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Le livre du prophète Ézéchiel
Sondez les Écritures - 3e année

Ézéchiel 24

Les raisons du jugement

13. Les deux signes de la fin de Jérusalem

Le jour arriva où les jugements que Dieu avait tant de fois annoncés, avec des détails de plus en plus précis, s’abattirent sur Jérusalem qui ne s’était pas repentie. En janvier 588 av. J.-C., les armées babyloniennes commencèrent le siège définitif de Jérusalem2 Rois 25. 1 ; Jérémie 39. 1 ; 52. 4.

La parabole de la marmite bouillante : versets 3-14

Ce même jour (verset 2) 1, Dieu commanda à Ézéchiel de proposer une nouvelle parabole en la représentant matériellement (verset 3). Pour une fois, prophétie et réalisation, symbole et acte étaient simultanés. Dieu accréditait son serviteur en accomplissant les jugements qu’il était en train d’annoncer à des centaines de kilomètres de là.

La parabole (versets 3-5) est interprétée (versets 6-8), puis de nouvelles indications sont ajoutées (versets 9-14) 2.

La marmite (11. 1-13) symbolise Jérusalem ; la viande et les os, ses habitants3. Au commencement du siège, la marmite serait mise à bouillir sur le feu qui représente la guerre. La “rouille” parle du péché inséparablement attaché à la ville.

Le jugement serait dur (versets 10-12) et complet (verset 6) 4, parce que les moyens plus doux n’avaient pas produit de résultats positifs (verset 12) 2 Chroniques 36. 15, 16. Le sang des meurtriers était “sur le roc nu” (verset 7) : les traces des crimes commis dans Jérusalem étaient visibles de tous et réclamaient l’intervention divine en jugement, car, contrairement à la terre, le roc n’absorbe pas le sang. Le mal de Jérusalem avait alors atteint un tel degré de scandale public que Dieu ne pouvait plus retarder la vengeance.

La mort tragique de la femme d’Ézéchiel : versets 15-24

Ce même jour, début du siège final de Jérusalem, fut un jour de deuil profond pour le prophète. L’Éternel lui annonça que sa femme bien-aimée allait mourir subitement (verset 15) ; cette prophétie s’accomplit le soir même (verset 18). Selon l’ordre divin, Ézéchiel dut mener deuil en silence. Dieu lui commanda de contrevenir à toutes les coutumes de l’époque : se lamenter à haute voix2 Samuel 19. 1 ; 19. 5, ôter son turban pour mettre des cendres sur sa têteÉsaïe 61. 3, aller pieds nus2 Samuel 15. 30, se couvrir la barbe (c’est-à-dire masquer le bas de son visage à partir du nez) Michée 3. 7, manger la nourriture apportée par ceux qui venaient montrer de la sympathieJérémie 16. 6, 7 (versets 16, 17).

La conduite inhabituelle d’Ézéchiel avait pour but de faire réfléchir ses contemporains. Ceux-ci ne manquèrent pas de lui poser des questions, se doutant que sa manière de faire avait une signification profonde (verset 19). Dans un message solennel, Ézéchiel leur expliqua l’enseignement que Dieu avait en vue (versets 20-24). Son épouse, dont il appréciait la beauté (elle était “le désir de ses yeux”), représentait le magnifique temple de Salomon à Jérusalem, fierté du peuple juif (versets 21, 25). Comme la femme d’Ézéchiel fut enlevée par une intervention divine, le temple serait détruit par le jugement. De plus, “l’affection de leur âme” (verset 21), c’est-à-dire les fils et les filles que les exilés avaient laissés dans le pays, tomberaient au cours de la guerre.

Comme Ézéchiel, les exilés se lamenteraient alors en silence (versets 22, 23). Les signes extérieurs de tristesse servent à attirer l’attention des autres afin de susciter leur sympathie. Mais la perte du temple et la destruction de Jérusalem toucheraient tous les exilés. A quoi bon attirer l’attention par des signes ? Les exilés n’étaient entourés que des Babyloniens, qui auraient d’autant moins de sympathie pour ces Juifs qu’ils étaient les exécuteurs du jugement. Plus encore, ils y trouveraient même leur satisfaction.

