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Le livre du prophète Ésaïe
Sondez les Écritures - 1re année

Ésaïe 59

Exhortations et conclusion

3. Description de l’état de péché du peuple : versets 1-8

Le principe fondamental posé ici est que Dieu n’a pas changé : il est toujours puissant pour délivrer, attentif à l’appel des siens. Seuls, les péchés et les iniquités du peuple font obstacle à son intervention en sa faveur. “Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais si quelqu’un est pieux envers Dieu et fait sa volonté, celui-là il l’écoute” Jean 9. 31.

Les versets 3 et 4 décrivent les péchés du peuple : violence, corruption, mensonge, choses qui se sont pleinement manifestées dans les accusations portées contre le Seigneur.

Les versets 5 et 6 dépeignent symboliquement l’état moral du peuple. Au lieu de détruire les oeufs des serpents, c’est-à-dire ce qui, en figure, vient du diable, ils les font éclore, à leur propre péril. Pour se vêtir, ils prennent des toiles d’araignées, vains efforts pour couvrir leur nudité morale et leurs actions (verset 6).

Nous comprendrons facilement ce langage symbolique, si nous regardons ce qui se passe autour de nous aujourd’hui. Tout ce qui contribue à détruire la crainte de Dieu et l’ordre moral établi par lui, forme la base des philosophies d’aujourd’hui. Les dérèglements, les débauches de toutes sortes sont comme les serpents que l’on fait éclore. Et pour justifier, pour couvrir, pour excuser tout cela, on parle de liberté, des droits de chacun à vivre comme il lui plaît : ce sont là des “toiles d’araignées”.

Pourrait-il en être autrement, quand personne ne recherche Dieu ?

4. Confession de cet état : versets 9-15

Le résidu fidèle a entendu ce réquisitoire et il en reconnaît le bien-fondé. Mais, bien que fidèle dans sa marche, il s’identifie au péché de la nation tout entière. C’est ce qui caractérise une vraie confession devant Dieu, laquelle ne consiste pas à juger que les autres sont seuls pécheurs, mais à reconnaître que la racine du mal est en nous et capable de porter toutes sortes de mauvais fruits. C’est la leçon que les douze tribus d’Israël apprirent après leur échec devant AïJosué 7, où, tandis que seul Acan avait “pris de l’anathème”, l’Éternel dit à Josué : “Israël a péché” Josué 7. 11.

C’est ce qu’avaient compris et réalisé Esdras, Néhémie et DanielEsdras 9. 5-15 ; Néhémie 9. 32-38 ; Daniel 9. 4-19 ; c’est aussi une des leçons du chapitre 5 de la première épître aux Corinthiens.

Ainsi, les fidèles mènent deuil quand ils entendent les paroles de l’Éternel, faisant leurs les transgressions et les paroles de mensonge du peuple tout entier (verset 12). L’aboutissement de la révolte du peuple (verset 13) a été la condamnation et le rejet du Messie, au mépris de toute droiture et de toute vérité (verset 14) Matthieu 27. 11-26.

5. Délivrance : versets 16-21

Car le motif final de la colère de Dieu est le rejet de Christ (verset 16). “Il s’étonna de ce qu’il n’y eût pas d’intercesseur”. En effet, le seul intercesseur ayant été crucifié, “il n’y a personne” (63. 5 ; 66. 4), mais la main du Puissant de Jacob a fortifié celui qui avait été rejetéGenèse 49. 24 et l’a délivré. Christ se présente alors, d’une part comme juge de ses adversaires (verset 18) et d’autre part, comme sauveur de ceux qui se repentent (verset 20). C’est pour cela que nous le voyons revêtir la justice comme une cuirasse (verset 17) ; il est éternellement “le saint et le juste” Actes 3. 14 et son activité en jugement reflète cet invariable caractère. Il met sur sa tête le casque du salut (verset 17), image de la fermeté de sa pensée en vue de la délivrance des siens. Enfin, il revêt les vêtements de la vengeance et de la jalousie (c’est-à-dire le souci des droits de Dieu) comme un manteau, car il doit briser les ennemis de son peuple et les soumettre avant d’entrer dans son règne.

Le chapitre s’achève par la mention de l’alliance que l’Éternel établira avec le résidu (chapitre 55). C’est une alliance éternelle, fondée sur la puissance du sang de ChristHébreux 13. 20.

