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Le cinquième livre de Moïse dit le Deutéronome
Sondez les Écritures - 5e année

Deutéronome 1. 1-28

Rétrospective des quarante années du désert

1. Le départ pour le pays promis : versets 1-8

Le Deutéronome relate les paroles prononcées par Moïse la quarantième année après la sortie des fils d’Israël du pays d’Égypte. Le peuple se trouve à l’est du Jourdain, “dans le pays de Moab” (verset 5). Il avait déjà vaincu Sihon et Og, rois des Amoréens et s’était emparé de leurs territoiresNombres 21. 21-35. L’Éternel lui ouvre maintenant la voie pour conquérir le pays de la promesse dans toute son étendue, jusqu’au fleuve Euphrate. Ce territoire ne sera vraiment la possession d’Israël que dans un temps futur, mais Dieu met sa puissance à la disposition de la foi. Sera-t-elle suffisante pour s’emparer de tout l’héritage (11. 24) Genèse 15. 18 ; Josué 1. 4 ?

Moïse s’adresse maintenant à Israël de la part de Dieu, “selon tout ce que l’Éternel lui avait commandé pour eux” (verset 3), comme un serviteur fidèle doit le faire. Il relève avant tout, dans ces premiers chapitres, la fidélité de Dieu à l’égard de son peuple. Il reprend le cours des événements depuis le départ d’Horeb, à la montagne de Sinaï (verset 6). L’Éternel a mis devant son peuple tout le pays de Canaan : “Entrez et possédez le pays que l’Éternel a juré à vos pères… de leur donner” (verset 8). La fidélité de Dieu ouvre ainsi devant les siens les vastes horizons de ses promesses et de ses bénédictions.

Entre Horeb, le lieu de l’alliance de Sinaï, et la frontière de Canaan, l’héritage promis, il n’y a pas une grande distance à parcourir : “onze journées” (verset 2). Pour Dieu, le chemin était direct et court, mais le voyage a duré quarante ans à cause de l’incrédulité du peuple. Quel avertissement pour nous qui sommes en route vers le ciel ! Dieu nous destine à la gloire, et non pas à errer dans le désert. Nous avons tous, un jour ou l’autre, manqué de foi ; Dieu veut que nous retracions le passé pour en tenir compte, comme Moïse le fait ici. Il nous conduit à des étapes où nous sommes capables de faire le point.

2. Établissement de juges et de magistrats : versets 9-18

Le peuple est donc en marche, et l’Éternel s’attend à ce que tout se passe à son honneur au milieu des tribus, dans un esprit de justice, d’ordre et de paix. Il est humiliant de constater que des contestations fâcheuses peuvent avoir lieu au sein du peuple de Dieu (verset 12). Elles ne se produiraient pas si l’amour de Dieu présidait dans des cœurs disposés à se soumettre à sa volonté. Mais une provision de grâce est fournie pour faire face à tous ces différends. Soyons certains qu’il en est de même aujourd’hui.

Moïse fait allusion, dans ce paragraphe, à la scène où, dans un moment de crise, fatigué et déçu des murmures continuels du peuple, il avait demandé à l’Éternel de confier à d’autres une partie de ses lourdes responsabilitésNombres 11. 14. Les dispositions prises lors de la scène mentionnée en ExodeExode 18. 13-27 semblent y être aussi évoquées, sans qu’il soit fait allusion à Jéthro1. De ces deux scènes, deux principes valables en tout temps peuvent être relevés :

  • 1. Quand Dieu confie une mission ou un service, il est puissant pour donner à son serviteur l’énergie et les moyens nécessaires pour l’assumer, aujourd’hui comme alors.
  • 2. S’il y a collaboration ou répartition des charges dans l’œuvre du Seigneur, tout doit être fait dans la dépendance de l’Esprit de Dieu.

Ici, Moïse souligne ce que Dieu a fait pour son peuple et ce qu’il attend de lui. Il l’a béni et multiplié comme les étoiles des cieux, selon sa promesseGenèse 15. 5 ; 22. 17. Il a permis qu’un ordre judiciaire soit établi pour que le jugement soit prononcé à sa gloire, à tout niveau : “Le jugement est de Dieu” (verset 17). Personne ne doit être favorisé et nul ne doit exercer pression ou menace : “Vous n’aurez peur d’aucun homme” (verset 17). Aujourd’hui, si des différends entre deux croyants sont résolus dans le même esprit, ils ne déboucheront pas sur des litiges portés devant les autorités judiciaires de ce monde1 Corinthiens 6. 1-8.

