Le fils de la promesse vient au monde “au temps fixé”, comme Dieu l’avait dit (18. 14). Abraham, toujours prêt à obéir, circoncit son fils au temps prescrit, et lui donne le nom désigné : Isaac ; mais Sara a le privilège de s’en attribuer l’application (rire) (17. 19) : elle est enfin libérée de ses tourments précédents et manifeste une joie sincère.
Nous assistons ensuite à un grand festin dans la maison d’Abraham. Il peut maintenant se réjouir de ce que l’héritier sur lequel reposent les promesses de bénédiction est là. Siméon aura cette même joie en prenant entre ses bras le petit enfant JésusLuc 2. 28 ; il verra en lui le grand salut de Dieu pour Israël et toutes les nations.
Au cours du festin, Ismaël fait entendre un rire moqueur et méprisant à l’égard d’IsaacGalates 4. 29. Ce rire sonne d’une façon bien différente des rires d’Abraham et de Sara. C’est le rire de quelqu’un qui conteste, et qui convoite le privilège de la descendance et du droit d’aînesse. Il pense être sûr de ses droits ; il ne connaît pas la parole de Dieu révélée.
Où les trouver, aujourd’hui, ceux qui affichent de telles prétentions ? Dans les sphères où l’on s’appuie sur l’homme naturel en lui reconnaissant des droits et des privilèges. Des efforts continuels mais vains sont fournis en vue de son amélioration, et le monde religieux s’emploie constamment à cultiver cela. Il trouve bien entendu un large écho favorable.
Lorsqu’on prêche que l’homme dans la chair reste incorrigible, et que la place doit être laissée à Christ seul et à l’homme né de nouveau, pour le bon plaisir de Dieu, alors le monde religieux (Ismaël) conteste, et peut devenir persécuteurGalates 4. 29.
Sara ne supporte pas la moquerie d’Ismaël. La servante devra s’en aller de la maison une deuxième fois, accompagnée de son fils ; l’ordre formel que Sara donne est cette fois dicté par Dieu (verset 10) Galates 4. 30. La même foi qui lui avait permis d’attendre Isaac s’exprime dans cette certitude qu’il doit être le seul héritier. Elle devance ainsi son mari qui, attaché à Ismaël et sans doute aussi à Agar (verset 12), s’attarde à des considérations humaines. Abraham doit reconnaître que ce petit enfant, qui concentre toutes les promesses divines, doit être sans rival, seul héritier, comme Christ le sera en son jour. Ce n’est pas sans amertume qu’Abraham se soumet ; et il faudra la pressante injonction divine pour qu’il écoute la voix de Sara. Ismaël ne sera pas oublié, cependant Dieu lui rappelle : “En Isaac te sera appelée une semence” (verset 12). Cette promesse le soutiendra puissamment au moment de la suprême épreuve de sa foiHébreux 11. 18.
Agar est à nouveau dans le désert (verset 14). Elle ne s’enfuit plus (verset 16), elle est chassée. Elle n’est plus seule, un enfant est avec elle ; et l’un et l’autre, après avoir épuisé l’eau, vont mourir de soif. A-t-elle invoqué le Dieu vivant qui s’était révélé à elle une première fois ? Dieu n’entend que la voix de l’enfant. Agar ne trouve plus de fontaine comme précédemment. Elle est désespérée ; elle est rejetée de la terre, et le ciel semble être fermé pour elle. Mais Dieu est toujours le Dieu vivant ; il va se révéler à nouveau dans toute sa miséricorde, car son cœur n’a pas changé.
Nous pouvons être surpris de la manière dont Abraham a pris congé de sa servante et de son propre fils, mais Sara avait dit de les chasser, et Dieu l’avait approuvée. Nous pouvons bien penser que celui qui avait intercédé pour Lot et pour Sodome allait aussi remettre en mémoire devant l’Éternel cette mère et son fils. Dieu a entendu l’enfant, et apporte son secours au moment opportun.
Avons-nous connu ces extrémités de désespoir où Dieu s’est révélé à nous pour ouvrir nos yeux et nous relever ? Il intervient souvent dans le moment où nous avons perdu tout espoir dans les ressources humaines, pour nous ou pour nos enfants. Les promesses concernant Ismaël semblaient annulées, mais Dieu ne laisse rien tomber en terre ; Agar aurait dû le savoir, et il le lui rappelle. Hélas, cet enfant va être élevé pour la terre, marié à une fille de l’Égypte, devenir chasseur comme Nimrod (10. 9), et prospérer comme lui à la vue de tous. Ce qui est né de la chair reste chair.
A partir du verset 22, Abraham retrouve la dignité de son appel devant le monde. Il s’était mal comporté dans ce même lieu ; il fait preuve maintenant d’une remarquable supériorité morale devant les mêmes témoins. S’il peut avoir ce bon témoignage des gens du pays, c’est que tout est en ordre dans sa maison et dans son cœur. Nous sommes aussi invités, autant que cela dépend de nous, à vivre en paix avec tous les hommesRomains 12. 18, sans insister sur nos droits.
Abimélec reconnaît donc que Dieu est avec Abraham ; il sollicite la faveur du patriarche. Celui-ci en profite pour lui parler du puits d’eau qui lui avait été ravi ; il ne pouvait guère en parler au chapitre précédent. Il va pouvoir retrouver maintenant ses sources d’eau. Le puits rendu deviendra le puits du serment (Beër-Shéba, verset 31). Dans un esprit de grâce envers ceux qui lui ont été hostiles, Abraham leur offre sept brebis. Il est rétabli dans ses droits dans une élévation morale qui l’honore. L’histoire de l’Église nous révèle les mêmes actions néfastes de l’ennemi. En détournant la chrétienté de l’enseignement spirituel de la Parole de Dieu, celui-ci lui a enlevé ses puits d’eau. Au ministère de l’Esprit a souvent succédé un formalisme infructueux. Des puits ont été recreusés au cours des réveils successifs par des “hommes nobles” Nombres 21. 18. Apprécions l’eau rafraîchissante qu’ils apportent. Puis Abraham invoque le Dieu d’éternité. Cette scène nous conduit en figure à ce temps futur où en Abraham et en sa semence seront bénies toutes les nations, et la terre entière se réjouiraÉsaïe 35. 1.