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Formés à l'école de Dieu
J.B. Stoney

Genèse 5. 22-24 ; Hébreux 11. 5 ; Jude 14-15

Si l’histoire d’Énoch apparaît comme exempte de formation à travers les circonstances extérieures, c’est sans doute que, dans son attente et ses intérêts, il a déjà disparu de la scène présente. Sans doute Énoch eut-il des châtiments secrets, tout fils en a besoin, mais par la foi, comme témoin, il marche avec Dieu, dans l’espérance d’être auprès de Lui, et il passe ainsi au-delà de la mort sans avoir à la traverser.

Durant sa marche de trois cents ans avec Dieu, l’espérance le place au-delà de la scène de méchanceté qui l’entoure et c’est pourquoi sa prophétie concerne le jugement de celle-ci ; il est le premier homme à sortir de cette scène par la puissance de la foi. N’étant pas assujetti au pouvoir de la mort, il prophétise au sujet de la venue du Seigneur, la fin du règne de la mort. Il est le premier à être enlevé du monde, pour connaître l’accomplissement de son espérance, et le premier aussi à annoncer quelle serait la fin de ce monde.

Abel prend place comme témoin de l’acceptation en justice, et le monde ne peut le supporter ; il ne convient pas au monde et le monde ne lui convient pas ; il périt et son sang est répandu par son frère. Abel est un homme juste dans un monde mauvais et il y trouve une mort terrible et violente. Ma relation avec Dieu ne fait que me mettre en opposition avec le monde. Si nous sommes fils de Dieu, le monde ne nous connaît pas comme il n’a pas connu le Fils de Dieu (1 Jean 3. 1). Si, bien que fils, je n’ai d’espérance que pour cette vie seulement, je suis plus misérable que tous les hommes. Abel doit avoir été heureux dans son âme avec Dieu, mais il est malheureux dans le monde, et à la fin, y souffre une mort cruelle. C’est sa nouvelle position qui lui apporte cette souffrance ; elle exige de lui qu’il soit séparé de tout ce qui l’entoure : il est juste, et tout ce qui l’entoure est injuste. Énoch est témoin d’une chose meilleure : il peut prophétiser en parlant de la gloire ; tandis qu’Abel, par son sang versé, ne peut qu’appeler la vengeance sur un monde qui ne supporte pas le juste !

Dans un monde mauvais, un juste n’a pas sa place, il doit mourir à moins d’en sortir par la puissance de l’enlèvement. C’est ce qui se passe pour Énoch après 300 ans de marche avec Dieu. Rien ne peut nous purifier comme l’espérance, et l’espérance d’être avec Celui qu’a vu Énoch : « Le Seigneur est venu au milieu de Ses saintes myriades ». Le Seigneur nous met à part en attachant nos cœurs à lui. « Je me sanctifie moi-même pour eux » dit-il « afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité ». Car la sanctification est la liaison du cœur avec Lui en dehors du monde. Si notre espérance est réellement l’enlèvement pour voir le Seigneur, sans aucun doute les accidents de cette vie ne nous angoisseront que bien peu ; ils ne pourront jamais toucher à notre espérance. C’est notre espérance qui donne sa vraie place à tout ce qui nous entoure et nous appartient. Le seul témoignage présenté par Énoch est celui d’une prophétie et d’une longue marche avec Dieu ; c’est le sentier dans lequel marchera l’enfant de Dieu formé par Lui, et plus il y sera fidèle, moins il aura besoin d’être corrigé ou repris.