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Le premier livre de Moïse dit la Genèse
Sondez les Écritures - 1re année

Genèse 43

Joseph, restaurateur de ses frères

2. Les onze frères dans la maison de Joseph

La pression de la famine sur Jacob : versets 1, 2

La famine pèse sur le pays de Canaan ; l’épreuve se prolonge car il faut qu’elle porte son fruit. A mesure que les sacs de blé se vident, l’anxiété doit croître dans cette famille. Tous savent bien que pour ne pas succomber à la famine, il faudra paraître à nouveau devant “cet homme”. Juda est déterminé (verset 8), mais il faut que Jacob se décide à se séparer de Benjamin. Le temps s’est écoulé, et chaque jour ce vieillard a dû penser à ce que le seigneur de l’Égypte exigeait : quelle torture morale ! Il n’ose pas rappeler cette injonction, lorsqu’il invite ses fils à retourner pour acheter “un peu de vivres”. Même sans Benjamin, ils obtiendront peut-être quelques sacs de blé. Non, dit Juda ; il a eu à faire à l’homme du pays, et sait bien qu’il n’est pas question de transiger avec lui.

La pression de Juda sur Jacob : versets 3-10

Jacob est donc mis à l’épreuve, mais il se débat intérieurement, il tergiverse avec ses fils (verset 6). On comprend son angoisse à la pensée de perdre peut-être un troisième enfant, l’enfant de sa vieillesse, dira Juda. Ruben (42. 37) et Juda cherchent à le convaincre ; leur cœur est enfin ému devant la souffrance de leur père, mais leur engagement présomptueux ne saurait convaincre Jacob, qui sait ce que valent les promesses de l’homme. Il mesure aussi l’insignifiance de ses fils en face de l’homme tout puissant de l’Égypte.

Cependant la pression de Juda est décisive ; il prend la parole dans une période encore plus angoissante, car il n’y a plus de réserves. Peut-être se souvient-il, sans l’avouer, de sa culpabilité à l’égard de Joseph : c’est en effet lui qui avait proposé de le vendre. Il est prêt maintenant à prendre la responsabilité de ramener Benjamin ; il répond de lui devant son père.

Le dernier plan de Jacob : versets 11-14

Le ferme discours de Juda a convaincu Jacob ; celui-ci s’incline (verset 13) ; mais il veut rassembler les meilleurs produits du pays pour se concilier les grâces de “l’homme”. Pourtant, n’avait-il pas fait maintes fois l’expérience de la pleine suffisance du Dieu tout-puissant dans les circonstances les plus difficiles ? De plus, qu’étaient ces “meilleurs produits du pays” qui ne pouvaient sauver de la famine !

Un peu de ceci, un peu de cela (verset 11), et pour le reste, à la grâce de Dieu ! Telle est la religion de l’homme : il cherche toujours dans ses réserves ce qu’il peut offrir “de meilleur” à Dieu, pour être agréé. Dieu n’accepte rien de cela ; il ne demande rien à celui qui ne peut rien donner ; c’est lui qui donne.

En vérité Jacob se trompe, et le seigneur du pays dont les greniers débordent ne prêtera aucune attention à ce maigre présent. De plus, Jacob compte sur l’argent reporté et l’argent ajouté pour obtenir les vivres. Il ne semble pas s’être interrogé outre mesure sur la signification de ces paquets d’argent placés par une main mystérieuse dans les sacs de ses fils : “peut-être était-ce une erreur ?” En tout cas, il n’y voit pas la main de Dieu ; il n’est pas dans sa lumière ; il lui laisse la dernière place dans ses plans (verset 14). Cependant, il se soumet à sa volonté quelle qu’elle soit. En remettant entre ses mains le sort de Benjamin, en acceptant que Dieu fasse ce qu’il trouvera bon, il montre que la discipline a graduellement opéré en lui ; elle va s’achever et ses trois fils lui seront rendus.

La maison de Joseph et son intendant : versets 15-24

Au verset 15, les fils de Jacob se tiennent devant Joseph ; celui-ci, voyant Benjamin avec eux, va continuer son patient travail de restauration. Il commence par leur ouvrir sa maison, et fait apprêter le festin. Il veut parler à leur cœur autant qu’à leur conscience, mais ils ne comprennent guère ce langage. Ils ont peur d’entrer dans la maison de cet homme puissant, qui agit avec eux d’une façon aussi déconcertante. Ils ne peuvent concevoir qu’ils y seront reçus comme des invités de marque. Leur conscience n’est pas à l’aise, et leur première réaction est de se justifier au sujet de l’argent. C’était bien un autre argent, celui de la vente de Joseph, qui aurait dû les mettre mal à l’aise.

