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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 23. 50-56

La mort de Jésus

16. La sépulture de Jésus

Dieu avait tout préparé pour l’ensevelissement de son Fils qui l’avait glorifié en se livrant à la mort. Les hommes pensaient lui donner son sépulcre avec les méchants, placer son corps avec celui des autres condamnés. Mais Dieu voulait qu’il soit “avec le riche dans sa mort” Ésaïe 53. 9. Il choisit pour cela deux hommes, préparés pour rendre les derniers honneurs au corps du Sauveur, le descendre de la croix et le placer dans un sépulcre.

Joseph d’Arimathée était un disciple de Jésus, mais en secret par crainte des JuifsMatthieu 27. 57 ; Jean 19. 38. Rien d’autre ne nous est dit de sa vie passée et son nom n’est plus mentionné. La valeur de son service est mise en relief par les quatre évangiles, chaque fois en rapport avec un caractère du Seigneur et de son disciple :

  • Le Messie est enseveli par “un homme riche” (Matthieu) ;
  • Le Serviteur est enseveli par “un conseiller honorable qui attendait le royaume de Dieu” (Marc) ;
  • L’Homme parfait est enseveli par “un homme de bien et juste… qui attendait le royaume de Dieu” (Luc) ;
  • Le Fils de Dieu est enseveli par “un disciple” (Jean).

Jean seul lui associe Nicodème, qui était déjà venu de nuit à Jésus et qui avait pris le parti de Christ contre les pharisiensJean 3. 1, 2 ; 7. 50, 51 ; 19. 39.

Ces deux disciples, que leur réserve naturelle et leur position sociale élevée avaient empêché de suivre ouvertement Christ pendant sa vie, trouvent maintenant le courage de sortir de leur retraite en oubliant leur prudence accoutumée. L’heure de l’épreuve révèle leur attachement à Jésus, dont la mort leur avait brisé le cœur. La position sociale de Joseph d’Arimathée lui permet maintenant de trouver accès auprès du gouverneur romain, pour lui demander le corps de Jésus.

La descente de la croix et la sépulture de Jésus sont attribuées personnellement à Joseph d’Arimathée et accomplies par des mains pieuses. Après son martyre, Étienne sera aussi enseveli par des hommes pieuxActes 8. 2. Quelle différence entre la dureté des hommes iniques qui ont cloué à une croix le Sauveur humiliéActes 2. 23, et le service d’amour des deux disciples qui prenaient soin du corps du Seigneur de gloire après sa mort. Tout était préparé pour cela : un sépulcre neuf dans lequel personne n’avait jamais été déposé (verset 53), un linceul neuf acheté spécialementMarc 15. 46, une mixtion de cent livres de myrrhe et d’aloèsJean 19. 39, bien plus précieuse que les parfums offerts à la mort du roi Asa2 Chroniques 16. 14.

Le service d’amour de Joseph d’Arimathée, est plus tard imputé par l’apôtre Paul aux chefs du peuple dans son discours à Antioche de Pisidie : “Ceux qui habitent à Jérusalem, et leurs chefs… le descendirent du bois et le mirent dans un sépulcre” Actes 13. 27, 29. Touchante expression de la grâce de Dieu envers un peuple aimé, bien que coupable.

L’évangile selon Luc nous rapporte que le corps de Jésus (Fils de l’homme) a été enveloppé dans un linceul sans être embaumé ; alors que Jean mentionne que Jésus (Fils de Dieu) fut enveloppé de linges avec les aromates. L’embaumement du Seigneur n’avait pas pour but de le préserver de la corruption, mais plutôt de l’honorer selon la coutume juive.

Personne n’avait jamais été déposé dans le sépulcre, car le Saint de Dieu ne devait jamais connaître la corruptionPsaume 16. 10, ni entrer en contact avec d’autres morts. De toute manière, le corps de Jésus, homme céleste, n’avait pas été tiré de la poussière comme celui d’Adam ; le second homme était venu du ciel1 Corinthiens 15. 47. Il n’était donc pas opportun que Luc présente l’embaumement de son corps, pas plus qu’il n’avait mentionné la scène de Béthanie où Marie avait oint le corps du Seigneur “pour sa sépulture”.

Une autre raison justifie que Jésus devait être seul dans le tombeau. On se souvient qu’un homme enterré à la hâte dans le sépulcre d’Élisée avait autrefois touché ses os et avait repris vie2 Rois 13. 21. Si le corps de Jésus avait été en contact avec un autre, l’incrédulité juive aurait pu se saisir de ce fait pour nier l’acte de puissance divineÉphésiens 1. 19, 20 par lequel Christ a été ressuscité d’entre les morts.

Le sépulcre creusé dans le rocher était une chambre à laquelle on accédait par un court tunnel obligeant à se baisserJean 20. 5. À l’extérieur, ce tunnel était obturé par un disque de pierre circulaire roulant dans une rainure ménagée dans le sol. Il fallait la force d’un homme pour rouler la pierre et ouvrir l’accès au sépulcre ; on comprend ainsi l’inquiétude des saintes femmesMarc 16. 3.

Le jour de la mort du Sauveur était la veille d’un sabbat, qui commençait déjà au coucher du soleil (la douzième heure, soit six heures du soir). Trois heures seulement s’étaient écoulées depuis le cri d’angoisse du Sauveur ; mais tant de choses s’étaient produites.

La scène se termine sur la mention de ces quelques femmes qui avaient assisté à l’ensevelissement interrompu de leur Sauveur. Leur profonde affection pour Christ brille plus que leur intelligence spirituelle ; elles n’avaient pas compris la portée des paroles du Seigneur (24. 6, 7). Elles avaient préparé des aromates et des parfums, selon la coutume juive, pour embaumer le corps de Jésus après le repos du sabbat. Elles n’auront pas l’occasion de mettre leur désir sincère à exécution. Quant à Marie de Béthanie, on ne la voit pas au sépulcre ; elle avait déjà accompli par anticipation son service pour son Maître.

Lorsque le soleil s’est couché au soir de ce jour mémorable, la nuit de l’absence de Christ s’est étendue sur le monde, laissant quelques croyants dans le deuil et les larmesMarc 16. 10. Pour les Juifs, toute espérance était anéantie par le rejet du Messie et la mort du Roi d’Israël. Mais pour ces fidèles, la résurrection allait briller à l’aurore d’un glorieux matin, prélude du jour éternel :

“Le soir, les pleurs viennent loger avec nous, et le matin il y a un chant de joie” Psaume 30. 6.

“La lumière se lève dans les ténèbres pour les hommes droits” Psaume 112. 4.

Luc 23

50Or voici, un homme nommé Joseph, qui était conseiller, homme de bien et juste51 (lui ne s’était pas joint à leur dessein ni à leur action), qui était d’Arimathée, ville des Juifs, et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu, 52alla trouver Pilate et lui demanda le corps de Jésus. 53Il le descendit, l’enveloppa d’un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne n’avait jamais été déposé. 54 (C’était le jour de la PréparationA et le crépuscule du sabbatA.) 55Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la GaliléeA suivirent ; elles regardèrent le tombeau et comment son corps y avait été déposé. 56Puis elles s’en retournèrent et préparèrent des aromates et des parfums ; mais le sabbat, elles se tinrent en repos, selon le commandement.

Notes

(Traduction révisée)