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Le premier livre de Moïse dit la Genèse
Sondez les Écritures - 1re année

Genèse 26

Jacob et Ésaü : l’homme de foi et le profane. Isaac confronté au monde

2. Isaac à Guérar. Le monde religieux

Les promesses de bénédiction transmises : versets 1-5

Isaac est maintenant éprouvé par une famine qui survient. L’Esprit Saint nous rappelle la précédente famine du temps d’Abraham (12. 10). Dieu éprouve les siens ; il est navrant de voir que les expériences passées ne servent pas toujours d’avertissement, les mêmes causes produisant encore les mêmes effets. Nous sommes facilement conduits à rechercher les ressources humaines, au lieu de marcher par la foi.

Cependant l’Éternel ne permet pas à Isaac de descendre en Égypte, vers un monde idolâtre. Il lui rappelle qu’il ne peut être avec lui et le bénir que dans les limites du pays promis. C’est dans ce cadre que les promesses faites à Abraham sont renouvelées à Isaac son fils ; celui-ci, en figure ressuscité, est à l’origine d’une semence céleste (verset 4). Ces promesses sont identiques dans leur caractère à celles formulées après l’offrande d’Isaac (22. 15-18). Mais elles sont confirmées non seulement en fonction de la foi d’Abraham qui les avait saisies, mais aussi en rapport avec l’obéissance de ce patriarche, car Abraham a pleinement manifesté sa foi par ses œuvres.

La promiscuité avec le monde, et ses dangers : versets 6-11

Mais Isaac s’établit à Guérar, dans une zone occupée par les Philistins. Ceux-ci habitent un territoire limitrophe de celui des Cananéens (10. 19), dans les limites de l’héritage. Ils représentent pour la période actuelle un monde établi de nom seulement dans la profession chrétienne, mais ne participant en aucune manière aux exercices de la foi. Ces gens religieux n’ont pas la vie divine ; ils ne connaissent pas le Dieu de gloire et son appel ; ils n’ont ni tente ni autel, aucun vrai lien avec le témoignage de Dieu.

Ce chapitre enseigne donc la place que le croyant pieux doit prendre vis-à-vis d’un monde religieux formaliste. Si la piété d’Isaac avait été en éveil, il aurait saisi dans les paroles de l’Éternel le danger qu’il y avait non seulement à marcher en direction de l’Égypte, mais aussi à séjourner au milieu d’une peuplade qui lui serait en piège. Certes, l’ordre ne lui est pas donné de rebrousser chemin, mais l’Éternel va l’éprouver en le laissant là où sa propre volonté l’a conduit. A l’évidence, sa conscience n’est pas à l’aise, il a peur. Nous ne le voyons pas prier, ni compter sur la grâce de Dieu. Il recommence dans ce même lieu l’histoire de son père avec la même tromperie, le même reniement : “c’est ma sœur”.

Évitons, nous croyants, toute situation équivoque où nous n’aurions pas la liberté de demander au Seigneur de nous garder. Sinon, le manque d’assurance, la peur de l’opprobre, peuvent nous conduire à rendre un mauvais témoignage. Le monde nous observe bien souvent à notre insu, comme Abimélec observait la famille d’Isaac ; il discerne vite une position ambiguë. Il évalue notre conduite non au regard de la sienne propre, mais à la mesure de ce que nous professons être ; soyons vigilants.

L’animosité du monde : versets 12-16

Malgré la faiblesse de la foi d’Isaac, Abimélec a cependant reconnu en lui la dignité de l’homme de Dieu et la puissance de celui qui le protège. L’Éternel le confirme en bénissant abondamment son serviteur, mais cela provoque la jalousie d’un monde au contact duquel vit Isaac. Les Philistins envieux bouchent avec de la terre les puits creusés aux jours d’Abraham.

Aujourd’hui encore c’est le travail insidieux et néfaste de l’ennemi. Il veut occuper nos cœurs des choses de la terre. Si notre vie est remplie de ces choses, même légitimes, nous serons progressivement privés des bienfaits de la Parole vivante, cette eau de la vie indispensable à notre prospérité spirituelle.

