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Le premier livre de Moïse dit la Genèse
Sondez les Écritures - 1re année

Genèse 42

Joseph, restaurateur de ses frères

1. Joseph éprouve ses frères

La famille d’Israël réapparaît : versets 1-3

Pendant 20 années, un voile de silence a recouvert la famille de Jacob. De même, depuis 20 siècles, Dieu a mis de côté son peuple terrestre : “un endurcissement partiel est arrivé à Israël, jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée” Romains 11. 25. Le voile est donc mis sur le cœur de cette nation, “mais quand elle se tournera vers le Seigneur, le voile sera ôté” 2 Corinthiens 3. 16. C’est ce que, en figure, ce récit va nous apprendre. Dieu va s’occuper d’eux en grâce, mais aussi en justice. Par des tribulations successives et croissantes, ce peuple affligé depuis longtemps déjà va être conduit à confesser son crime, et ce Messie qu’ils ont retranché mais qui a payé pour eux, apparaîtra pour leur délivrance.

Les frères de Joseph se prosternent devant lui : versets 4-8

Les frères de Joseph se regardent les uns les autres (verset 1). Bien des choses devaient se passer dans leur cœur pendant ce temps d’épreuve, propice à la réflexion. Selon les voies de Dieu, la famine les conduira à descendre en Égypte pour y être éprouvés. Jacob envoie donc ses dix fils, tous coupables, et garde auprès de lui Benjamin, sur qui s’est reportée sa profonde affection après la perte de Rachel et de Joseph : “de peur qu’un accident ne lui arrive”, dit Jacob. En fait, Dieu l’a décidé ainsi à cause de l’innocence de ce dernier fils. Ces dix hommes paraissent devant Joseph ; vingt ans auparavant, ils étaient remplis de jalousie et de haine, et s’étaient levés pour outrager leur jeune frère faible et sans défense. Ils sont maintenant sans ressources et dans le besoin, et se prosternent devant lui la face contre terre (verset 6).

Mais Joseph aime ses frères. Ce n’est pas pour lui le jour de la vengeance ; il ne fera pas non plus étalage à leur égard d’une générosité gratuite ; il est juste. Et ces deux qualités vont être mises en exercice pour produire dans l’âme de ses frères un profond et salutaire jugement d’eux-mêmes, une délivrance de leur misère morale, et une heureuse restauration.

Joseph éprouve ses frères : versets 9-17

Joseph voit ses frères prosternés devant lui et se souvient de ses songes. Il n’avait qu’à prononcer son nom, et les dix coupables auraient reconnu avec une grande frayeur que la parole de Dieu était vraie. Mais à quoi cela aurait-il servi ? Il va plutôt s’employer à toucher leur conscience par un langage apparemment sévère, mais dicté par l’amour ; il accuse injustement ses frères d’être des espions. Les frères de Joseph s’en défendent : ne sont-ils pas tous fils d’un seul homme ? Ils sont d’honnêtes gens et viennent pour acheter des vivres (verset 10) ; ils ont l’argent pour payer. Vous avez dit : “honnêtes gens” ? Avez-vous oublié votre mauvaise renommée (37. 2), votre conduite inique (38. 1-30), la tuerie de Sichem (34. 25-31), le crime envers votre frère (37. 18-35), l’épée dont vous avez transpercé l’âme de votre père ? N’est-ce rien pour vous, tout cela ? Sans y faire allusion, Joseph va faire revivre dans leur conscience tout ce passé.

Joseph réveille leur conscience : versets 18-24

Joseph les cerne par son interrogatoire, et les oblige à se dévoiler. Ils font d’abord allusion au plus jeune fils resté auprès de leur père, et cet aveu sera mis à profit par Joseph pour achever leur travail de conscience lors du dénouement. Ils parlent ensuite de ce frère qu’ils ont vendu comme s’il n’existait plus, comme s’il avait disparu de leur vie. Il faut maintenant qu’il réapparaisse ouvertement dans leur conscience, et que leur cœur jadis dur comme pierre soit bouleversé. Ces dix “honnêtes gens” sont donc emprisonnés trois jours. Ils n’ont pas besoin d’explications pour admettre pendant ce temps de réflexion qu’ils sont bien coupables (verset 21). Leur péché n’a pas été effacé par le temps : ils commencent à le confesser entre eux, premier pas vers la repentance. De plus, leur cœur devient enfin sensible, et leur propre détresse leur rappelle ce qu’a pu être celle de leur frère lorsqu’il demandait grâce, et Ruben accentue leur remords ; le travail de Dieu est commencé. Joseph en est un maître artisan ; il connaît les pensées de Dieu. Ses frères, s’ils ont eu la surprise d’entendre parler de la crainte de Dieu (verset 18) par le gouverneur de ce pays idolâtre, devront reconnaître la sagesse d’en haut chez cet homme. Joseph est aussi un homme au cœur sensible ; nous le verrons souvent pleurer (verset 24), mais il ne se fera pas encore reconnaître ; il faut pour qu’il se révèle, que le passé soit jugé.

