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Le livre du prophète Ézéchiel
Sondez les Écritures - 3e année

Ézéchiel 1. 1-14

La vision de la gloire de l’Éternel

1. Ézéchiel contemple la gloire de l’Éternel (1)

Les cieux s’ouvrent : versets 1-3

Le livre que nous allons étudier commence par présenter une situation décourageante : le peuple de Dieu était en partie déporté dans le pays de ses ennemis et ses anciennes espérances étaient brisées. Ézéchiel partageait cet exil en Babylonie. Dans ce moment de désillusion pour lui, les cieux s’ouvrirent pour l’encourager et pour lui donner une optique divine sur la situation actuelle1 : même si le peuple de Dieu est écrasé, l’œuvre de Dieu continue. Un si triste état ne doit pas entraîner un découragement excessif, ni conduire à la passivité.

L’appel d’Ézéchiel, comme celui de plusieurs hommes de Dieu avant lui (Moïse, Ésaïe), coïncida avec une rencontre avec Dieu. Le prophète avait trente ans2, l’âge auquel il aurait dû commencer son service comme sacrificateur dans le templeNombres 4. 3. Exilé loin du lieu saint, il aurait pu se croire inutile, mais il se vit confier une mission d’une portée insoupçonnable.

Par une révélation du Tout-Puissant venue des cieux ouverts, Ézéchiel allait apprendre à s’élever au-dessus des circonstances du moment pour avoir une vision du monde selon Dieu. Quelle différence avec la vision réductrice du monde de l’Ecclésiaste qui voit les choses “sous le soleil” et “sous le ciel” 3 ! Une telle vision conduit facilement au pessimisme. Appliquons-nous à voir la réalité à la lumière des cieux ouverts et de l’éternité2 Corinthiens 4. 17, 18.

Avant la croix, les cieux se sont ouverts à des moments particuliers, comme ici pour Ézéchiel (1. 1) ou pour le Seigneur en témoignage pour la fouleMatthieu 3. 16 ; Marc 1. 11 ; Luc 3. 21. Mais depuis l’œuvre accomplie par Jésus à Golgotha, sa résurrection et son ascension à la droite de Dieu, les cieux nous sont ouverts en permanenceHébreux 10. 19-21 ; Actes 7. 56 ; 10. 11. Quel privilège pour nous et quel encouragement à nous approcherHébreux 4. 16 ; 10. 22 !

Les cieux s’ouvriront une dernière fois lorsque Christ, roi des rois, descendra sur la terre pour y exercer son jugement guerrierApocalypse 19. 11.

La vision de la gloire de Dieu

La vision de la gloire de Dieu par laquelle s’ouvre ce livre est si grandiose qu’elle défie toute représentation physique ou même mentale. Comment pourrait-il en être autrement, puisqu’elle nous présente la grandeur de Dieu, dont l’infini va bien au-delà de toutes nos pensées ?

Cette vision est progressive : au travers de la tempête (verset 4), apparaît le char du trône de Dieu, dont la description se précise au fur et à mesure. Le prophète discerne d’abord des “animaux” (versets 5-14), puis des roues qui accompagnent ces animaux (versets 15-21) ; ensuite la voix de l’Éternel se fait entendre quand le char se met en mouvement (versets 22-25) ; enfin, au-dessus du char, le prophète entrevoit Dieu lui-même sur le trône de sa gloire (versets 26-28).

Cette vision est difficile à comprendre, pour Ézéchiel comme pour nous. Le langage humain est limité pour décrire les réalités divines et il doit se contenter d’analogies avec des choses tangibles. Voilà pourquoi le prophète emploie constamment des expressions telles que : “la ressemblance de”, “comme l’apparence de”, “comme l’aspect de”, etc. Ces termes permettent aussi d’éviter tout anthropomorphisme4 ; Dieu est infini, dans sa lumière éternelle et inaccessible1 Timothée 6. 16.

Si ce livre commence par cette vision de Dieu sur son trône de gloire, c’est qu’Ézéchiel devait apprendre par cette contemplation des leçons importantes : quand bien même le peuple de Dieu se trouverait en crise ou dans le chaos, Dieu est toujours au-dessus de tout. Il ne perd jamais le contrôle des événements. Toutes choses sont en permanence entre ses mains, même lorsque notre vue se limite à ce qui est “sous le soleil” et que les doutes surgissent dans notre cœur. Cette assurance peut réconforter tout croyant qui se trouve dans une situation troublée.

La tempête du nord : verset 4

La vision commence par une terrible tempête venant du nord. Cette direction symbolise l’envahissement du territoire d’Israël5 et les catastrophes qui l’accompagnaient (la guerre, la ruine, la désolation).

Le trône de Dieu apparaît dans la tempête : c’est Dieu qui est à l’origine du jugement sur le peuple juifAmos 3. 6b ; 1 Rois 12. 24. L’ennemi ne peut pas agir souverainement ; il est simplement un instrument dans la main du Tout-Puissant pour accomplir des plans supérieurs.

Mais Dieu mesure l’épreuve qu’il envoie à son peuple : la splendeur est “tout autour” de la tempête. Nous avons l’assurance que Dieu ne permettra pas que nous soyons éprouvés au-delà de ce que nous pouvons supporter1 Corinthiens 10. 13.

Les quatre êtres vivants : versets 5-14

Du milieu de la tempête sortait l’apparence de “quatre animaux” (verset 5). Le terme hébreu traduit ici par “animal” signifie littéralement “être vivant”. Il s’applique à toutes sortes d’êtres, à l’exception des hommes. Ici, il désigne une classe particulière d’anges : des chérubins (10. 20) 6. Ces créatures puissantes ont une fonction particulière, en rapport avec la sainteté, la majesté et le règne de DieuGenèse 3. 24 ; Psaume 99. 1 ; Hébreux 9. 5. Dans la vision d’Ézéchiel, ces quatre chérubins formaient une sorte de véhicule vivant qui portait le trône de Dieu (verset 26) Psaume 18. 11.

