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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 19. 1-10

Vers Jérusalem. Troisième étape

10. Zachée

Jéricho, ville maudite, est une image du monde sous la condamnation, dont le chef (Satan) s’oppose avec orgueil à Dieu et à ses élus. Pourtant, la grâce de Dieu y avait brillé, dans le salut de Rahab et de sa maison, au moment de la prise de la ville par JosuéJosué 6. 25. Plus tard, quand le peuple d’Israël s’enfonçait déjà dans l’apostasie, Élisée avait habité à Jéricho ; à cause de la malédiction, les eaux étaient mauvaises et la terre stérile. Le sel, apporté dans un vase neuf2 Rois 2. 19-22, avait assaini les eaux de manière permanente, selon la parole de l’Éternel prononcée par Élisée. L’énergie morale purifiante de la grâce ôte ainsi la malédiction par le sacrifice de Christ. Voilà précisément la base sur laquelle le salut est maintenant apporté à Zachée et à sa maison, au jour où Christ lui rend visite.

La grâce de Christ s’était déployée au voisinage de la ville de Jéricho pour la guérison et la conversion de l’aveugle Bartimée. Maintenant, la même grâce pénètre dans la ville pour atteindre un autre pécheur.

Jésus rencontre Zachée : versets 1-5

Zachée, dont le nom signifie “juste” ou “pur”, était chef des publicains, c’est-à-dire receveur des impôts pour le compte du gouvernement romain. Il partageait avec MatthieuMatthieu 9. 9-13 le triste privilège de rappeler au peuple de Dieu son esclavage aux nations, en conséquence de son infidélité. Bien qu’honnête et scrupuleux dans l’exercice de ses fonctions, il était détesté et méprisé de ses semblables (verset 7). Zachée était riche quant au monde (verset 2), mais pas encore riche quant à Dieu (12. 21). Petit de taille – expression de la faiblesse humaine naturelle pour saisir la bénédiction divine – il était grand d’ambition. Pécheur par nature comme chacun de nous, il avait toutefois une conscience délicate qui le rendait libéral à l’égard des pauvres et prêt à réparer ses torts vis-à-vis des autres. Mais tout cela ne pouvait le sauver. Zachée avait des besoins et désirait voir Jésus en dépit des obstacles que la foi surmonte toujours. Son énergie le porte à courir en avant sur le chemin de Jésus et à monter sur un arbre pour le voir. Ce n’est plus Adam qui se cache parmi les arbres du jardin pour échapper à la voix de sa propre conscience et à la présence de Dieu qu’il craignaitGenèse 3. 8-10. Au contraire, le cœur de Zachée le conduisait vers Christ simplement pour le voir sans même rien lui demander. C’est le premier mouvement de la foi vers le Sauveur, auquel celui-ci répond surabondamment.

Jésus voit Zachée sur le sycomore, comme, au début de son ministère, il avait vu Nathanaël sous le figuier, sondant l’état du cœur de tous les hommesJean 2. 25. Jésus l’appelle à descendre et à lui ouvrir sa maison. Il fallait que ce jour-là (un jour de grâce), le salut vienne à cette maison, dans la personne de Jésus qui apportait la grâce. Il fallait aussi que Jésus, chassé de Judée pour passer en Galilée, traverse la SamarieJean 4. 4 pour révéler la grâce à une femme misérable rencontrée au puits de Jacob. Le chemin tracé par Dieu pour le vrai Samaritain (10. 33) conduisait ainsi Christ de la gloire céleste (Jérusalem), aux profondeurs de la mort et de la malédiction de Dieu contre le péché (Jéricho). Là, il rencontre la dernière personne dont la Parole nous révèle la conversion avant la croix. Sur la croix, Jésus assure la paix au brigand repentant en ce même jour “d’aujourd’hui” (19. 5 ; 23. 43).