Nous voyons une fois de plus que le serviteur de Dieu s’associe aux épreuves du peuple de Dieu, même lorsqu’il est obligé de le reprendre. Voyez cet homme qui connaît la plus dure séparation qu’on puisse vivre sur terre, qui souffre sans dire un mot, par obéissance à son Dieu et par amour pour son peuple. Même si Dieu ne nous appelle pas à des sacrifices aussi extrêmes, soyons des instruments dociles et des serviteurs soumis.

Il est remarquable que la femme d’Ézéchiel ait été choisie pour symboliser le temple de Dieu. Le N.T. éclaire cette analogie entre un être humain et la maison de Dieu. Il nous révèle que le corps du croyant est le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu l’honore en l’habitant1 Corinthiens 6. 19, 20. Il nous révèle aussi que l’Église est collectivement la maison de Dieu sur la terre et qu’elle sera bientôt présentée au Seigneur Jésus comme “l’épouse de l’Agneau” 1 Corinthiens 3. 16 ; Apocalypse 19. 7 ; 21. 2. Sommes-nous conscients de l’honneur qui nous est fait d’être en quelque sorte la suite du superbe temple du seul vrai Dieu qui était autrefois à Jérusalem ?

Le jour de la destruction du temple : versets 25-27

La destruction du temple marqua un tournant dans la mission d’Ézéchiel. Au début de son ministère (3. 26, 27), Dieu lui avait ordonné de ne parler que lorsqu’il avait un message à transmettre de la part de Dieu ; autrement il était condamné au mutisme. Mais dès qu’un messager viendrait pour annoncer en Babylonie la destruction du temple, Ézéchiel pourrait de nouveau parler normalement (versets 26, 27 ; 33. 21, 22). Ce changement montrerait aux exilés que son mutisme précédent était aussi un signe divin pour les amener à mieux écouter la parole de Dieu (verset 27b). Ce signe, qui dura 7 ans (de 593 à 586 av. J.-C.), devait les aider à venir à la connaissance de Dieu : “et ils sauront que je suis l’Éternel”.

Conclusion des chapitres 12 à 24

Avec ce chapitre 24 finissent à la fois la première partie du livre d’Ézéchiel (chapitre 1 à 24) et l’explication du jugement (chapitre 12 à 24).

Ces chapitres auront peut-être paru à plusieurs difficiles à lire et bien noirs ; cependant ils parlent à notre conscience et nous donnent des avertissements utiles, car facilement transposables à notre époque.

Nous y voyons aussi la patience de notre Dieu, qui attend avant de juger (chapitre 16, 20, 23). Et bien que le jugement soit annoncé et imminent, déjà s’y discernent les premières lueurs du rétablissement en grâce du peuple. Ézéchiel développera ce sujet dans la troisième partie de son livre (chapitre 33 à 48), après la parenthèse des chapitres 25 à 32 qui concerne les nations.

Notes

1Ce jour était si solennel qu’un jour de jeûne le commémora chaque année après l’exil (Zacharie 8. 19).
2Notez les deux “C’est pourquoi […] : Malheur” (versets 6, 9) qui distinguent clairement ces trois parties.
3La viande et les os devaient être de la meilleure qualité (versets 4, 5). En effet, les habitants de Jérusalem, la ville principale, occupaient une position privilégiée et avaient donc une responsabilité particulière (Psaume 87. 2, 5).
4 “Jeter le sort” (verset 6b) aurait signifié que quelques-uns auraient pu échapper au jugement par ce moyen. Or il devait tomber sur toute la ville sans exception ; chaque individu était responsable : “Tires-en morceau par morceau” (verset 6b).

