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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 8. 22-39

Le chemin du salut

5. Le salut expérimenté (1)

Du verset 22 à la fin du chapitre, quatre miracles manifestent la puissance et l’autorité du Seigneur :

  • sur la nature (versets 22-25) ;
  • sur le monde des esprits impurs (versets 26-39) ;
  • sur la maladie (versets 40-48) ;
  • sur la mort (versets 49-56).

Dans ces quatre épisodes, la puissance de Satan est tenue en échec.

Le premier est mentionné dans les trois évangiles synoptiques.

Sauvés de la tempête : versets 22-25

Luc attribue au Seigneur l’initiative de passer à l’autre rive. L’ayant “pris comme il était” Marc 4. 36, les disciples gagnent le large. Jésus s’endort (litt. “tombe endormi”), sans doute sous l’effet de la fatigue. Chaque journée était pour lui remplie par le service que le Père lui confiait. C’est la seule occasion où nous voyons le Seigneur dormir, expression à la fois de sa fatigue et de sa confiancePsaume 16. 1. Son humanité était à la fois unique en ce qu’elle était sans péché, et identique à la nôtre dans sa réalité quotidienne. L’orage descend violemment sur le lac. Les pêcheurs expérimentés craignent le pire, interrompent le sommeil de Jésus. La voix du Créateur retentit alors, le calme revientProverbes 30. 4. Il s’adresse aux disciples : “Où est votre foi ?” (verset 25). Le reproche paraît sévère. Pourtant, n’avaient-ils pas vu sa puissance s’étendre sur les maladies, les infirmités de toutes sortes et même sur la mort ? Ils s’étonnent de le voir dominer les éléments physiques de l’univers. Le Seigneur veut montrer qu’aucune puissance extérieure ne peut remettre en cause notre salut ou nous séparer “de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur” Romains 8. 38, 39. Ainsi, c’est souvent dans la tempête que nous apprenons à connaître et notre manque de foi et la toute-puissance du Seigneur.

Sous son aspect prophétique, cette scène est une image des croyants fidèles d’Israël appelés dans un temps futur à traverser les flots de la grande tribulation. Prêts à périr, ils crieront à celui qui calmera la tempête que les nations auront déchaînée contre euxPsaume 44. 23 ; 2. 1-9.

Sauvé de la puissance démoniaque : versets 26-39

Sur le lac, le Seigneur triomphait des éléments naturels rendus hostiles à l’homme. Arrivé à Gadara, une ville située au sud-est de la Galilée, le Seigneur doit affronter directement la puissance satanique. Il rencontre là un homme possédé par les démons. Les forces sataniques qui le rendaient capable de briser des chaînes avaient en réalité anéanti sa personnalité au point de lui faire perdre le contrôle de lui-même. Il était “saisi” et “emporté”. Cet homme est une figure saisissante de notre condition de pécheurs :

  • nu : rien de ce que nous sommes n’est caché à Dieu ;
  • dans les sépulcres : morts aux yeux de Dieu ;
  • ne voulant pas avoir affaire avec Jésus : la relation avec Dieu est perdue.

Quand Jésus lui demande son nom, il répond : “légion”. Il s’identifie avec l’esprit dont il est possédé. De nos jours, combien nombreux sont ceux qui ont abdiqué leur personnalité devant l’alcoolisme, la drogueÉphésiens 2. 2 ; Colossiens 1. 13. Mais Dieu veut apporter la plénitude de son salut à ceux qui en sont apparemment les plus indignes ; au-delà des confins privilégiés d’Israël, Jésus avait vu cet homme et venait le délivrer.

À vrai dire, le démoniaque ne manifeste aucun désir d’être libéré de son état : s’il se jette devant Jésus c’est pour lui dire : “Ne me tourmente pas” (verset 28). Néanmoins, en disant : “légion”, il confesse la gravité de cet état et l’impossibilité d’en sortir sans l’intervention de la puissance divine. À cette époque, une légion, qui comptait cinq à six mille hommes, était synonyme de force invincible.

Les démons demandent au Seigneur de ne pas user de son autorité pour les envoyer dans l’abîme, lieu de leur punition futureApocalypse 20. 1-3. Ils entrent dans les pourceaux qui paissent là, libérant le démoniaque. Les bêtes impures, image de l’homme soumis à Satan, sont emportées dans le lac, là même où, quelque temps auparavant, les disciples et le Seigneur avaient essuyé la tempête. Pour les propriétaires du troupeau, le préjudice financier était considérable.

