Jésus fixe la conduite à tenir pour tous les témoins de la foi : elle est en rapport avec sa personne et la confession de son nom. Il ne peut approuver cette multitude de chrétiens qui professent être “de Christ” sans se déclarer pour lui. Cette neutralité ne l’honore pas ; Paul dira à Timothée : “N’aie donc pas honte du témoignage de notre Seigneur” 2 Timothée 1. 8. La foi du cœur et la confession de la bouche vont ensembleRomains 10. 9 ; elles engagent notre conduite devant les hommes.
La Parole relève la belle confession de Timothée, à l’exemple de celle de Jésus lui-même1 Timothée 6. 12, 13 ; le Seigneur n’oubliera aucun des témoignages que nous rendrons à son Nom, en pureté de paroles et de conduite (verset 32) Apocalypse 3. 5. Tout sera manifesté pour le bon plaisir de notre Père qui est dans les cieux, et devant ses anges.
Le reniement de Christ devant les hommes peut se traduire par une conduite mondaine, par des actes ou des propos qui déshonorent le Seigneur. Un chrétien aura honte de confesser Jésus devant le monde, s’il se mêle à lui. Rappelons-nous que toute conduite devant les hommes trouvera sa sanction dans l’éternité (versets 32, 33).
Jésus était venu pour apporter la paix sur la terre de la part de DieuLuc 2. 14. Mais pour “mettre la paix” (verset 34), il aurait fallu que les hommes acceptent de se réconcilier avec Dieu. Devant leur refus, cette paix retournera à Jésus (verset 13) en attendant la venue du roi de paix.
Toutefois la paix demeure au cielLuc 19. 38, et tous ceux qui entrent dans le royaume des cieux en jouissent ; mais ils ne l’ont pas sur la terre, au milieu des hommes. La confession du nom de Jésus, l’attachement à sa personne, l’obéissance à sa Parole, suscitent l’opprobre et l’opposition du monde.
Cet engagement pour Christ provoque aussi l’animosité des incrédules au sein d’une même famille, “l’inimitié des gens de la maison” (verset 36) Michée 7. 6.
Beaucoup auront enduré cette cruelle épreuve avec patience, en attendant que Dieu intervienne dans sa grâce1 Corinthiens 7. 16 ; 1 Pierre 3. 1. D’autres resteront fidèles jusqu’à la mort (verset 21), l’histoire de l’Église le montrera.
“Celui qui aime père, mère, fils ou fille, plus que moi n’est pas digne de moi” (verset 37). Cette parole engage constamment notre conduite chrétienne dans nos relations familiales. L’amour pour nos proches doit rester profond et invariable : c’est l’enseignement de l’Écriture ; mais il ne doit jamais s’exprimer au détriment des droits de Dieu, et de ce qui convient à sa gloire. Certaines situations évoquées par le Seigneur (versets 35, 36) seront bien éprouvantes. D’autres circonstances conduiront le croyant fidèle à mettre en réserve ses affections, pour que la vérité de Dieu atteigne les consciences, ou que ses droits soient reconnus, dans la famille comme dans l’assemblée. Des exemples nous sont donnés dans la Parole :
Qui est digne de Jésus ? celui qui prend sa croix chaque jour pour le suivre. Prendre sa croix, c’est renoncer à soi-même ; c’est aussi en avoir fini avec le monde, comme le condamné à la crucifixion qui portait sa croix jusqu’au lieu du supplice. “Prendre sa croix” engage le croyant à tourner le dos aux honneurs de ce monde, et à endurer son mépris. Le Seigneur reviendra sur cet enseignement capital (16. 24-27).
Trouver sa vie pour la perdre, c’est la vivre pour soi-même, sans que Jésus ait aucune place dans cette vie. Un tel homme aura trouvé tout ce qu’il recherche, mais il trouvera la mort éternelle au bout du chemin. Le croyant, lui, “saisit la vie éternelle” ; il ne vit plus pour lui-même mais pour l’amour de Jésus (verset 39) 2 Corinthiens 5. 15. Il lui offre sa vie ; en faisant ainsi, il la trouvera pour toujours.
“Celui qui vous reçoit me reçoit”. Jésus est l’envoyé du Père, mais il est dit de lui : “Il vint chez soi, et les siens ne l’ont pas reçu” Jean 1. 11. Il envoie ses disciples dans la ligne de sa propre mission ; ceux-ci connaîtront les mêmes épreuves et le même rejet. Cependant tous ceux qui recevront avec cordialité les messagers de Dieu seront bénis.
Depuis lors, beaucoup ont ouvert leur maison aux serviteurs du Seigneur, quelquefois au péril de leur vie. Ceux qui auront reçu des prophètes en tant que tels, c’est-à-dire comme porteurs de la Parole de Dieu, ou des justes annonçant la justice de Dieu, recevront le prix d’une telle conduite au même titre que ces messagers. Le Seigneur récompensera tous ceux qui auront dignement accueilli ses disciples ; il qualifie ceux-ci de “petits” aux yeux des hommes (verset 42 ; 25. 37-40), mais ils sont grands pour lui, ils lui sont précieux. La récompense ne sera pas seulement liée au geste, qui peut quelquefois paraître humble et modeste (verset 42), mais surtout aux motifs qui auront dicté cette démarche pleine de sympathie à l’égard d’un disciple de Christ.