3. Exploration du pays : versets 19-28

Moïse reprend les tristes faits qui ont motivé les quarante ans dans le désert, avant d’entrer dans le pays. Le peuple part d’Horeb et arrive à la montagne des Amoréens, juste à la frontière du pays de Canaan. Il n’y a plus qu’à monter et prendre possession (verset 20). Le grand et terrible désert est franchi et Dieu met le bon pays devant lui : “Ne crains point et ne t’effraie point” (verset 21). Mais Israël manque de foi pour s’approprier les promesses divines et compter sur l’aide de Dieu. Une apparente prudence humaine masque en réalité cette absence de foi en Dieu. La main qui l’avait guidé dans le désert voulait et pouvait aussi le faire entrer en possession du pays.

Il en est de même pour nous croyants qui avons part à “l’appel céleste” Hébreux 3. 1. Le Seigneur nous dit : “Entrez et prenez possession”. En Christ, nous avons toutes les promesses de bénédiction pour cette vie et pour la vie futureÉphésiens 1. 3 ; 1 Timothée 4. 8. Nous pouvons en jouir aujourd’hui en les saisissant par la foi, dans une obéissance fidèle à sa Parole.

Les Israélites, méfiants et craintifs, avaient voulu envoyer des espions pour explorer le pays. Moïse souligne ici leur responsabilité dans cette initiative (verset 22). Dans le livre des Nombres, l’Éternel dit à Moïse d’envoyer ces espions, car en fait, cela répondait à leur désir profond. Dieu connaissait leur cœur incrédule et rebelle qui fut effectivement manifesté par cette épreuve. Moïse avait donc accédé à leur demande en envoyant douze hommes. Leur mission terminée, ils rapportent des fruits de Canaan, preuve évidente de la richesse du pays promis. Mais la description des habitants du lieu, forts et de haute stature, la mention des cités murées “jusqu’aux cieux” (verset 28) les avaient épouvantés. Ils avaient même eu l’audace et l’insolence d’affirmer : “C’est parce que l’Éternel nous hait qu’il nous a fait sortir du pays d’Égypte… pour nous détruire” (verset 27).

Dieu a été magnifique dans sa bonté et sa patience pour son peuple, mais les fils d’Israël ne les ont pas appréciées. L’homme dans son état naturel ne le peut jamais. S’ils avaient eu confiance en son amour et en sa puissance, comme Josué et Caleb, ils n’auraient pas été effrayés par les obstacles apparents. Au contraire, ils auraient pu dire comme David : “En Dieu je me confie : je ne craindrai pas, que me fera l’homme ?” Psaume 56. 12 Croyants, pouvons-nous le dire, nous aussi sincèrement ?

Notes

1L’épisode relaté en Exode 18 a quelques ressemblances avec celui de Nombres 11. Il y a toutefois une différence fondamentale : la loi n’avait pas encore été donnée. La scène d’Exode 18 a aussi un sens symbolique et prophétique, s’appliquant au règne de Christ où une administration mondiale sera confiée aux saints (1 Corinthiens 6. 2).

Deutéronome 1

1Ce sont ici les paroles que Moïse dit à tout Israël, en deçà du Jourdain, dans le désert, dans la plainea, vis-à-vis de Suph, entre Paran et Thophel, Laban, Hatséroth et Di-Zahab.