Ésaïe 59

1Voici, la main de l’Éternel n’est pas devenue trop courte pour délivrer, ni son oreille trop pesante pour entendre ; 2mais vos iniquités ont fait séparation entre vous et votre Dieu, et vos péchés ont fait qu’il vous a caché sa face, pour ne pas écouter. 3Car vos mains sont souillées de sang, et vos doigts, d’iniquité ; vos lèvres ont dit des mensonges, votre langue a murmuré l’iniquité ; 4il n’y a personne qui invoque la justice, et personne qui plaide en jugement avec intégritéa ; on se confie dans le néantb et on parle avec fausseté ; on conçoit l’oppression et on enfante l’iniquité. 5Ils font éclore des œufs de serpent venimeux et ils tissent des toiles d’araignées : celui qui mange de leurs œufs mourra, et si l’on en écrase un, il en éclot un cobra. 6Leurs toiles ne deviendront pas des vêtements et ils ne se couvriront pas de leurs œuvres ; leurs œuvres sont des œuvres d’iniquité, et des actes de violence sont dans leurs mains. 7Leurs pieds courent au mal et se hâtent pour verser le sang innocent ; leurs pensées sont des pensées d’iniquité ; la destruction et la ruine sont dans leurs sentiers ; 8le chemin de la paix, ils ne le connaissent pas, et il n’y a pas de rectitude dans leurs voies ; ils ont perverti leurs sentiers ; quiconque y marche ne connaît pas la paixc.
9C’est pourquoi le juste jugement est loin de nous, et la justice ne nous atteint pas ; nous attendons la lumière, et voici les ténèbres ! la clarté, et nous marchons dans l’obscurité. 10Nous tâtonnons le long du mur comme des aveugles, nous tâtonnons comme si nous n’avions pas d’yeux ; nous avons trébuché en plein midi, comme au crépuscule ; au milieu de ceux qui se portent bien nous sommes comme des morts. 11Nous rugissons tous comme les ours et nous ne cessons de gémir comme les colombes : nous attendons le juste jugement, et il n’y en a pas ; le salut, et il est loin de nous. 12Car nos transgressions se sont multipliées devant toi, et nos péchés témoignent contre nous ; oui nos transgressions sont avec nous, et nos iniquités, nous les connaissons : 13se rebeller et mentir contred l’Éternel, se détourner dee notre Dieu, proférer l’oppression et la révolte, concevoir et énoncer du cœur des paroles de mensonge. 14Et le jugement est repoussé en arrière, et la justice se tient loin ; car la vérité a trébuché sur la place publique, et la droiture ne peut pas entrer. 15La vérité fait défaut, et celui qui se retire du mal devient une proie. Et l’Éternel l’a vu : ce fut mauvais à ses yeux qu’il n’y ait pas de juste jugement.
16Il vit qu’il n’y avait personne, et il s’étonna de ce qu’il n’y ait pas d’intercesseur ; alors son bras le sauva, et sa justice le soutint. 17Il revêtit la justice comme une cuirasse et [mit] un casque de salut sur sa tête. Il revêtit, comme un habit, les vêtements de la vengeance et se revêtit de jalousieA comme d’un manteauf. 18Il rendra [à chacun] selon sa conduite : la fureur à ses adversaires, à ses ennemis ce qu’ils méritent ; aux îles il rendra ce qu’elles méritent. 19Depuis le couchant ils craindront le nom de l’Éternel, et depuis le soleil levant, sa gloire. Quand l’ennemi viendra comme un fleuve, l’Esprit de l’Éternel lèvera un étendard contre lui. 20Le rédempteur viendra à Sion et vers ceux qui, en Jacob, reviennent de [leur] rébellion, dit l’Éternel. 21Quant à moi, c’est ici mon allianceA avec eux, dit l’Éternel : Mon esprit qui est sur toi, et mes paroles que j’ai mises dans ta bouche, ne se retireront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance, ni de la bouche de la descendance de ta descendance, dit l’Éternel, dès maintenant et à toujoursg.

Notes

alitt. : fidélité.

bailleurs : le vide.

ccité en Romains 3. 15-17.

dou : renier.

elitt. : d’après.

failleurs : robe ; voir 61. 10.

gcité en Romains 11. 26, 27.

(Traduction révisée)