Le retour dans la peur : versets 25-35

Siméon est lié ; deuxième de la famille, il était responsable après Ruben de ce qui s’était passé à Dothan en l’absence du premier-né. Il a également le temps, au fond de sa prison, de se remémorer la tuerie de Sichem. Mais tout en retenant Siméon, Joseph charge ses frères d’une abondance de blé, et fait replacer leur argent dans leur sac. Il les éprouve aussi de cette manière, en alternant la dureté et la sévérité avec la prévenance. La découverte de cet argent au caravansérail, puis à la maison (versets 28, 35), remplit ces hommes d’effroi. Placés dans la lumière de Dieu, ils ne sont pas à l’aise. Ils l’avaient convoité, cet argent, lorsqu’ils avaient retiré chacun deux pièces de la vente de leur frère ; il brûle leurs doigts maintenant. Puis les fils de Jacob rendent compte à leur père de leur voyage et de leur entrevue avec le “seigneur du pays”. Leur discours, juste par ailleurs, dénote que le travail intérieur salutaire n’a fait que commencer en eux.

La dernière épreuve de Jacob : versets 36-38

Pour Jacob, ce vieillard, la discipline se poursuit aussi, très éprouvante. Après la séparation de Joseph, la famine survient, puis la captivité de Siméon ; et maintenant on veut lui prendre Benjamin : “Toutes ces choses sont contre moi” ! Il nous faut souvent du temps pour comprendre que Dieu est toujours pour nous, quelles que soient les apparences. “Mon fils ne descendra pas avec vous” dit Jacob (verset 38) en parlant de Benjamin. “Que votre jeune frère vienne ici”, avait dit Joseph (verset 15). Il faudra bien que Jacob le laisse aller, car Joseph fait tout dépendre de sa venue.

Genèse 42

1Et Jacob vit qu’il y avait du blé en Égypte ; et Jacob dit à ses fils : Pourquoi vous regardez-vous les uns les autres ? 2Et il dit : Voici, j’ai appris qu’il y a du blé en Égypte ; descendez-y, et achetez-nous-en là, afin que nous vivions, et que nous ne mourions pas. 3Et dix frères de Joseph descendirent pour acheter du blé en Égypte ; 4mais Jacob n’envoya pas Benjamin, le frère de Joseph, avec ses frères, car il disait : De peur qu’un accident ne lui arrive ! 5Et les fils d’Israël allèrent pour acheter du blé, parmi ceux qui allaient ; car la famine était dans le pays de Canaan. 6Et Joseph était gouverneur du pays ; il vendait le blé à tout le peuple du paysa. Et les frères de Joseph vinrent, et se prosternèrent devant lui la face contre terre. 7Et Joseph vit ses frères, et les reconnut ; et il fit l’étranger vis-à-vis d’eux, et leur parla durement, et leur dit : D’où venez-vous ? Et ils dirent : Du pays de Canaan, pour acheter des vivres. 8Et Joseph reconnut ses frères ; et eux ne le reconnurent pas.

9Et Joseph se souvint des songes qu’il avait songés à leur sujet, et il leur dit : Vous êtes des espions ; c’est pour voir les lieux ouvertsb du pays que vous êtes venus. 10Et ils lui dirent : Non, mon seigneur ; mais tes serviteurs sont venus pour acheter des vivres. 11Nous sommes tous fils d’un seul homme ; nous sommes d’honnêtes gens ; tes serviteurs ne sont pas des espions. 12Et il leur dit : Non ; mais vous êtes venus pour voir les lieux ouverts du pays. 13Et ils dirent : Tes serviteurs étaient douze frères ; nous sommes fils d’un seul homme, au pays de Canaan ; et voici, le plus jeune est aujourd’hui avec notre père, et l’un n’est plus. 14Et Joseph leur dit : C’est ce que je vous disais, en disant : Vous êtes des espions. 15Par ceci vous serez mis à l’épreuve : Vie du Pharaon ! si vous sortez d’ici, à moins que votre jeune frère ne vienne ici ! 16Envoyez l’un de vous, et qu’il aille chercher votre frère ; et vous, vous serez liés, et vos paroles seront mises à l’épreuve, [pour voir] si la vérité est avec vous : sinon, vie du Pharaon ! certainement vous êtes des espions. 17Et il les fit mettre ensemble sous garde pendant trois jours.

