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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 7. 36 - 8. 3

Le chemin du salut

3. Deux réponses d’amour

Les deux récits du centurion et de la veuve de Naïn ont montré que le salut ne reposait pas sur les œuvres mais sur la grâce divine. Maintenant, le Saint Esprit conduit Luc à présenter deux épisodes qui soulignent que les bonnes œuvres découlent nécessairement du salut reçu. Le faire provient de l’être.

Une pécheresse offre du parfum à Jésus : 7. 36-50

Les circonstances dans lesquelles cette femme découvre Jésus pour la première fois ne sont pas clairement indiquées. A-t-elle entendu l’appel de la grâce : “Venez à moi vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos” Matthieu 11. 28 ? Une chose est certaine : la grâce qui rayonnait du Sauveur attirait celle qui sentait le poids de ses péchés. Cette scène montre la reconnaissance d’un cœur qui s’est attaché à son Sauveur et veut lui rendre hommage1.

Jésus est chez Simon le pharisien. À cette époque, quand un docteur de renom était invité chez un Juif, on pouvait venir écouter librement son enseignement. Cette femme s’avance avec courage, sans craindre l’opprobre lié à sa réputation. Lors de tels repas, les invités, allongés sur un divan, repliaient leurs pieds nus derrière eux. Ce détail explique la scène. Elle s’approche discrètement par derrière, verse le parfum2 sur les pieds du Seigneur. En tout cas, la conscience de son indignité et des compassions de Jésus qui accepte son hommage lui font verser des larmes abondantes.

Avec la spontanéité de l’amour, elle ose défaire ses cheveux en public et essuyer les pieds du Seigneur dans un geste d’adoration qui rappelle celui de MarieJean 12. 3. Simon observe la scène et raisonne dans son cœur (verset 39). Il met en doute le caractère de prophète de Jésus qui semble incapable de discerner l’état moral de cette femme. Il se trompe. Sa réflexion intérieure n’a pas échappé au SeigneurPsaume 139. 2. Avec une délicatesse divine il lui propose d’avoir une rencontre personnelle avec le Sauveur.

Il s’adresse d’abord à son intelligence par une courte parabole qu’il l’invite à bien écouter, car il doit trouver la solution au problème posé (versets 40-43). Simon trouve la bonne réponse. Alors Jésus établit le parallèle et s’adresse à sa conscience en disant : “Vois-tu cette femme ?” Question en apparence inutile ! Il la voyait bien, mais avec ses yeux de pharisien, aveugle à la gloire du Seigneur et inconscient de sa propre indignité. Alors Simon est placé dans la lumière divine. Jésus n’a pas reçu chez lui les marques ordinaires de l’hospitalité orientale : point de baiser de salutation quand il est entré, pas d’eau fraîche pour rafraîchir ses pieds, pas d’huile pour oindre sa tête. En contraste, cette femme avait dépassé la “norme”. Le baiser n’était pas une formalité mais l’expression d’un amour vrai, l’eau était ses larmes ; l’huile ordinaire était remplacée par un parfum précieux répandu humblement sur les pieds du Seigneur.

Jésus ne passe pas sous silence son passé misérable, même si elle entend quelqu’un qui s’adresse à elle avec amour et compréhension. Quelqu’un qui peut lui annoncer une libération complète : “Tes péchés sont pardonnés”. Sa foi, relevée publiquement, la sauve de la condamnation divine et l’introduit dans une paix à laquelle elle aspirait sans doute depuis longtemps.

Des femmes aident Jésus : 8. 1-3

Ce chapitre s’ouvre sur une scène que seul Luc nous rapporte. Voir Jésus parcourir la Galilée suivi de ses disciples n’avait rien d’étonnant. Le voir accepter dans son entourage plusieurs femmes choquait d’autant plus qu’à cette époque les prescriptions des rabbins allaient jusqu’à interdire à un homme de s’adresser en public à une femme. Ces femmes venaient d’horizons bien différents. Marie de Magdala avait été affranchie d’une puissance démoniaque presque illimitée. Jeanne, épouse de Chuzas, avait vécu jusqu’ici dans une atmosphère corrompue. Issue d’un milieu social aisé, elle avait mis ses biens au service de Jésus.