2Il y a onze journées depuis Horeb, par le chemin de la montagne de Séhir, jusqu’à Kadès-Barnéa. 3– Et il arriva, en la quarantième année, au onzième mois, le premier [jour] du mois, que Moïse parla aux fils d’Israël, selon tout ce que l’Éternel lui avait commandé pour eux, 4après qu’il eut frappé Sihon, roi des Amoréens, qui habitait à Hesbon, et Og, roi de Basan, qui habitait à Ashtaroth, à Édréhi. 5En deçà du Jourdain, dans le pays de Moab, Moïse commença à exposer cette loi, en disant : 6L’Éternel, notre Dieu, nous parla en Horeb, disant : Vous avez assez demeuré dans cette montagne. 7Tournez-vous, et partez, et allez à la montagne des Amoréens et dans tous les lieux voisins, dans la plaine, dans la montagne, et dans le pays plat, et dans le midib, et sur le rivage de la mer, au pays des Cananéens et au Liban, jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate. 8Regarde, j’ai mis le pays devant vous : entrez, et possédez le pays que l’Éternel a juré à vos pères, à Abraham, à Isaac, et à Jacob, de leur donner, et à leur semence après eux. 9Et je vous parlai, en ce temps-là, disant : Je ne puis, moi seul, vous porter. 10L’Éternel, votre Dieu, vous a multipliés, et vous voici aujourd’hui, en multitude, comme les étoiles des cieux. 11Que l’Éternel, le Dieu de vos pères, ajoute à votre nombre 1 000 fois ce que vous êtes, et vous bénisse, comme il vous l’a dit ! 12Comment porterais-je, moi seul, votre charge, et votre fardeau, et vos contestations ? 13Donnez-vous des hommes sages, et intelligents, et connus, selon vos tribus, et je les établirai chefsc sur vous. 14Et vous m’avez répondu et avez dit : La chose que tu as dit de faire est bonne. 15Et je pris les chefsc de vos tribus, des hommes sages et connus, et je les établis chefsc sur vous, chefs de milliers, et chefs de centaines, et chefs de cinquantaines, et chefs de dizaines, et officiersd sur vos tribus. 16– Et je commandai à vos juges, en ce temps-là, disant : Écoutez [les différends] entre vos frères, et jugez avec justice entre un homme et son frère, et l’étranger qui est avec lui. 17Vous ne ferez point acception des personnes dans le jugement ; vous entendrez aussi bien le petit que le grand ; vous n’aurez peur d’aucun homme, car le jugement est de Dieu ; et l’affaire qui sera trop difficile pour vous, vous me la présenterez, et je l’entendrai. 18Et je vous commandai, en ce temps-là, toutes les choses que vous devez faire.

19Et nous sommes partis d’Horeb, et nous avons traversé tout ce grand et terrible désert que vous avez vu, le chemin de la montagne des Amoréens, comme l’Éternel, notre Dieu, nous l’avait commandé, et nous sommes venus jusqu’à Kadès-Barnéa. 20Et je vous dis : Vous êtes arrivés jusqu’à la montagne des Amoréens, laquelle l’Éternel, notre Dieu, nous donne. 21Regarde, l’Éternel, ton Dieu, a mis devant toi le pays : monte, prends possession, comme l’Éternel, le Dieu de tes pères, te l’a dit ; ne crains point et ne t’effraie point. 22Et vous vous êtes tous approchés de moi, et vous avez dit : Envoyons des hommes devant nous, et ils examineront le pays pour nous, et ils nous rapporteront des nouvelles du chemin par lequel nous pourrons monter et des villes auxquelles nous viendrons. 23Et la chose fut bonne à mes yeux, et je pris d’entre vous douze hommes, un homme par tribu. 24Et ils se tournèrent, et montèrent dans la montagne, et vinrent jusqu’au torrente d’Eshcol, et explorèrent le [pays]. 25Et ils prirent dans leurs mains du fruit du pays et nous l’apportèrent, et ils nous rendirent compte et dirent : Le pays que l’Éternel, notre Dieu, nous donne, est bon. 26Mais vous n’avez pas voulu monter, et vous avez été rebelles au commandementf de l’Éternel, votre Dieu. 27Et vous avez murmuré dans vos tentes et vous avez dit : C’est parce que l’Éternel nous hait, qu’il nous a fait sortir du pays d’Égypte, afin de nous livrer aux mains des Amoréens, pour nous détruire. 28Où monterions-nous ? Nos frères nous ont fait fondre le cœur, en disant : [C’est] un peuple plus grand et de plus haute taille que nous ; les villes sont grandes, et murées jusqu’aux cieux ; et de plus nous avons vu là des fils des Anakim.

Notes

ahéb. : Araba, propr. : aride ; ce mot désigne la contrée déserte qui longe le Jourdain, depuis sa sortie du lac de Génésareth ; ici et v. 7 et 2. 8. Comp. Josué 3. 16 ; 18. 18 ; Zacharie 14. 10.
bnom de la contrée située au midi de Juda, vers le désert.
cici, litt. : têtes.
dailleurs : commissaires, magistrats.
eou : vallée.
flitt. : à la bouche, ainsi v. 43.

(La Bible - Traduction J.N. Darby)