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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 7. 1-17

Le chemin du salut

1. Le salut : un don accordé à la foi

Dans les chapitres 7 et 8, le thème du salut revient avec insistance :

  • l’esclave du centurion est sauvé de la mort ;
  • le fils de la veuve de Naïn est ressuscité ;
  • la femme dans la maison de Simon est délivrée de sa culpabilité ;
  • les disciples sur le lac sont délivrés de la tempête ;
  • le démoniaque est libéré ;
  • la femme ayant une perte de sang est guérie ;
  • la fille de Jaïrus est réveillée du sommeil de la mort.

La puissance de Christ s’exerce ainsi pour le salut quelles que soient les circonstances.

Le récit de l’esclave du centurion et celui du fils de la veuve de Naïn ont un lien étroit : un homme est en train de mourir (verset 2), un autre est porté en terre (verset 12). Les deux sont sauvés de la mort et reçoivent la vie. L’un est un homme des nations, l’autre est juif.

La guérison de l’esclave du centurion : versets 1-10

Ce miracle doit être replacé dans le contexte de l’évangile de Luc, compagnon de Paul, apôtre des nations. Cette foi plus grande que celle qu’on trouve en Israël (verset 9) évoque l’évangile tel que Paul l’annonce. La base du salut n’est pas dans ce que nous pouvons faire – observer une loi comme les Juifs – mais dans l’abandon de toute confiance en nos œuvres ou en notre mérite supposé pour nous attendre à celui qui est le Seigneur (verset 6).

La présence de ce centurion1 rappelle que l’empire romain dominait le monde : cet empire est “fort comme le fer et écrase tout” Daniel 2. 40. Ce centurion était un prosélyte2. Il adhérait sincèrement à la religion juive (verset 5). Profondément attaché à son esclave, il suppose que Jésus aura pour celui-ci un intérêt plus grand encore (verset 2). Conscient qu’un Juif aurait quelque scrupule à entrer dans la maison d’un païen, se considérant lui-même indigne d’aller à Jésus, il envoie les anciens des Juifs comme intermédiaires (verset 3). Ces derniers supplient le Seigneur d’intervenir car il “méritait” ce secours. Ils ne se doutaient pas que la grâce opère là où l’homme reconnaît précisément qu’il ne mérite rien. Le centurion l’a compris : il craint Dieu et confesse son indignité à recevoir le message du salut sans conditionActes 10. 2. Dès qu’il apprend l’arrivée imminente du Seigneur, le centurion envoie cette fois des amis. Leur message est bien différent de celui des anciens des Juifs : “Je ne suis pas digne… dis une parole” (versets 6, 7).

Le centurion exerce une autorité sur d’autres. Mais cette autorité est déléguée et il doit être lui-même soumis à ses supérieurs. Un seul mot de lui à ses soldats suffit car il a derrière lui toute la puissance romaine. Quant au Seigneur, de quelle autorité et de quelle puissance était-il investi ? Le centurion ne peut pas le dire, mais il sait qu’elles s’étendent sur le domaine des vivants et des morts. Plein d’admiration, Jésus fait l’éloge de cette “si grande foi” (verset 9). Cette foi à distance est une illustration du message de l’évangile aujourd’hui : “Bienheureux sont ceux qui n’ont point vu et qui ont cru” Jean 20. 29. N’hésitons pas, comme fait le Seigneur, à souligner le bien discerné chez nos frères et sœurs.

Résurrection à Naïn : versets 11-17

Luc est le seul évangéliste à rapporter cette scène. Dans cet évangile, le Seigneur est particulièrement près de la souffrance, de la peine de sa créature en présence de la mort, de la désolation de son peuple symbolisé par cette veuve privée de toute espéranceÉsaïe 62. 4 ; 63. 9.

Ce récit est mis en contraste avec celui du centurion, mais la conclusion est identique :

  • Le centurion a des ressources, une autorité reconnue, des œuvres à son crédit.
  • La veuve a tout perdu : sa famille, les ressources que lui procuraient d’abord son mari puis son fils.

Pourtant, devant Dieu, il n’y a pas de différence : le salut n’est pas une affaire de pauvreté ou de richesse, c’est un don de Dieu accepté par la foi personnelle en celui qui peut nous délivrer de la mort spirituelleÉphésiens 2. 1-10. Il y a en Jésus une puissance qui a affronté victorieusement le pouvoir de la mort. La mort ne peut rester invaincue en sa présence (8. 54) Jean 11. 44. Même au Calvaire, la mort du Seigneur précède celle des deux brigands.