Elles éprouvaient toutes du bonheur à montrer leur amour envers leur libérateur en le suivant, l’écoutant et le servant.

Dans sa grande humilité, dépourvu de revenus personnels, Jésus dépendait de la générosité de ceux qui le servaient2 Corinthiens 8. 9. La consécration de ces femmes est entière : elles “l’assistaient” de leurs biens. On pourrait traduire ce mot par : elles rendaient un service chrétien d’ordre pratique exigeant l’engagement total de la personne. C’est ainsi qu’on peut suivre Jésus ! Remarquons aussi que le Seigneur ne leur avait pas confié un service particulier comme aux apôtres. Il ne leur demandait pas de prêcher, guérir les malades ou chasser les démons. Non, il leur laissait simplement exercer ce service d’amour dont il relève ici ou là le prix pour son cœurMarc 12. 44 ; 14. 6, 9….

Notes

1Les traducteurs font remarquer que le temps du verset 48 est au passé. Il faut lire : “Tes péchés ont été et restent pardonnés”.
2Le mot parfum est traduit dans certaines versions par myrrhe. Peut-on conclure que cette femme comprenait que la grâce dont elle était l’objet ne pouvait se répandre qu’au prix des souffrances de la croix dont la myrrhe est le symbole ?

Luc 7

36Un des pharisiens demanda à Jésus de manger avec lui. Il entra dans la maison du pharisien, et se mit à table ; 37et voici, une femme de la ville, qui était une pécheresseA, sachant qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre plein de parfum. 38Elle se tint derrière à ses pieds, en pleurant, et se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; elle les essuyait avec ses cheveuxa, lui couvrait les pieds de baisers, et répandait sur eux le parfum. 39Le pharisien qui l’avait invité, en voyant cela, se dit en lui-même : Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu’elle est : une pécheresse. 40Mais Jésus, répondant, lui dit : Simon, j’ai quelque chose à te dire. Il dit : MaîtreB, dis-le. 41Un créancier avait deux débiteurs : l’un lui devait 500 deniersA et l’autre 50 ; 42comme ceux-ci ne pouvaient pas payer, il remit la detteb à l’un et à l’autre. Quel est donc celui des deux qui l’aimera le plus ? 43Simon répondit : J’estime que c’est celui à qui il a été remis davantage. Jésus lui dit : Tu as bien jugé. 44Se tournant vers la femme, il dit à Simon : Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison ; tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. 45Tu ne m’as pas donné de baiser ; mais elle, depuis que je suis entré, n’a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers. 46Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum. 47C’est pourquoi je te dis : Ses nombreux péchés sont pardonnésA – car elle a beaucoup aiméc ; mais celui à qui il est peu pardonné aime peu. 48Puis il dit à la femme : Tes péchés sont pardonnésA. 49Alors ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés ? 50Mais Jésus dit à la femme : Ta foi t’a sauvée, va en paix.

Luc 8

1Et il arriva, par la suite, qu’il traversait villes et villages, prêchant et annonçantd le royaume de Dieu ; les douze [étaient] avec lui, 2et aussi quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malinsA et d’infirmités : Marie, qu’on appelait Magdeleinee, dont étaient sortis sept démons, 3Jeanne, femme de Chuzas, intendant d’HérodeB, Suzanne, et plusieurs autres qui l’assistaientf de leurs biens.

Notes

alitt. : les cheveux de sa tête.

bou : il fit grâce de la dette.

cc.-à-d. : elle a montré beaucoup d’amour.

dlitt. : évangélisant. Voir : ÉvangileA.

eou : de Magdala.

flitt. : le servaient ; certains lisent : les assistaient.

(Traduction révisée)