Mais l’intendant les rassure ; c’est un homme qui tient bien ses comptes. Tout est en règle : “Votre argent m’est parvenu”. Et pourtant, ils l’ont encore dans leurs mains : Joseph avait payé pour eux. Cet intendant est remarquable ; il est en pleine communion avec celui au nom duquel il agit, et dont il administre les biens. Il connaît le Dieu de Joseph, le Dieu de Jacob, et agit dans l’esprit de cette connaissance. Il évoque pour nous l’activité du Saint Esprit, qui conduit au Seigneur (versets 23, 24).

L’accueil mystérieux de Joseph : versets 25-34

A l’arrivée de Joseph, ses frères se prosternent devant lui pour la deuxième et la troisième fois (versets 26, 28). “Nous verrons ce que deviendront ses songes”, avaient-ils pu dire ; ils le voient. Ils sont là les onze, Siméon est libéré, Benjamin est venu. Ils ont préparé le présent, ils l’ont apporté. Ce présent semble tenir une grande place dans leur présentation, de même que l’argent, mais Joseph ne fait cas que de Benjamin.

Son père est encore vivant ; son jeune frère est devant ses yeux. Joseph est profondément ému et pleure. Nous le voyons pleurer sept fois au cours de ces récits, jamais sur lui-même, sur ses souffrances ou sa dure captivité, mais sur ses frères, sur son père. Sans doute le premier désir de son cœur aurait été d’embrasser Benjamin, mais il faut qu’il achève le travail de relèvement de ses frères. Une joie et une communion heureuse ne peuvent être goûtées auparavant, c’est pourquoi il mange à part. Joseph fait maintenant asseoir ses frères devant lui (verset 33), et ceux-ci ont de quoi s’étonner entre eux en voyant cet homme discerner leur rang dans la fratrie ; cela laisse supposer qu’il sait beaucoup de choses sur eux. De plus, il leur fait faire bonne chère sans raison apparente, et avec encore moins de raison, le plus jeune reçoit une portion privilégiée. Tout cela est mystérieux, mais bien digne de Dieu qui les laboure ainsi de diverses manières pour faire briller les richesses de sa grâce à la fin.

Genèse 43

1Et la famine pesait sur le pays. 2Et il arriva, lorsqu’ils eurent achevé de manger le blé qu’ils avaient apporté d’Égypte, que leur père leur dit : Retournez, achetez-nous un peu de vivres. 3Et Juda lui parla, disant : Cet homme nous a expressément protesté, disant : Vous ne verrez pas ma face, à moins que votre frère ne soit avec vous. 4Si tu envoies notre frère avec nous, nous descendrons, et nous t’achèterons des vivres ; 5mais si tu ne l’envoies pas, nous ne descendrons pas ; car l’homme nous a dit : Vous ne verrez pas ma face, à moins que votre frère ne soit avec vous. 6Et Israël dit : Pourquoi m’avez-vous fait le tort de déclarer à l’homme que vous aviez encore un frère ? 7Et ils dirent : L’homme s’est soigneusement enquis de nous et de notre parenté, disant : Votre père vit-il encore ? Avez-vous [encore] un frère ? Et nous l’avons informé selon la teneur de ces paroles. Pouvions-nous donc savoir qu’il dirait : Faites descendre votre frère ? 8Et Juda dit à Israël, son père : Envoie le jeune homme avec moi, et nous nous lèverons et nous irons, et nous vivrons et ne mourrons pas, ni nous, ni toi, ni nos petits enfants. 9Moi, je réponds de lui ; tu le redemanderas de ma main. Si je ne te le ramène, et si je ne le présente devant ta face, je serai tous mesa jours coupable envers toi. 10Car si nous n’avions pas tardé, certes nous serions déjà revenus deux fois.