Jésus dans la maison de Zachée : versets 6-9

Zachée désirait recevoir Jésus dans sa maison, car c’est à lui et à sa famille que le salut est apporté. C’est ce qu’il fait avec joie (verset 6). Marthe avait déjà reçu le Seigneur à Béthanie (la maison de la grâce). Maintenant le Seigneur ne traverse plus seulement Jéricho. Il y demeure, et même, dans la maison d’un pécheur. Les hommes, indifférents ou remplis de propre justice, murmurent tous (verset 7 ; 15. 2). Mais Christ – car telle est la prérogative de la grâce – se révèle à tout pécheur qui le cherche, en renversant les préjugés, et en accomplissant des choses impossibles aux hommes (18. 25, 27).

Quelle différence entre ces deux hommes riches :

  • le chef du peuple abandonne Christ pour conserver ses richesses ;
  • Zachée reçoit Christ avec joie dans sa maison en acceptant le salut.

Tous deux étaient fils d’Abraham selon la nature ; seul le dernier devient fils d’Abraham par la foi, devant Dieu qu’il a cru et qui fait vivre les mortsRomains 4. 16, 17.

Jésus est venu pour chercher et sauver : verset 10

Le fondement de cette œuvre merveilleuse accomplie en Zachée, résume tout le message de la grâce apporté dans cet évangile : “le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu” (verset 10). Ce Jésus, que Zachée voulait voir, était devenu pour lui le Seigneur. Fils de Dieu de toute éternité, il venait dans ce monde comme Fils de l’homme. Ce n’était pas un titre, une position ou une gloire inférieurs à ceux de sa divinité : c’est la déclaration d’un droit à la domination universelle comme dernier Adam et second homme (22. 69) Daniel 7. 13 ; Matthieu 24. 30 ; Marc 14. 62.

Il était venu dans le monde1 Timothée 1. 15, parmi les siensJean 1. 11, pour y accomplir le grand mystère de la piété1 Timothée 3. 16. Il venait pour chercher, c’est-à-dire toucher le cœur des hommes perdus, brebis égarées (15. 4). Ce n’était plus Dieu descendant dans le jardin de la première création pour rencontrer Adam après sa chute ; c’était un Dieu Sauveur qui descendait en grâce pour chercher des âmes. Il venait aussi pour sauver, c’est-à-dire répondre aux besoins du cœur réveillé par sa grâce. Il “s’est donné lui-même en rançon pour tous” 1 Timothée 2. 6 ; en même temps “pour donner sa vie en rançon pour plusieurs” Matthieu 20. 28 ; Marc 10. 45. L’œuvre de Christ répond pleinement aux exigences de la justice de Dieu qui peut maintenant ouvrir les écluses de sa grâce, offerte à tous (c’est le côté de la propitiation). Cette œuvre est imputée en salut (sauver ce qui était perdu) à tous ceux qui se reconnaissent pécheurs devant Dieu à l’image du publicain (18. 13), de Bartimée (18. 42) ou de Zachée (19. 9). Par nature, tous les hommes sont morts et perdus2 Corinthiens 5. 14, 15 qu’ils aient conscience ou non du besoin de la repentance.

La droiture et la probité de Zachée ne lui conféraient pas le salut. Comme nous, seule, la foi en Christ l’a sauvé. Maintenant que nous lui appartenons, appliquons-nous soigneusement à produire des fruits pour Christ.

Luc 19

1 [Jésus] entra dans Jéricho, et il traversait [la ville]. 2Il y avait là un homme appelé Zachée : c’était un chef de publicainsA, et il était riche ; 3il cherchait à voir Jésus, qui il était ; mais il ne le pouvait pas, à cause de la foule, car il était de petite taille. 4Il courut en avant, monta sur un sycomore pour voir [Jésus], car il allait passer là. 5Quand Jésus fut venu à cet endroit, il leva les yeux, le vit et lui dit : Zachée, descends vite, car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. 6Vite, il descendit et le reçut avec joie. 7Voyant cela, tous murmuraient et disaient qu’il était entré chez un pécheurA pour y loger. 8Zachée, debouta, dit au Seigneur : Voici, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres ; et si j’ai fait tort à quelqu’un par une fausse accusation, je lui rends le quadruple. 9Jésus lui ditb : Aujourd’hui [le] salut est venu pour cette maison, vu que lui aussi est fils d’Abraham ; 10car le Fils de l’hommeA est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Notes

aou : s’étant levé.

bou : dit à son sujet.

(Traduction révisée)