Même si les chérubins sont des êtres réels, les détails de leur apparence ont un sens symbolique qui parlent de la gloire, de la souveraineté et de la majesté de Dieu dans son essence et dans son action :

  • Leur aspect général était celui d’un homme (verset 5) : rassurante pensée de savoir que Dieu agit envers ses créatures dans une pleine connaissance de leur condition humaine.
  • Leurs pieds (verset 7) montrent que Dieu exerce son jugement avec justice (l’airain) mais aussi qu’il patiente avant de juger énergiquement (le veau) Psaume 29. 6.
  • Leur mouvement était à la fois invariable (versets 9, 12) et rapide (verset 14) : les principes par lesquels Dieu agit sont immuables et il fait toujours ce qu’il s’est proposé ; son jugement est aussi irrévocable que soudain.
  • Leurs quatre ailes symbolisent à la fois l’adoration et le service (verset 24) qu’en tant que créatures les chérubins doivent à Dieu.
  • Enfin, leurs quatre faces parlent de l’intelligence de Dieu (la face d’homme), de sa majesté (la face de lion), de sa patience (celle de bœuf) et de la vitesse de l’action divine dans le jugement (celle d’aigle). Mais ces mêmes traits évoquent aussi pour nous la gloire de notre Seigneur. Jésus Christ est venu en grâce révéler Dieu bien mieux qu’une vision, si magnifique soit-elle. Ses divers caractères brillent dans les quatre évangiles :
  • le lion nous parle du Roi d’Israël que présente Matthieu ;
  • le bœuf fait penser au serviteur endurant que décrit Marc ;
  • la face d’homme correspond à l’homme parfait dépeint par Luc ;
  • l’aigle symbolise le Fils de Dieu venant du ciel présenté dans l’évangile selon Jean.

Notes

1Rappelons dans ce contexte que le nom “Ézéchiel” (1. 3 ; 24. 24) signifie “L’Éternel rend fort”.
2Voir note (D) de l’introduction.
3Ces expressions se trouvent respectivement 29 fois et 3 fois dans le livre de l’Ecclésiaste.
4Anthropomorphisme : tendance à concevoir la divinité à l’image de l’homme. C’est une grave erreur doctrinale.
5Même si la Babylonie se situe à l’est d’Israël, les attaques venaient du nord, parce que les armées chaldéennes étaient forcées de contourner le grand désert syrien pour atteindre le pays d’Israël.
6Les “animaux” (ou plutôt “êtres vivants”) se retrouvent à de nombreuses reprises dans l’Apocalypse : 4. 8, 9 ; 5. 6, 8, 11 ; 6. 1, 6, 7 ; 7. 11 ; 14. 3 ; 15. 7 ; 19. 4.

Ézéchiel 1

1Et il arriva en la trentième année, au quatrième [mois], le cinquième [jour] du mois, comme j’étais au milieu des captifsa, près du fleuve Kebar, que les cieux furent ouverts, et je vis des visions de Dieu. 2Le cinquième [jour] du mois (c’était la cinquième année de la déportation du roi Jehoïakin), 3la parole de l’Éternel vint expressément à Ézéchiel, le sacrificateur, fils de Buzi, dans le pays des Chaldéens, près du fleuve Kebar ; et la main de l’Éternel fut là sur lui.
4Et je vis, et voici, un vent de tempête venait du nord, une grosse nuée, et un feu qui s’entortillaitb ; et il y avait une splendeur tout autour, et de son milieu, du milieu du feu, [brillait] comme l’apparence de l’airain luisantc ; 5et, du milieu, la ressemblance de quatre animaux ; et voici leur aspect : ils avaient la ressemblance d’un homme ; 6et chacun d’eux avait quatre faces, et chacun avait quatre ailes ; 7et leurs pieds étaient droits, et la base de leurs pieds était comme la base du pied d’un veaud ; et ils étincelaient comme l’apparence du bronze poli ; 8et il y avait des mains d’homme sous leurs ailes sur leurs quatre côtés ; et ils avaient, les quatre, leurs faces et leurs ailes ; 9leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre ; ils ne se tournaient pas quand ils allaient : ils allaient chacun droit devant soi. 10Et la ressemblance de leurs faces était la face d’un homme ; et, les quatre, ils avaient la face d’un lion, à droite ; et, les quatre, ils avaient la face d’un boeuf, à gauche ; et, les quatre, ils avaient la face d’un aigle ; 11et leurs faces et leurs ailes étaient séparées par le haut : chacun avait deux [ailes] jointes l’une à l’autre, et deux qui couvraient leur corps. 12Et ils allaient chacun droit devant soi : là où l’Esprit devait aller, ils allaient ; ils ne se tournaient pas lorsqu’ils allaient.
13Et quant à la ressemblance des animaux, leur aspect était comme des charbons de feu brûlants, comme l’aspect de torches ; le [feu] courait entre les animaux ; et le feu avait de l’éclat, et du feu sortaient des éclairs. 14Et les animaux couraient et retournaient, comme l’aspect du sillon de l’éclair.

Notes

aailleurs : [ceux de] la déportation.

bou : qui s’entremêlait ; comp. Exode 9. 24.

csubstance inconnue ; peut-être un alliage d’or et d’argent.

dlitt. : la plante de leurs pieds était comme la plante du pied d’un veau.

(Traduction révisée)