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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 6. 32-49

Le chemin de Christ parmi les pécheurs

7. Principes moraux enseignés aux disciples (2)

Par trois exemples pris dans la conduite des pécheurs, Jésus montre aux disciples quelle doit être leur attitude. Une série d’impératifs les invite à “être des fils du Très-Haut” (verset 35). Il ne s’agit pas pour eux d’observer des règles, mais de vivre selon les principes moraux de leur Père céleste, selon un amour miséricordieux qui ne fait pas de différences.

Ayant échappé au jugement et à la condamnation, le disciple ne peut s’asseoir en juge et condamner les autresRomains 14. 4. Il ne peut jouir du pardon paternel divin s’il entretient un esprit de critique envers les autres (verset 37). Jésus ne veut pas que nous soyons aveugles ou insensibles aux fautes de notre frèreMatthieu 18. 15 mais que nous soyons pleins d’amour, de patience et de générosité les uns envers les autres.

Si nous donnons, il nous sera donné et la mesure céleste est tellement abondante que, pour notre modeste contribution, il nous sera rendu une “mesure pressée et secouée et qui débordera” (verset 38) 1. L’apôtre Paul rappelle cet enseignement aux Corinthiens lorsqu’il dit : “Celui qui sème chichement moissonnera aussi chichement, et celui qui sème libéralement moissonnera aussi libéralement” 2 Corinthiens 9. 6. Un auteur illustre de façon concrète ce principe moral : Il en est des dons comme de la circulation du sang : il revient à son point de départ. Ce que nous donnons revient, ce que nous retenons pour nous-mêmes arrête ce cours. Donner pour recevoir afin de donner de nouveau, pour recevoir ensuite, donner encore et ainsi de suite…

À partir du verset 39, le Seigneur illustre la même vérité par trois images : l’aveugle, l’arbre, l’homme qui bâtit sa maison. Chaque fois, il souligne le contraste entre ce qui est vrai, bon, solide et ce qui est faux, mauvais, fragile.

La première image (versets 39-42) dénonce l’hypocrisie à deux reprises :

  • d’abord chez celui qui est aveugle et entend conduire les autres. Aujourd’hui, bien des conducteurs religieux prétendent enseigner le peuple de Dieu sans avoir rencontré Jésus comme Sauveur personnel, sans être passés “des ténèbres à sa merveilleuse lumière” 1 Pierre 2. 9.
  • Ensuite, chez celui qui voit mais dont le jugement est perverti car il a un corps étranger dans l’oeil : une poutre. Un travers non jugé le conduit à relever les fautes les plus légères chez les autres. La gravité de cette forme d’hypocrisie est soulignée par le fait que cet homme prétend, dans un geste de bonté apparente, soigner l’oeil de son voisin (verset 42). Ôtons, au contraire, la poutre de notre oeil avant de vouloir retirer la paille qui est dans celui de l’autre1 Corinthiens 11. 31.

Dans la deuxième image (versets 43-45), celle de l’arbre, le fruit révèle la nature de l’arbre. Ainsi le cœur de l’homme est-il révélé par ses actions, ses paroles, ses attitudes. Ceux qui se sont tournés vers Dieu sont capables de produire ce qui est appelé “bon” selon l’appréciation divine. L’homme bon a thésaurisé les bonnes œuvres (verset 45). Il ne les a pas produites. Elles lui ont été données. Mais, conscient de leur valeur, il les a gardées dans son cœur. À l’inverse, l’incroyant – le mauvais arbre – ne peut rendre à Dieu un fruit que Dieu puisse juger “bon”, quelles que soient les apparences aux yeux de l’homme.

Enfin, dans le dernier exemple (versets 46-49), le Seigneur conclut cette série d’avertissements : ou nous construisons quelque chose de résistant ou quelque chose d’éphémère. En bâtissant sa maison (le langage est figuré), tout homme cherche le repos, la paix, la protection contre les épreuves, une sécurité pour l’avenir. L’un creuse profondément et trouve le roc, image de la parole de Dieu qui pénètre dans la conscience et dans le cœur et seule peut donner cette paix quant à l’avenir. L’autre se contente de bâtir “sans fondement” (verset 49). Une connaissance superficielle du christianisme sans mise en pratique conduit à la ruine de l’édifice.

Notes

1 “La bonne mesure pressée et secouée et qui débordera” (verset 38) évoque la façon de mesurer à l’époque : on versait le grain dans un pan du vêtement qu’on repliait au-dessus de la ceinture. (Ruth 3. 15).

Luc 6

32Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en sait-on ? Car même les pécheursA aiment ceux qui les aiment. 33Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en sait-on ? Car même les pécheurs en font autant. 34Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en sait-on ? Car même les pécheurs prêtent aux pécheurs, afin de recevoir la pareille.
35Mais aimez vos ennemis, et faites du bien, prêtez sans rien espérer en retour ; votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, lui, envers les ingrats et les méchants. 36Soyez miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux ; 37ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; acquittez, et vous serez acquittés ; 38donnez, et il vous sera donné : on vous donnera dans le seina bonne mesure, pressée, secouée et débordante ; car de la même mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré en retour.
39Il leur dit aussi une paraboleA : Est-ce qu’un aveugle peut guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? 40Le disciple n’est pas au-dessus de son maîtreB, mais tout disciple bien formé sera comme son maîtreB. 41Et pourquoi regardes-tu la pailleb qui est dans l’oeil de ton frère, et ne t’aperçois-tu pas de la poutre qui est dans ton propre oeil ? 42Ou comment peux-tu dire à ton frère : Frère, permets, j’ôterai la paillec qui est dans ton oeil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton oeil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton oeil, et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’oeil de ton frère.
43Car il n’y a pas de bon arbre qui produise de mauvais fruit, ni d’arbre mauvais qui produise de bon fruit : 44chaque arbre se connaît à son propre fruitd ; car on ne récolte pas des figues sur des épines, on ne cueille pas non plus du raisin sur un buisson. 45L’homme bon, du bon trésor de son coeur, produit ce qui est bon, et l’homme mauvais, du mauvais, produit ce qui est mauvais : car de l’abondance du coeur, la bouchee parle.
46Pourquoi m’appelez-vous : SeigneurA, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? 47Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, qui entend mes paroles et les met en pratique : 48il est semblable à un homme qui bâtit une maison, qui a creusé et fouillé profondément, puis a posé les fondations sur le roc ; or une inondation étant survenue, le fleuve s’est jeté avec violence contre cette maison et n’a pas pu l’ébranler, parce qu’elle était fondée sur le rocf. 49Mais celui qui a entendu, et n’a pas mis en pratique, est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondations : le fleuve s’est jeté contre elle avec violence et aussitôt elle est tombée ; et la ruineg de cette maison a été grande.

Notes

ac.-à-d. : dans le pan de votre vêtement (qui pouvait alors servir de poche à provisions).

blitt. : le fétu (brin de paille).

clitt. : le fétu (brin de paille).

dVoir Matthieu 7. 17-20 et 12. 33.

elitt. : sa bouche.

fcertains lisent : bien bâtie (comp. Matthieu 7. 25).

glitt. : brèche.

(Traduction révisée)