Ézéchiel 24

1Et la parole de l’Éternel vint à moi, en la neuvième année, au dixième mois, le dixième [jour] du mois, disant : 2Fils d’homme, écris pour toi le nom de ce jour, de ce propre jour : le roi de Babylone s’approche contre Jérusalem, en ce jour même. 3Et propose une parabole à la maison rebelle, et dis-leur : Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Place la marmite, place-la, et verses-y aussi de l’eau. 4Rassembles-y ses morceaux, tous les bons morceaux, la cuisse et l’épaule ; remplis-la d’os choisis, 5prends du meilleur du petit bétail ; et [mets] aussi dessous un tas de bois pour les osa ; fais-la bien bouillir, et que les os cuisent au-dedans d’elle. 6C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Malheur à la ville de sang, la marmite en laquelle est sa rouille, et dont la rouille ne se détache pas ! Tires-en morceau par morceau ; qu’on ne jette pas le sort sur elle ; 7car son sang est au milieu d’elle : elle l’a mis sur le roc nu, elle ne l’a pas versé sur la terre pour le couvrir de poussière. 8Pour faire monter la fureur, pour exécuter la vengeance, j’ai mis son sang sur le roc nu, pour qu’il ne soit pas couvert. 9C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Malheur à la ville de sang ! Moi aussi je ferai une grande pile de bois. 10Entasse le bois, allume le feu, fais cuire la viande, assaisonne-la bienb, et que les os soient brûlés. 11Place-la vide sur les charbons ardents, afin qu’elle s’échauffe et que son bronze devienne brûlant, et que son impureté soit fondue au-dedans d’elle et que sa rouille soit consumée. 12Elle a lassé les efforts, et la rouille dont elle est pleine ne se détache pas : – au feu sa rouillec ! 13Il y a de l’infamie dans ton impureté ; puisque je t’ai purifiée, et tu n’es pas pure. Tu ne seras plus purifiée de ton impureté, jusqu’à ce que j’aie satisfait sur toi ma fureur. 14Moi, l’Éternel, j’ai parlé : cela arrivera, et je le ferai ; je ne reculerai pas, et je n’aurai pas de compassion, et je ne me repentirai pas. On te jugera selon tes voies et selon tes actions, dit le Seigneur, l’Éternel.
15Et la parole de l’Éternel vint à moi, disant : 16Fils d’homme, voici, je vais t’ôter, par une plaie, le désir de tes yeux ; et tu ne mèneras pas deuil, et tu ne pleureras pas, et tes larmes ne couleront pas. 17Gémis en silence : tu ne feras pas le deuil des morts. Enroule ton turban sur toi, et mets tes sandales à tes pieds, et ne couvre pas ta barbe, et ne mange pas le pain des hommes. –18Et je parlai au peuple le matin, et ma femme mourut le soir ; et, le matin, je fis ce qui m’avait été commandé. 19Et le peuple me dit : Ne nous déclareras-tu pas ce que signifient pour nous ces choses que tu fais ? 20Et je leur dis : La parole de l’Éternel est venue à moi, disant : 21Dis à la maison d’Israël : Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel : Voici, je profane mon sanctuaire, l’orgueil de votre force, le désir de vos yeux, et l’affection de votre âme ; et vos fils et vos filles que vous avez laissés en arrière tomberont par l’épée. 22Et vous ferez comme j’ai fait : vous ne couvrirez pas votre barbe et vous ne mangerez pas le pain des hommes ; 23et vos turbans seront sur vos têtes, et vos sandales à vos pieds ; vous ne mènerez pas deuil et vous ne pleurerez pas, mais vous vous consumerez dans vos iniquités, et vous gémirez l’un vis-à-vis de l’autre. 24Et Ézéchiel sera pour vous un signed : selon tout ce qu’il a fait, vous ferez. Quand cela arrivera, vous saurez que je suis le Seigneur, l’Éternel.
25Et toi, fils d’homme, au jour où je leur ôterai ce qui a été leur confiancee, la joie de leur ornement, le désir de leurs yeux, et ce que recherchent leurs âmes, leurs fils et leurs filles, 26en ce jour-là le rescapé ne viendra-t-il pas vers toi pour le faire entendre à tes oreilles ? 27En ce jour-là ta bouche sera ouverte, avec le rescapé, et tu parleras et tu ne seras plus muet ; et tu seras pour eux un signef, et ils sauront que je suis l’Éternel.

Notes

aou : et aussi les os en tas dans le fond.

bou : fais bouillir la bouillie.

cou : sa rouille [résiste] au feu.

dcomme 12. 6, 11.

elitt. : force ou forteresse.

fcomme 12. 6, 11.

(Traduction révisée)