11Et Israël, leur père, leur dit : Eh bien, s’il en est ainsi, faites ceci : Prenez dans vos vases des meilleurs produits du pays, et portez à l’homme un présent : un peu de baume et un peu de miel, des épices et de la myrrhe, des pistaches et des amandes. 12Et prenez d’autre argent dans vos mains ; et l’argent qui a été remis à l’ouverture de vos sacs, reportez-le dans vos mains ; peut-être était-ce une erreur. 13Et prenez votre frère, et levez-vous, retournez vers l’homme ; 14et le ✷Dieu Tout-puissantb vous fasse trouver compassion devant l’homme, afin qu’il renvoiec votre autre frère, et Benjamin ! Et moi, si je suis privé d’enfants, j’en serai privé.

15Et les hommes prirent ce présent ; et ils prirent double argent dans leurs mains, et Benjamin, et ils se levèrent, et descendirent en Égypte ; et ils se tinrent devant Joseph.

16Et Joseph vit Benjamin avec eux ; et il dit à celui qui était [préposé] sur sa maison : Mène ces hommes dans la maison, et tue, et apprête ; car ces hommes mangeront avec moi à midi. 17Et l’homme fit comme Joseph avait dit, et ild amena les hommes dans la maison de Joseph. 18Et les hommes eurent peur de ce qu’on les menait dans la maison de Joseph, et ils dirent : C’est à cause de l’argent qui fut remis dans nos sacs au commencement, que nous sommes emmenés, pour qu’on se jette sur nous, et pour qu’on tombe sur nous, et pour qu’on nous prenne comme serviteurs, avec nos ânes. 19Et ils s’approchèrent de l’homme qui était [préposé] sur la maison de Joseph, et lui parlèrent à l’entrée de la maison, 20et dirent : Ah, mon seigneur ! nous sommes descendus au commencement pour acheter des vivres ; 21et il est arrivé, lorsque nous sommes venus au caravansérail, que nous avons ouvert nos sacs, et voici, l’argent de chacun était à l’ouverture de son sac, notre argent selon son poids ; et nous l’avons rapporté dans nos mains. 22Et nous avons apporté d’autre argent dans nos mains pour acheter des vivres ; nous ne savons pas qui a mis notre argent dans nos sacs. 23Et il dit : Paix vous soit, ne craignez pas. C’est votre Dieu et le Dieu de votre père qui vous a donné un trésor dans vos sacs ; votre argent m’est parvenu. Et il fit sortir Siméon vers eux.

24Et l’homme introduisit ces hommes dans la maison de Joseph, et leur donna de l’eau, et ils lavèrent leurs pieds ; et il donna du fourrage à leurs ânes. 25Et ils préparèrent le présent pour l’arrivée de Joseph à midi, car ils avaient entendu qu’ils mangeraient là le pain. 26Et Joseph vint à la maison, et ils lui apportèrent dans la maison le présent qui était dans leurs mains, et se prosternèrent devant lui contre terre. 27Et il leur demanda s’ils étaient bien, et il dit : Votre père, le vieillard dont vous m’avez parlé, est-il bien ? vit-il encore ? 28Et ils dirent : Ton serviteur, notre père, est bien ; il vit encore. Et ils s’inclinèrent et se prosternèrent. 29Et il leva les yeux, et vit Benjamin, son frère, fils de sa mère, et dit : Est-ce là votre plus jeune frère dont vous m’avez parlé ? Et il dit : Dieu te fasse grâce, mon fils ! 30Et Joseph se hâta, car ses entrailles s’étaient émues envers son frère, et il cherchait [où] pleurer ; et il entra dans sa chambre, et y pleura. 31Puis il se lava le visage, et sortit ; et il se contint, et dit : Servez le pain. 32Et on le servit, lui à part, et eux à part, et les Égyptiens qui mangeaient avec lui, à part : car les Égyptiens ne pouvaient manger le pain avec les Hébreux ; car c’est une abomination pour les Égyptiens. 33Et ils s’assirent devant lui, le premier-né selon son droit d’aînesse, et le plus jeune selon sa jeunesse ; et ces hommes s’étonnaient entre eux. 34Et il leur fit porter des mets de devant lui ; et la portion de Benjamin était cinq fois plus grande que les portions d’eux tous ; et ils burent, et firent bonne chère avec lui.

Notes

alitt. : les.
bEl-Shaddaï. Shaddaï, (pluriel ?) de Shad, puissance.
clitt. : vous renvoie.
dhéb. : et l’homme.

(La Bible - Traduction J.N. Darby)