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Petit manuel du pasteur
A. Blok

C’est le travail que fait celui qui a été appelé par le Seigneur. Il lui a confié Ses brebis pour qu’il en prenne soin, et l’a préparé pour cela. Il doit être capable de donner de la nourriture spirituelle au troupeau des croyants. Mais il ne devra pas nécessairement prêcher en public, ce qui est le travail de celui qui a le don d’enseignant (de docteur) ou de prophète1. Un pasteur prend soin des croyants. Il discerne leurs faiblesses et leurs besoins, si possible avant qu’ils ne s’égarent. Il les aide, les encourage et les fortifie. Très souvent, le travail est effectué en privé, entre le pasteur et la personne concernée, dans la présence de Dieu seul.

Si une brebis s’égare, la tâche est plus ardue. Un jour, Jésus avait demandé en parlant aux pharisiens : “Quel est l’homme parmi vous qui, s’il a 100 brebis et en a perdu une, ne laisse les 99 au désert pour aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ?” (Luc 15. 4). La brebis était perdue. Seule et sans secours, elle n’aurait pas pu retourner à la maison. Le berger a donc dû aller la chercher. La recherche était difficile et effectuée en solitaire. Avec persévérance, il a cherché, cherché et encore cherché jusqu’à ce que la brebis soit retrouvée. Il l’a ramenée à la maison, partageant sa joie avec tous. Le berger a examiné soigneusement la brebis retrouvée pour s’assurer qu’elle n’était pas blessée (Ézéchiel 34. 16).

Lorsque des croyants sont découragés et fatigués, ou tentés de tout laisser tomber, le pasteur, lui, doit se dévouer entièrement pour permettre leur rétablissement. Il met de côté ses intérêts personnels pour les aider. Sans attendre l’approbation des autres, sans rechercher sa propre gloire, il travaille dans les pâturages – berger parmi ses brebis. Il veille sur elles attentivement et connaît l’état de celles qui sont sous sa responsabilité : “Connais bien l’état de ton petit bétail2, veille sur tes troupeaux” (Proverbes 27. 23). Il est rappelé que David était avec les brebis : “Ainsi dit l’Éternel des armées : Je t’ai pris des pâturages, d’auprès du petit bétail, pour que tu sois prince sur mon peuple, sur Israël” (2 Samuel 7. 8). Au milieu de son troupeau, il pouvait veiller sur elles et s’en occuper. Il pouvait repérer rapidement celle qui avait besoin de lui, étant sur le point de s’égarer ou de se blesser. Le berger pouvait ainsi intervenir et apporter le secours nécessaire.

Un pasteur guide plus qu’il ne commande. C’est en utilisant la Parole de Dieu que l’on guide, et cela implique que la vie et le comportement du berger soient conformes à la Bible, de telle sorte qu’il soit un modèle pour les croyants. “Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu, et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi” (Hébreux 13. 7). Par contraste, les scribes et les pharisiens, chefs religieux de l’époque, sont qualifiés par le Seigneur de guides aveugles : “ils disent et ne font pas”, imposant des fardeaux aux autres, sans vouloir les porter eux-mêmes (Matthieu 23. 3, 4).

Le berger doit être capable de détecter les dangers spirituels ; il doit protéger et avertir les brebis confiées à ses soins. Il veille à reconnaître les obstacles et les dangers sur le chemin de leur vie, pour les en préserver. Voilà ce que fait le bon Berger : “Quand il a fait sortir toutes ses brebis, il marche devant elles” (Jean 10. 4).

Un berger est quelqu’un qui a de la compassion et qui réconforte. Le Seigneur Jésus montre comment nous devrions réconforter les autres. Un jour, il a dit à ses disciples : “Maintenant mon âme est troublée” (Jean 12. 27) car il savait qu’il allait souffrir sur la croix quelques heures après. Mais malgré ce qui pesait sur son cœur, lorsqu’il est retourné un peu plus tard vers ses disciples tristes et troublés, il leur a dit : “Que votre cœur ne soit pas troublé” (Jean 14. 1). L’angoisse de ce qu’il allait affronter était infiniment plus grande que la tristesse de ses disciples. Et pourtant, au lieu de penser à lui-même, il s’est soucié d’eux.

Un bon pasteur relèvera celui qui est tombé sur le chemin, dans un esprit d’humilité et de compassion. Il saura apporter l’apaisement, par la Parole de Dieu, à celui qui est blessé et qui souffre. Jésus a dit : “Quel sera l’homme d’entre vous qui, ayant une brebis, si elle vient à tomber dans un trou un jour de sabbat, n’ira la prendre et la relever ?” (Matthieu 12. 11).

Pierre, choisi par le Seigneur lui-même pour garder les brebis et les agneaux, et les nourrir, nous dit qu’il y aura une belle récompense pour ceux qui auront effectué un bon travail de berger : “J’exhorte les anciens3 qui sont parmi vous, moi qui suis ancien avec eux et témoin des souffrances de Christ, qui aussi ai part à la gloire qui va être révélée : faites paître le troupeau de Dieu qui est avec vous, en veillant sur lui non par contrainte, mais de plein gré, ni pour un gain honteux mais de tout cœur, ni comme dominant sur des héritages mais en étant les modèles du troupeau ; et quand le souverain Pasteur sera manifesté, vous recevrez la couronne inflétrissable de gloire” (1 Pierre 5. 1-4). Ces paroles nous rappellent que :

  • Les brebis appartiennent à Dieu.
  • Les anciens devraient veiller sur le troupeau volontairement et de bon cœur plutôt que par obligation ou pour obtenir “un gain honteux”.
  • Les anciens, même s’ils ont une certaine autorité dans leur rôle de surveillants, ne doivent pas agir comme des dictateurs. Au contraire, ils devraient simplement être de bons exemples.

En réfléchissant à chacun de ces points, nous aurons un meilleur aperçu de ce que doivent être la conduite et le caractère de ceux qui sont engagés dans le service pastoral.

Notes

1Un ancien doit également être capable d’enseigner (1 Timothée 3. 2, Tite 1. 9). Mais 1 Timothée 5. 17 montre que, dans les faits, tous les anciens n’enseignent pas, comme s’ils laissaient davantage ce rôle à ceux qui ont un don particulier d’enseignement.
2Littéralement : Connais bien la face de ton petit bétail.
3Pour la différence entre” anciens “et” pasteurs “, voir Questions-réponses.