Le puits d’eau vive : versets 17-33

Isaac doit maintenant subir la honte d’être chassé par Abimélec qui reconnaît pourtant en lui l’homme béni de l’Éternel. Il part, mais il a le tort de s’arrêter dans le voisinage. Lui est-il si difficile de s’éloigner de cette peuplade après avoir frayé avec elle ? Malgré cela, Isaac a le bon geste et recreuse les puits. Dieu demande au croyant un effort personnel pour s’approprier les vérités inaltérables de la Parole, celles du commencement. Les noms des puits ne changent pas, il n’y a rien à moderniser : l’eau est toujours la même. Les bergers de Guérar contestent avec ceux d’Isaac. Toute époque connaît des malveillants qui critiquent, contestent, falsifient. Les apôtres recommandent de “ne pas contester, d’enseigner avec douceur les opposants” 2 Timothée 2. 24. Pour vivre en paix, mieux vaut prendre de l’espace (Rehoboth). Enfin Isaac s’élève moralement en montant au puits du serment (21. 31 ; 22. 19). A Guérar, l’Éternel avait pu bénir son serviteur, mais ici il se révèle à lui. Rien ne peut remplacer une heureuse communion avec un Dieu connu ; l’adoration en est la suite naturelle. Isaac retrouve donc la tente et l’autel, ainsi que l’eau du puits (versets 25, 32). Heureux Isaac, heureux les serviteurs d’un tel homme ! C’est lorsqu’il est établi dans ces conditions que le monde doit reconnaître que l’Éternel est avec lui. Israël sera ainsi reconnu au temps du milléniumZacharie 8. 23.

Ésaü l’impie : versets 34, 35

Ésaü montre qu’il est totalement étranger aux pensées divines. Il avait appris quelles étaient ces nations méchantes que Dieu allait détruire. Mais Ésaü s’en moque ; il ne veut pas entendre la parole que Dieu avait communiquée à ses pères, celle qu’il ordonnera également à son peuple IsraëlDeutéronome 7. 3. Il fait entrer dans la famille sanctifiée ces étrangères idolâtres et impies, qui consumeront ses parents dans une amertume d’esprit permanente. D’autres “aînés” depuis lors, enfants privilégiés de parents croyants, ont montré la véritable religion de leur cœur par leur conduite, particulièrement en rapport avec le mariage. Cependant certains parents, priant avec persévérance en reconnaissant peut-être devant Dieu les erreurs passées, peuvent avoir la joie de voir venir au Sauveur des enfants égarés.

Genèse 26

1Et il y eut une famine dans le pays, outre la première famine qui avait eu lieu aux jours d’Abraham ; et Isaac s’en alla vers Abimélec, roi des Philistins, à Guérar. 2Et l’Éternel lui apparut, et dit : Ne descends pas en Égypte ; demeure dans le pays que je t’ai dit ; 3séjourne dans ce pays-ci, et je serai avec toi, et je te bénirai ; car à toi et à ta semence je donnerai tous ces pays, et j’accomplirai le serment que j’ai juré à Abraham, ton père, 4et je multiplierai ta semence comme les étoiles des cieux, et je donnerai tous ces pays à ta semence, et toutes les nations de la terre se bénironta en ta semence, 5– parce qu’Abraham a écouté ma voix, et a gardé mon ordonnance, mes commandements, mes statuts et mes lois. 6Et Isaac habita à Guérar. 7Et les hommes du lieu s’enquirent au sujet de sa femme, et il dit : C’est ma sœur, car il craignait de dire : ma femme ; de peur, [pensait-il], que les hommes du lieu ne me tuent à cause de Rebecca, car elle est belle de visage.