Mais la conscience de tels hommes, “étouffée par les richesses” (verset 14), n’est pas atteinte. La puissance divine les dérange. N’étant moralement pas prêts à recevoir Jésus, ils le prient de quitter leur territoire. Le Seigneur respecte leur demande (verset 37) car elle est l’expression d’un choix conscient.

Mais là où le péché abonde, la grâce surabondeRomains 5. 20 : le Seigneur ne laisse pas cette ville sans témoin. Ainsi, l’homme délivré, “assis, vêtu et dans son bon sens”, a retrouvé son état normal, sa personnalité, sa dignité. Christ l’a affranchi, vivifié, et l’Esprit peut le conduire à faire briller la lumière divine dans un monde de ténèbres (versets 38, 39), non sans résultat semble-t-il, car dans l’évangile de MatthieuMatthieu 14. 34-36, nous retrouvons un groupe d’hommes de cette contrée prêts à recevoir Jésus.

Luc 8

22Il arriva, l’un de ces jours-là, qu’il monta dans une barque, ainsi que ses disciples. Il leur dit : Passons à l’autre rive du lac. Et ils prirent le large. 23Comme ils voguaient, [Jésus] s’endormit ; et un vent impétueux fondit sur le lac ; [la barque] se remplissait, et ils étaient en péril. 24Ils s’approchèrent et le réveillèrent, en disant : MaîtreC, maître, nous périssons ! Lui, s’étant levéa, reprit le vent et les flots agités : ils s’apaisèrent et le calme se fit. 25Il leur dit : Où est votre foi ? Mais eux, saisis de crainte, furent dans l’étonnement et dirent entre eux : Qui donc est celui-ci, car il commande même aux vents et à l’eau, et ils lui obéissent ?
26Ils abordèrent dans le pays des Géraséniensb, qui est en face de la GaliléeA. 27Quand Jésus fut descendu à terre, un homme de la ville vint à sa rencontre. Depuis longtemps, il avait des démonsA, il ne portait pas de vêtements et ne demeurait pas dans une maison, mais dans les tombeaux. 28Il aperçut Jésus, poussa un cri, se jeta devant lui, et dit d’une voix forte : Qu’ai-je à faire avec toic, Jésus, Fils du Dieu Très-haut ? Je t’en supplie, ne me tourmente pas. 29Car Jésus avait commandé à l’esprit impurA de sortir de l’homme. Bien des fois, en effet, l’esprit s’était saisi de lui ; et on l’avait lié, pour le garder, dans les chaînes et avec les fers aux pieds ; mais, brisant ses liens, il était emporté par le démon dans les déserts. 30Jésus lui demanda : Quel est ton nom ? Il dit : LégionB ; car beaucoup de démons étaient entrés en lui. 31Et ils priaient Jésus de ne pas leur commander de s’en aller dans l’abîme. 32Or il y avait là un grand troupeau de porcs qui paissaient sur la montagne ; ils le prièrent de leur permettre d’entrer en eux ; et il le leur permit. 33Les démons, sortant de l’homme, entrèrent dans les porcs, et le troupeau se rua du haut de la côte dans le lac, où il se noya.
34Ceux qui le faisaient paître, voyant ce qui était arrivé, s’enfuirent et le racontèrent dans la ville et dans les campagnes. 35Les gens sortirent pour voir ce qui s’était passé ; ils vinrent vers Jésus et trouvèrent assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus, l’homme de qui les démons étaient sortis ; alors ils eurent peur. 36Ceux qui avaient vu [cela] leur racontèrent comment le démoniaqueA avait été délivré. 37Et toute la population de la contrée des Géraséniens pria Jésus de s’en aller de chez eux, parce qu’ils étaient saisis d’une grande peur ; et lui, étant monté dans la barque, s’en retourna. 38L’homme de qui les démons étaient sortis le suppliait [de lui permettre] d’être avec lui ; mais il le renvoya, en disant : 39Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi. Il s’en alla par toute la ville, proclamant tout ce que Jésus avait fait pour lui.

Notes

alitt. : réveillé.

bou : pays des Gadaréniens (au sud-est du lac).

clitt. : Qu’y a-t-il entre moi et toi ?

(Traduction révisée)