Ainsi, deux cortèges se croisent dans cette scène : celui de la mort s’approche lentement de la porte de la ville, celui de la vie monte vers la ville avec Jésus et ses disciples. La foule le suit. Dans cette rencontre, la vie va triompher ! Jésus intervient. Il s’adresse d’abord à la veuve. Il lui dit simplement : “Ne pleure pas !”, ce que personne n’avait pu lui dire. Dieu se souvient des larmes de ses enfantsPsaume 56. 9 et il les essuiera de leurs yeuxApocalypse 21. 4. Jésus s’approche alors du mort. Selon la coutume orientale, le corps repose non dans un cercueil de bois mais sur une sorte de civière.

Toucher la bière était un geste inhabituel car, en le faisant, l’Israélite se souillait. Mais il y avait en Jésus une absence totale de souillureHébreux 7. 26 et une puissance sanctifiante. Il dit simplement : “Jeune homme, lève-toi” (verset 15). Une parole suffit. Il n’a pas eu à s’étendre trois fois sur l’enfant comme Élie1 Rois 17. 21 ou à le réchauffer comme Élisée2 Rois 4. 34. Cette résurrection, pour la terre, illustre cependant la nouvelle naissance de façon magistrale : le jeune homme mort ne peut rien faire pour revenir à la vie. La parole de Dieu est entendue. Elle est pour lui une parole de vie. La joie et la reconnaissance accompagnent le salut, et l’assistance a le sentiment d’être dans la présence de Dieu (verset 16).

“Dieu a visité son peuple.” C’est le thème de la grâce qui offre le salut à ceux qui sont à bout de ressourcesExode 4. 31 ; Ruth 1. 6 ; Actes 15. 14. Le rejet de cette “visitation” est un sujet de grande tristesse pour le Seigneur (19. 41-44).

Notes

1Le centurion romain était, à l’origine, un officier à la tête d’une centaine de soldats, mais, avec le temps, l’effectif a varié. Au-dessus de lui, on trouvait le chiliarque (Actes 24. 7). On demandait au centurion d’être apte au commandement et ferme dans l’action.
2Prosélyte : non-Juif converti au judaïsme (Matthieu 23. 15 ; Actes 2. 5-11).

Luc 7

1Quand il eut achevé de faire entendre au peuple tous ses discours, il entra dans Capernaüm. 2Or l’esclave d’un centurionA, à qui il était très cher, était malade, sur le point de mourir. 3Comme il avait entendu parler de Jésus, le centurion envoya vers lui des anciensA des Juifs, en le priant de venir sauver son esclave. 4Venus à Jésus, ils le suppliaient instamment, disant : Il est digne que tu lui accordes cela, 5car il aime notre nation et nous a lui-même bâti la synagogueA. 6Jésus alla avec eux. Alors qu’il n’était déjà plus très loin de la maison, le centurion envoya des amis pour lui dire : Seigneur, ne te donne pas de peine, car je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; 7c’est pourquoi je ne me suis pas cru digne d’aller moi-même vers toi ; mais dis une parole, et mon serviteur sera guéri. 8Car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité [d’un autre], ayant des soldats sous mes ordres ; et je dis à l’un : Va, et il va ; et à un autre : Viens, et il vient ; et à mon esclave : Fais cela, et il le fait. 9Quand il eut entendu ces paroles, Jésus l’admira ; il se tourna vers la foule qui le suivait et dit : Je vous dis que même en Israël je n’ai pas trouvé une si grande foi. 10De retour à la maison, ceux qui avaient été envoyés trouvèrent en bonne santé l’esclave qui était malade.
11Il arriva ensuite que [Jésus] se rendit à une ville appelée Naïn ; et plusieurs de ses disciples, ainsi qu’une grande foule, faisaient route avec lui. 12Comme il approchait de la porte de la ville, voici, on portait dehors un mort, fils unique de sa mère, et elle était veuve ; une foule considérable de la ville était avec elle. 13Le Seigneur, en la voyant, fut ému de compassion envers elle et lui dit : Ne pleure pas. 14Il s’approcha et toucha le cercueil ; ceux qui le portaient s’arrêtèrent ; il dit alors : Jeune homme, je te dis, lève-toia ! 15Le mort se souleva et s’assit, puis il commença à parler ; et Jésus le donna à sa mère. 16Ils furent tous saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant : Un grand prophète a été suscité parmi nous, et : Dieu a visité son peuple. 17Cette parole se répandit à son sujet dans toute la JudéeA et dans toute la région.

Notes

aou : réveille-toi (le verbe traduit ici par se lever signifie aussi : ressusciter).

(Traduction révisée)