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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 3. 1-20

L’introduction du Fils de Dieu dans son ministère public

1. Jean-Baptiste au désert et au Jourdain

Dans l’évangile selon Luc, la naissance de Jésus et son enfance à Nazareth comme fils du charpentier avaient gardé un caractère relativement privé. Peu nombreux étaient ceux qui, en Israël, le connaissaient. Désormais tout change. Jean-Baptiste arrive sur la scène : il prépare l’entrée officielle du Fils de Dieu dans ce monde.

Une voix solitaire dans le désert : versets 1-14

Le chapitre 3 commence par tracer le cadre public dans lequel le ministère de Jean se déroule. La société est alors organisée sans que les autorités se soucient de la venue du Fils de Dieu (versets 1, 2). La ruine du peuple est complète : d’une part, il n’y a plus de royaume uni en Israël, la domination lui a été ôtée pour être confiée aux Romains et, d’autre part, la sacrificature est divisée. Les deux bénédictions confiées à Israël, royaume et sacrificature, ont perdu leur caractère divin. Il reste cependant la parole prophétique, car Dieu se réserve toujours le droit de se faire entendreHébreux 1. 1, 2. Il parle encore une fois par le dernier des prophètes de l’A.T., dont la voix retentit dans le N.T. à l’adresse de tout le peuple, appelant au baptêmeActes 2. 38 au bord du Jourdain, fleuve qui symbolise la mort. Les hommes viennent reconnaître là que “le salaire du péché, c’est la mort” Romains 6. 231. L’appel à la repentance de Jean diffère de ceux qui l’ont précédé. En citant Ésaïe 40, il insiste sur l’accueil que Jérusalem devait réserver au roi qui allait venir. Le message de Jean est simple ; il consiste à dire : “Voici votre Dieu !” Ésaïe 40. 9 Il appelle le peuple à préparer “le chemin de l’Éternel” Ésaïe 40. 3. Alors la gloire de l’Éternel sera révélée et “toute chair verra le salut de Dieu” 2. Ce chemin d’approche s’appelle la repentance, c’est-à-dire le retour du cœur vers Dieu. Mais Jean rencontrait de sérieuses difficultés pour préparer les cœurs (versets 4-14). Jean montre comment la grâce ôte tous les obstacles humains :

  • ce qui se cache dans les vallées devait être mis en lumière ;
  • l’orgueil des principaux du peuple (visible comme les collines et les montagnes) devait être rabaissé ;
  • ce qui est tortueux (comme les exactions des publicains) devait être redressé ;
  • ce qui est raboteux (comme les exactions des soldats) devait être aplani (verset 5).

Plutôt que d’accepter la repentance, les Juifs invoquaient leur descendance naturelle d’Abraham comme une garantie suffisante contre la colère de Dieu (verset 8). De plus, les privilèges nationaux dont se vantaient les Juifs (naissance naturelle, appartenance au peuple de Dieu, rites) ne les protégeaient pas du jour du jugement qui allait fondre sur le peuple idolâtre. La destruction de Jérusalem en 70 par les armées romaines, ne fut d’ailleurs qu’un prélude à un jugement beaucoup plus sévère.

À ceux qui demandaient ce qu’il fallait faire, Jean ne prescrit aucune observation légale, aucun ascétisme mais une justice pratique et un amour vrai (versets 10-14), les fruits qui manifestaient une vraie repentance (verset 8).

Le témoignage rendu à Christ : versets 15-20

Quelques-uns raisonnaient dans leur cœur, se demandant si Jean n’était pas le Messie. Jean saisit l’occasion pour préparer le peuple à la pensée que Jésus est incomparablement plus grand que lui. Jésus ferait deux choses : il baptiserait de l’Esprit Saint et de feu. Jean ne pouvait ni donner une vie nouvelle à ceux qui se repentaient et croyaient, ni exécuter la colère de Dieu sur ceux qui refusaient de le faire. Il pouvait plonger le peuple repentant dans l’eau mais un seul pouvait le baptiser du Saint Esprit. Ce langage était nouveau pour les Juifs qui n’avaient pas l’intelligence que nous avons quant au Saint Esprit : ils croyaient à une influence divine extérieure telle que l’A.T. la révèle, mais pas à sa venue personnelle et au fait qu’il habite dans le croyantJean 14. 17 et dans l’assemblée1 Corinthiens 3. 16.

Jean-Baptiste lui-même ignorait ce qui se produirait à la Pentecôte où les croyants recevraient le baptême du Saint Esprit ; il fait sans doute allusion à Israël appelé à subir un travail divin avant de recevoir l’EspritÉsaïe 44. 3 ; Jérémie 31. 33, 34. Le ministère de Jean ne se bornait pas à exhorter et à évangéliser. Il n’hésitait pas à reprendre Hérode. La droiture du précurseur lui valut d’être emprisonné par la méchanceté du monarque (verset 20).

Notes

1L’eau symbolise l’action de la parole de Dieu qui produit la repentance, ce jugement constructif que Dieu donne pour l’appliquer à nous-mêmes afin d’éviter le feu qui détruit tout.
2Cette traduction littérale d’après la Septante est reprise à la fin du verset 5 de Luc 3.

Luc 3

1La quinzième année du règne de Tibère CésarA, Ponce PilateA étant gouverneurA de la JudéeA, HérodeB tétrarqueA de la GaliléeA, Philippe son frère tétrarque de l’Iturée et de la contrée de Trachonitide, et Lysanias tétrarque de l’Abilène, 2au temps des souverains sacrificateursA Anne et Caïphe, la parole de Dieu vint à Jean, le fils de Zacharie, au désert. 3Et il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentanceA pour le pardona des péchés ; 4comme il est écrit au livre des paroles du prophète Ésaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, faites droits ses sentiers. 5Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées, et ce qui est tortueux sera rendu droit, les [sentiers] raboteux deviendront des sentiers unis ; 6et toute chair verra le salutb de Dieuc.
7Il disait donc aux foules qui venaient pour être baptisées par lui : Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère qui vient ? 8Produisez donc des fruits qui conviennent à la repentance ; et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père. Car je vous dis que Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham. 9Déjà, même, la cognée est mise à la racine des arbres ; ainsi, tout arbre qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. 10Les foules l’interrogèrent : Alors, que devons-nous faire ? 11Il leur répondit : Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. 12Des publicainsA aussi vinrent pour être baptisés. MaîtreB, lui dirent-ils, que devons-nous faire ? 13Il leur dit : Ne percevez rien au-delà de ce qui vous est ordonné. 14Des soldats aussi l’interrogèrent : Et nous, que devons-nous faire ? Il leur dit : Ne commettez pas d’exactions, n’accusez faussement personne et contentez-vous de votre solde.
15Comme le peuple était dans l’attente et que tous se demandaient dans leur coeur, au sujet de Jean, si lui ne serait pas le ChristA, 16Jean répondit à tous : Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, lui dont je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales : lui vous baptisera ded l’Esprit Saint et de feu. 17Il a son vanA dans sa main, il nettoiera entièrement son aire et il assemblera le froment dans son grenier, mais il brûlera la balle au feu qui ne s’éteint pas. 18Avec encore beaucoup d’autres exhortations, il évangélisait le peuple ; 19mais HérodeB le tétrarqueA – repris par lui au sujet d’Hérodias, la femme de son frère, et au sujet de tous les méfaits qu’il avait lui-même commis –20ajouta encore à tous les autres celui de mettre Jean en prison.

Notes

aou : la rémissionA.

bnote, 2. 30.

cÉsaïe 40. 3-5.

den, dans la puissance de.

(Traduction révisée)