins sont frustrés, – les plans chéris de mon cœur.

12Ilsg font de la nuit le jour, la lumière proche en présence des ténèbres.

13Si j’espère, le shéol est ma maison, j’étends mon lit dans les ténèbres ;

14Je crie à la fosseh : Tu es mon père ! aux vers : Ma mère et ma sœur !

15Où donc est mon espoir ? Et mon espoir, qui le verra ?

16Il descendra vers les barresi du shéol, lorsque ensemble nous aurons du repos dans la poussière.

Notes

aou : le mouvement.
blitt. : assemblée.
cou : froissé, couvert de rides.
dou : traits.
eou : médiateur.
fvoir Proverbes 6. 1 ; 17. 18.
gsans doute les amis de Job.
hd’autres : corruption.
iou : solitudes.

(La Bible - Traduction J.N. Darby)