18Et, le troisième jour, Joseph leur dit : Faites ceci, et vous vivrez ; moi je crains Dieu. 19Si vous êtes d’honnêtes gens, l’un de vous, qui êtes frères, sera lié dans la maison où vous avez été sous garde ; et vous, allez, emportez du blé pour la faim de vos maisons ; 20et amenez-moi le plus jeune de vos frères, et vos paroles se trouveront vraies ; et vous ne mourrez pas. Et ils firent ainsi. 21Et ils se dirent l’un à l’autre : Certainement nous sommes coupables à l’égard de notre frère ; car nous avons vu la détresse de son âme quand il nous demandait grâce, et nous ne l’avons pas écouté ; c’est pourquoi cette détresse est venue sur nous. 22Et Ruben leur répondit, disant : Ne vous ai-je pas parlé, disant : Ne péchez pas contre l’enfant ? Mais vous n’avez pas écouté ; et aussi, voici, son sang est redemandé. 23Et ils ne savaient pas que Joseph comprenait, car il y avait entre eux un interprète. 24Et il se détourna d’auprès d’eux, et pleura ; et il revint vers eux, et leur parla, et prit d’avec eux Siméon, et le lia devant leurs yeux.

25Et Joseph commanda de remplir de blé leurs sacsc, et de leur remettre leur argent à chacun dans son sac, et de leur donner des provisions pour le chemin ; et on leur fit ainsi. 26Et ils chargèrent leur blé sur leurs ânes, et s’en allèrent de là. 27Et l’un [d’eux] ouvrit son sac pour donner à manger à son âne, dans le caravansérail, et il vit son argent, et voici, il était à l’ouverture de son sac. 28Et il dit à ses frères : Mon argent m’a été rendu ; et même, le voici dans mon sac ! Et le cœur leur manqua, et ils furent saisis de peur, se disant l’un à l’autre : Qu’est-ce que Dieu nous a fait ?

29Et ils vinrent vers Jacob, leur père, au pays de Canaan, et ils lui racontèrent tout ce qui leur était arrivé, disant : 30L’homme, le seigneur du pays, nous a parlé durement, et nous a traités comme des espions du pays ; 31et nous lui avons dit : Nous sommes d’honnêtes gens, nous ne sommes pas des espions. 32Nous étions douze frères, fils de notre père : l’un n’est plus, et le plus jeune est aujourd’hui avec notre père au pays de Canaan. 33Et l’homme, le seigneur du pays, nous a dit : À ceci je connaîtrai que vous êtes d’honnêtes gens : Laissez auprès de moi l’un de vos frères, et prenez [du blé] pour la faim de vos maisons, et allez-vous-en. 34Et amenez-moi votre plus jeune frère, et je connaîtrai que vous n’êtes pas des espions, mais que vous êtes d’honnêtes gens : je vous donnerai votre frère, et vous trafiquerez dans le pays.

35Et il arriva, comme ils vidaient leurs sacs, que voici, chacun avait son paquet d’argent dans son sac ; et ils virent, eux et leur père, leurs paquets d’argent, et ils eurent peur. 36Et Jacob, leur père, leur dit : Vous m’avez privé d’enfants : Joseph n’est plus, et Siméon n’est plus, et vous voulez prendre Benjamin ! Toutes ces choses sont contre moi. 37Et Ruben parla à son père, disant : Tu feras mourir mes deux fils si je ne te le ramène ; remets-le entre mes mains, et je te le ramènerai. 38Mais il dit : Mon fils ne descendra pas avec vous ; car son frère est mort, et lui seul est resté ; si quelque accident lui arrivait dans le chemin où vous allez, vous feriez descendre mes cheveux blancs avec douleur au shéold.

Notes

aou : tous les peuples de la terre.
blitt. : la nudité.
cou : ustensiles, vases ; ailleurs : effets, ici et 43. 11.
dexpression très vague pour désigner le séjour des âmes séparées du corps.

(La Bible - Traduction J.N. Darby)