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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 23. 1-12

La mort de Jésus

10. Première comparution devant Ponce Pilate : versets 1-7

Jésus est maintenant mis en accusation devant les autorités civiles (ce sont les trois dernières comparutions). Il est amené par la multitude à Pilate au prétoire. C’est la quatrième phase de son procès inique. Ponce Pilate était procurateur romain en Israël, au temps du Seigneur. Le quartier général de la garnison militaire avait été déplacé de Césarée à Jérusalem, où se trouvait le palais du gouverneur romain. Pilate méprisait profondément les Juifs : il avait réprimé durement la résistance du peuple au joug des nations, allant jusqu’à mêler le sang des Galiléens à leurs sacrifices (13. 1).

L’iniquité religieuse du peuple venait de se déchaîner contre Christ pour aboutir à sa condamnation. Maintenant Jésus est déféré au pouvoir civil, qui seul possédait l’autorité de condamner à mortJean 18. 31. En fait, la loi de Moïse condamnait un coupable à être lapidé ; mais la mort dont Jésus devait mourirJean 12. 33 ne pouvait être décrétée que par le pouvoir civil.

Devant le sanhédrin, Jésus avait été accusé de blasphème pour s’être déclaré Christ et Fils de Dieu. Maintenant les mêmes personnes changent leurs accusations devant le pouvoir romain pour exciter la jalousie du gouverneur et obtenir la condamnation qu’ils souhaitaient. Quelle terrible coalition que celle des pouvoirs religieux et civil contre Christ et contre Dieu. Après l’enlèvement de l’Église, les deux bêtes (l’Antichrist et la Bête romaine), représentant les deux pouvoirs religieux et civil, se ligueront, non plus contre Christ, mais contre ses élus.

Les principaux sacrificateurs accusent maintenant Jésus devant Pilate :

  • de pervertir la nation et de soulever le peuple,
  • de défendre de payer le tribut à César,
  • de se présenter lui-même comme le Christ, un roi.

Auparavant, il s’agissait de crimes religieux traités devant un tribunal religieux ; maintenant ce sont des crimes politiques portés devant le représentant de César. Les deux premières accusations étaient entièrement fausses. Quelques jours auparavant, Christ avait déclaré aux agents secrets venus pour le surprendre, qu’il fallait rendre les choses de César à César (20. 25) et il s’était acquitté de l’impôt des didrachmes auprès des receveursMatthieu 17. 24-27.

Touchant la troisième accusation, Pilate, gouverneur et dépositaire du pouvoir romain, ne pouvait évidemment pas tolérer qu’un homme d’entre les nations assujetties à l’autorité de Rome puisse faire valoir des droits à la royauté. Aussi interroge-t-il aussitôt Jésus : “Toi, tu es le roi des Juifs ?”, et Jésus répond par sa belle confession1 Timothée 6. 13.

Devant le pouvoir religieux, Jésus s’était déclaré Fils de Dieu ; devant le pouvoir civil, il se déclare maintenant Roi d’Israël.

Contrairement à l’attente des ennemis du Seigneur, Pilate, étonné de la grandeur morale de ce prévenu silencieux, le reconnaît innocent : “Je ne trouve aucun crime en cet homme” (verset 4). Mais, ayant appris qu’il était Galiléen, il le renvoie alors à Hérode, désireux de se défaire d’un cas embarrassant.

11. Comparution devant Hérode : versets 8-12

L’évangile selon Luc est le seul à rapporter la comparution de notre Seigneur devant Hérode. Il s’agit d’Hérode Antipas, fils d’Hérode le Grand qui avait bâti le temple pendant 46 ansJean 2. 20, et qui avait ordonné le massacre des enfants de BethléemMatthieu 2. 16 pour tenter de se débarrasser du petit enfant Jésus réfugié en Égypte avec ses parents.

À la mort d’Hérode le Grand, le territoire d’Israël avait été divisé en quatre provinces placées sous l’autorité de quatre tétrarques. Archélaüs, régnant sur la Judée à la place d’Hérode son pèreMatthieu 2. 22 avait été remplacé par Pilate. Un autre fils, Hérode Antipas, régnait sur la province de Galilée où se trouvait Nazareth. Il avait fait mettre en prison Jean le Baptiseur (3. 20), puis lui avait ôté la vie pour satisfaire le caprice de deux femmesMatthieu 14. 10. Descendant d’Édom (Iduméen), Hérode haïssait et méprisait le peuple de Dieu. Étouffant la voix de sa conscience après son crime (9. 9), il s’était déjà acharné contre Jésus pour tenter de le mettre à mort (13. 31).

Depuis longtemps, Hérode cherchait à voir celui qui avait exercé son ministère parmi les pauvres du troupeau en Galilée, loin des regards de ce roi apostat. Ayant entendu dire beaucoup de choses de Jésus, Hérode voulait le voir pour satisfaire sa curiosité ; ce n’était pas pour répondre à un réel besoin du cœur, comme par exemple Zachée (19. 3), ou comme cette femme qui était venue à Jésus pour trouver un soulagement d’amour à sa douleur (7. 37).

Comment Hérode pouvait-il se réjouir (verset 8) de voir devant lui Jésus enchaîné, et déjà condamné par son peuple ? À son long interrogatoire, Jésus ne répond rien. Malgré les véhémentes accusations des principaux sacrificateurs et des scribes, Hérode, de la même manière que Pilate, ne peut trouver Jésus coupable des choses dont il était accusé (verset 4). Convaincu intérieurement de son innocence, Hérode donne toutefois libre cours à sa méchanceté, traite le Seigneur avec mépris, se moque de lui et le renvoie à Pilate revêtu d’un vêtement éclatant en signe de dérision (verset 11).

Dès ce moment, Hérode et Pilate, autrefois ennemis, se réconcilient dans leur mépris pour Christ. Quelle triste amitié dans la haine contre Christ ! Mais, plus tard, “celui que l’homme méprise…” et “que la nation abhorre”, sera vu par des rois et des princes qui se lèveront et se prosternerontÉsaïe 49. 7 ; 52. 15.

Luc 23

1Ils se levèrent tous ensemble et le menèrent à PilateA. 2Ils se mirent à l’accuser ainsi : Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nation et défendant de payer les impôts à Césara, disant qu’il est lui-même le ChristA, un roi. 3Pilate l’interrogea : Toi, tu es le roi des Juifs ? [Jésus] lui répondit : Tu le dis. 4Pilate déclara aux principaux sacrificateursA et aux foules : Je ne trouve aucun crime en cet homme. 5Mais ils insistaient : Il soulève le peuple, en enseignant par toute la JudéeA, à partir de la GaliléeA jusqu’ici. 6Quand Pilate entendit parler de la Galilée, il demanda si l’homme était Galiléen. 7Apprenant qu’il était de la juridiction d’HérodeB, il le renvoya à Hérode qui, en ces jours-là, était lui-même aussi à Jérusalem.
8Quand Hérode vit Jésus, il se réjouit beaucoup ; car il y avait longtemps qu’il désirait le voir, parce qu’il avait beaucoup entendu parler de lui ; et il espérait voir quelque miracle opéré par lui. 9Il l’interrogea longuement ; mais [Jésus] ne lui répondit rien. 10Les principaux sacrificateurs et les scribesA se tenaient là et l’accusaient avec véhémence. 11Alors Hérode, avec ses troupes, après l’avoir traité avec mépris et s’être moqué de lui, le revêtit d’un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate. 12Ce même jour, Pilate et Hérode devinrent amis ; car auparavant, il y avait entre eux de l’inimitiéA.

Notes

avoir 20. 22-26.

(Traduction révisée)