8Et il arriva, comme son séjour dans ce [lieu] se prolongeait, qu’Abimélec, roi des Philistins, regarda par la fenêtre ; et il vit, et voici, Isaac se jouait avec Rebecca sa femme. 9Et Abimélec appela Isaac, et dit : Voici, assurément c’est ta femme ; et comment as-tu dit : C’est ma sœur ? Et Isaac lui dit : Parce que je disais : De peur que je ne meure à cause d’elle. 10Et Abimélec dit : Qu’est-ce que tu nous as fait ? Car peu s’en est fallu que quelqu’un du peuple n’ait couché avec ta femme, et tu aurais fait venir la culpabilité sur nous. 11Et Abimélec commanda à tout le peuple, disant : Celui qui touchera cet homme ou sa femme sera certainement mis à mort. 12Et Isaac sema dans cette terre ; et il recueillit cette année-là le centuple ; et l’Éternel le bénit. 13Et l’homme grandissait, et il allait grandissant de plus en plus, jusqu’à ce qu’il devint fort grand ; 14et il eut des troupeaux de menu bétail, et des troupeaux de gros bétail, et beaucoup de serviteurs ; et les Philistins lui portèrent envie ; 15et tous les puits que les serviteurs de son père avaient creusés aux jours d’Abraham, son père, les Philistins les bouchèrent et les remplirent de terreb. 16Et Abimélec dit à Isaac : Va-t’en d’avec nous ; car tu es beaucoup plus puissant que nous.

17Et Isaac partit de là, et campa dans la vallée de Guérar, et y habita. 18Et Isaac recreusa les puits d’eau qu’on avait creusés aux jours d’Abraham, son père, et que les Philistins avaient bouchés après la mort d’Abraham ; et il leur donna des noms selon les noms que son père leur avait donnés. 19Et les serviteurs d’Isaac creusèrent dans la vallée, et ils y trouvèrent un puits d’eau vive. 20Et les bergers de Guérar contestèrent avec les bergers d’Isaac, disant : L’eau est à nous. Et il appela le nom du puits Ésekc, parce qu’ils s’étaient disputés avec lui. 21Et ils creusèrent un autre puits, et ils contestèrent aussi pour celui-là ; et il appela son nom Sitnad. 22Et il se transporta de là, et creusa un autre puits, et ils ne contestèrent pas pour celui-là ; et il appela son nom Rehobothe, parce que, dit-il, l’Éternel nous a maintenant donné de l’espace, et nous fructifierons dans le pays.

23Et de là il monta à Beër-Shéba. 24Et l’Éternel lui apparut cette nuit-là, et dit : Je suis le Dieu d’Abraham ton père ; ne crains pas, car je suis avec toi ; et je te bénirai, et je multiplierai ta semence, à cause d’Abraham, mon serviteur. 25Et il bâtit là un autel, et invoqua le nom de l’Éternel ; et il y dressa sa tente ; et les serviteurs d’Isaac y creusèrent un puits. 26Et Abimélec alla de Guérar vers lui, avec Akhuzzath, son ami, et Picol, chef de son armée. 27Et Isaac leur dit : Pourquoi venez-vous vers moi, puisque vous me haïssez et que vous m’avez renvoyé d’auprès de vous ? 28Et ils dirent : Nous avons vu clairement que l’Éternel est avec toi, et nous avons dit : Qu’il y ait donc un sermentf entre nous, entre nous et toi ; et nous ferons une alliance avec toi : 29que tu ne nous feras pas de mal, comme nous ne t’avons pas touché, et comme nous ne t’avons fait que du bien, et t’avons renvoyé en paix. Tu es maintenant le béni de l’Éternel. 30Et il leur fit un festin, et ils mangèrent et burent. 31Et ils se levèrent de bon matin, et se jurèrent l’un à l’autre ; et Isaac les renvoya, et ils s’en allèrent d’avec lui en paix. 32Et il arriva, en ce jour-là, que les serviteurs d’Isaac vinrent, et l’avertirent au sujet du puits qu’ils avaient creusé, et lui dirent : Nous avons trouvé de l’eau. 33Et il l’appela Shébag ; c’est pourquoi le nom de la ville a été Beër-Shéba, jusqu’à aujourd’hui.

34Et Ésaü était âgé de 40 ans, et il prit pour femmes Judith, fille de Beéri, le Héthien, et Basmath, fille d’Élon, le Héthien ; 35et elles furent une amertume d’esprit pour Isaac et pour Rebecca.

Notes

aou : seront bénies.
bou : sable ; litt. : poussière.
cdispute.
dopposition, haine.
eespaces.
fserment avec imprécation.
gserment.

(La Bible - Traduction J.N. Darby)