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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 7. 18-35

Le chemin du salut

2. La question de Jean-Baptiste à Jésus. Le rejet du Sauveur

Cette scène est une parenthèse. Elle souligne que la puissance en grâce de Jésus est une preuve de la présence du Messie au milieu de son peuple.

La question de Jean et la réponse de Jésus : versets 18-23

Jean-Baptiste est en prison (3. 20). Les miracles que Jésus opère sont connus dans tout le pays et l’information en arrive jusqu’à sa celluleMatthieu 11. 1, 2. Alors Jean-Baptiste s’interroge. Il avait annoncé le double ministère du Messie : baptiser du Saint Esprit ceux qui se repentaient et croyaient, baptiser de feu ceux qui refusaient la grâce. Les fidèles en Israël attendaient le jour de ce jugement qui devait précéder l’introduction du règne d’un Messie glorieux. Même les apôtres se posaient cette questionActes 1. 6.

Apparemment Jésus se contentait de réaliser la première partie de sa mission. Comment pouvait-il être le Messie s’il n’exécutait pas le jugement contre Hérode et la tyrannie romaine ? De nos jours, la même question est souvent posée. Comment Jésus peut-il dire qu’il est la réponse aux problèmes de ce monde s’il n’établit pas la justice, au lieu de sauver ici et là des individus ?

Perplexe, Jean-Baptiste envoie deux disciples interroger le Seigneur : “Es-tu celui qui vient ?” Les prophètes désignaient ainsi le Messie triomphateurMalachie 3. 1, 2. Les œuvres de jugement devaient-elles être faites par un autre ? Les œuvres de compassion n’avaient-elles pas assez duré ? En fait, Jean n’avait pas compris que Jésus, le Messie, devait être rejeté avant de régner, afin d’établir – après sa mort – un nouvel ordre de choses.

Jésus ne conteste pas qu’il faudra exercer le jugement mais il attire l’attention des envoyés de Jean sur ce qui se passe. Une énumération qui rappelle ce qu’Ésaïe 35 avait annoncé : des miracles de guérison qui croissent en intensité et la prédication annoncée aux pauvresÉsaïe 61. 1. L’essence de l’évangile est là : la grâce présentée à ceux qui, dans ce monde, sont estimés les plus indignes de la recevoir. Le jour du jugement viendra malgré les critiques de ceux qui estiment qu’il tarde à venir2 Pierre 3. 3-10. Mais ce retard s’explique par une longue patience divineRomains 9. 22. Il nous est demandé de mettre à profit ce délai pour faire passer des hommes du domaine de Satan, vaincu à la croix, à la merveilleuse lumière de Dieu, pour sa seule gloire1 Pierre 2. 9. Pour parler à la conscience de Jean, Jésus ajoute enfin la promesse d’un bonheur (verset 23) à celui qui ne serait pas scandalisé en lui pendant le temps de son rejet.

Le témoignage rendu à Jean par Jésus : versets 24-30

Ceux qui ont entendu cette réponse ont pu penser que Jésus désavouait Jean-Baptiste. Il n’en est rien. Christ, le roi, rend témoignage à celui qui l’avait présenté à son peuple et parle à la conscience de ses auditeurs. Quand Jean-Baptiste a prêché, vous êtes allés l’entendre, semble-t-il leur dire (3. 7), l’avez-vous donc oublié maintenant ? Était-il un homme facilement influençable, tel le roseau agité par le vent ? Ou un élégant courtisan dans le palais du roi ? N’était-il pas plutôt un prophète ? La mission de Jean-Baptiste l’élevait au-dessus des hommes et faisait de lui le plus grand des prophètes.

Et pourtant, “le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui” (verset 28). Jean appartenait au temps de la promesse tandis que le croyant appartient au temps de son accomplissement. Il n’est pas question ici de grandeur morale liée à quelque mérite personnel mais de grandeur de position que Dieu accorde selon l’époque où l’on vit.

Les paroles du Seigneur montraient les réactions à la prédication de Jean : les uns ont “justifié” Dieu ; ils sont d’accord avec ce que Dieu demande. Ils ont accepté le baptême de la repentance (verset 29). Les autres, pharisiens et docteurs de la loi, étudient la loi mais sans chercher à faire la volonté de Dieu. Ils se placent hors de la bénédiction. Dieu dans sa grâce est juste aussi bien en condamnantRomains 3. 4, 5 qu’en justifiantRomains 3. 26.

La réaction de l’auditoire : versets 31-35

Jésus souligne la folie des hommes de son temps : ils rejettent à la fois l’appel de Jean à la repentance (même s’ils l’ont reconnu comme prophète), et le message de grâce du Sauveur. Ils n’ont voulu ni pleurer – c’est-à-dire accepter la solennité de la prédication de Jean – ni danser – c’est-à-dire se réjouir de la venue de Jésus. Jean est critiqué pour son ascétisme et Jésus pour avoir mangé et bu avec des gens de basse condition. Où trouver la sagesse ? Chez ceux qui reconnaissent en Jésus la sagesse de Dieu1 Corinthiens 1. 30. Leur esprit, renouvelé en connaissance, peut alors discerner ce que Dieu révèle à ses enfants.

Luc 7

18Les disciples de Jean vinrent l’informer de tout cela. Ayant appelé deux de ses disciples, 19Jean les envoya vers Jésusa pour lui dire : Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? 20Quand ils furent venus à lui, ces hommes dirent : Jean le Baptiseurb nous a envoyés vers toi pour te dire : Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre ? 21 (À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de personnes de maladies, de douleursc et d’esprits malinsA, et il donna la vued à beaucoup d’aveugles.) 22Il répondit alors aux messagers : Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont rendus netse, les sourds entendent, les morts ressuscitent, l’évangileA est annoncé aux pauvres. 23Et bienheureux quiconque ne sera pas scandaliséA à mon sujet.
24Après le départ des messagers de Jean, Jésus se mit à dire de Jean aux foules : Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ? 25Mais qu’êtes-vous allés voir ? Un homme habillé de vêtements précieux ? Voici, ceux qui sont vêtus magnifiquement et qui vivent dans les délices sont dans les palais des rois. 26Mais qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. 27C’est celui dont il est écrit : Voici, j’envoie devant ta face mon messager, qui préparera ton chemin devant toif. 28Car je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés de femme, il n’y a aucun prophète plus grand que Jean le Baptiseurg ; mais le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. 29 (Tout le peuple qui a écouté, et aussi les publicainsA, ont justifiéh Dieu, ayant été baptisés du baptême de Jeani ; 30mais les pharisiensA et les docteursA de la Loi ont rejeté, à leur propre détrimentj, le dessein de Dieu, n’ayant pas été baptisés par Jean.) 31À qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils ? 32Ils ressemblent à de petits enfants assis sur la place du marché, qui crient les uns aux autres : Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé ; nous vous avons chanté des complaintes et vous n’avez pas pleuré. 33Car Jean le Baptiseur est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites : Il a un démonA. 34Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : Voici un mangeurk et un buveur, un ami des publicainsA et des pécheursA. 35Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

Notes

ad’autres lisent : au Seigneur.

bc.-à-d. : celui qui baptise.

cmaux qui tourmentent.

dlitt. : il accorda la grâce de voir.

eou : purs.

fMalachie 3. 1.

gpl. lisent : aucun n’est plus grand que Jean.

hont donné raison à.

ivoir Actes 19. 4 et Matthieu 3. 1-12.

jou : quant à eux-mêmes.

kou : un glouton.

(Traduction révisée)