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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 24. 36-43

La résurrection du Seigneur Jésus et son élévation dans la gloire

3. Jésus avec ses disciples à Jérusalem

Si le Seigneur reste caché au monde, il se manifeste aux siens. Lorsque les deux disciples d’Emmaüs racontent aux onze et aux autres les choses qui étaient arrivées, le Seigneur lui-même se trouve là au milieu d’eux.

Le Seigneur au milieu des disciples

La gloire du Sauveur ressuscité est manifestée par son omniprésence ; invisible en un instant à Emmaüs, il apparaît lui-même à Jérusalem, souhaitant la paix aux disciples assemblés : “Paix vous soit !” (verset 36). La salutation habituelle parmi le peuple d’Israël “Shalom” 1 Samuel 25. 6 est ici d’un prix particulier dans la bouche du Seigneur de paix2 Thessaloniciens 3. 16. Il venait de faire la paix par le sang de sa croixColossiens 1. 20 ; il est la paix de ses rachetésÉphésiens 2. 14, qui ont ainsi la paix avec Dieu par luiRomains 5. 1.

Dans la jouissance de cette paix et de la joie qu’apporte sa présence, le Seigneur veut être reconnu des siens comme l’Homme ressuscité, le même qui les aimait autrefois lorsqu’il était avec eux comme l’Homme abaissé. Les circonstances étaient bouleversées ; l’ancien ordre de choses avait pris fin à la croix pour être remplacé par quelque chose d’entièrement nouveau. Mais Christ lui-même, son amour fort comme la mort, sa fidélité, demeuraient inchangés. Pour nous maintenant, vingt siècles plus tard, la stabilité au milieu d’un monde qui chancelle se trouve encore dans sa personne bénie.

Les disciples ne sont pas préparés à supporter la gloire de Christ (verset 37). Il répond à la faiblesse de leur nature – ils étaient effrayés et remplis de crainte – en leur parlant et en se montrant à eux pour les rassurer et les réjouir.

Le Seigneur dans son corps glorieux

Le Seigneur lui-même était là, corporellement présent, dans un corps spirituel qui portait – et qui portera pour l’éternité – les marques des blessures de la croix. Les disciples n’avaient pas une vision en esprit ; son corps pouvait bien être touché (verset 39).

La vie de l’homme (le premier homme Adam, et toute sa descendance) est dans le sangLévitique 17. 11. Jésus, en venant dans ce monde, a participé pleinement à la nature humaine, “au sang et à la chair” Hébreux 2. 14, mais “à part le péché” Hébreux 4. 15. En donnant sa vie sur la croix, son sang a coulé : c’est la mort du corps.

En résurrection, le Seigneur reprend ce même corps et sa propre vie d’hommeJean 10. 18. Demeurant pour toujours un homme, il a quitté, par la mort de la croix, cette condition d’existence qu’il avait prise pour servir et mourir. Son corps d’homme ressuscité est maintenant spirituel1 Corinthiens 15. 44, car la vie n’est plus dans le sang : les fatigues, la faim et la soif ne sont plus sa part. Toutefois, ce corps spirituel peut être touché. N’ayant pas besoin de nourriture pour subsister, bien qu’encore sur la terre, le Seigneur peut manger devant ses disciples, pour les convaincre qu’il était bien corporellement au milieu d’eux.

Actuellement, les croyants se réunissent autour du Seigneur selon sa promesse : “Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux” Matthieu 18. 20. C’est une présence personnelle réelle, bien qu’invisible pour les yeux de nos corps, à la différence des disciples qui pouvaient voir et toucher le corps du Seigneur.

Les preuves de la résurrection du Seigneur

Jésus montre à ses disciples ses mains et ses pieds. Jean ajoute à cette scène le côté percéJean 20. 20. Avant que le résidu d’Israël reconnaisse son Messie rejeté, celui qu’ils ont percéZacharie 12. 10 et “les blessures dont il a été blessé dans la maison de ses amis” Zacharie 13. 6, les disciples ont devant eux la preuve ineffaçable de l’amour de leur Sauveur. Ils étaient, comme nous le sommes par grâce, au bénéfice de la déclaration prophétique : “Voici, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains” Ésaïe 49. 16.

Le Seigneur mange devant eux “un morceau de poisson cuit et quelque peu d’un rayon de miel” (verset 42). Ces aliments n’étaient pas autrefois offerts à l’Éternel. Les poissons purs avaient des nageoires et des écaillesLévitique 11. 9, 10, et pouvaient être mangés par le peuple. Le miel, symbole des affections humaines, n’était pas mauvais en soi, mais il ne pouvait pas être présenté sur l’offrande de gâteau. Il est remarquable que Luc, dont l’évangile présente la vie et le sacrifice de Christ comme cette offrande de gâteau, soit le seul qui mentionne le miel auquel a goûté le Sauveur ressuscité.

L’étranger céleste, “inconnu aux fils de sa mère” Psaume 69. 9, parfait dans ses affections humaines depuis son enfance (2. 51), mais toujours à l’étroit jusqu’au baptême de sa mort (12. 50), pouvait, après sa résurrection, donner libre cours à ses affections humaines. On retrouve cette touchante pensée dans le Cantique des cantiques ; l’appel du bien-aimé termine ainsi le troisième cantique de l’amour : “J’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel, j’ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, amis ; buvez, buvez abondamment, bien-aimés !” Cantique des cantiques 5. 1. C’est la joie goûtée, au temps du repos, lorsque le travail est terminé. Pour notre Sauveur bien-aimé, l’œuvre parfaite n’était-elle pas maintenant achevée ?

Les disciples établis comme témoins de la résurrection du Seigneur

Le Seigneur se manifeste ainsi, comme dira plus tard Pierre à Corneille, “non à tout le peuple, mais à des témoins qui avaient été auparavant choisis de Dieu, savoir à nous qui avons mangé et bu avec lui après qu’il eut été ressuscité d’entre les morts” Actes 10. 41.

Lorsqu’un témoignage officiel doit être rendu à la réalité de la résurrection de Christ, celui des femmes est passé sous silence, bien qu’elles aient été les premières à le voir vivant au premier jour de la semaine. Les hommes sont appelés à présenter ce témoignage au monde, et Dieu lui-même accrédite leur prédication1 Corinthiens 15. 3, 15.

Lorsqu’il s’agit de consoler les cœurs qui souffrent, l’heureuse part des saintes femmes entourant le sépulcre montre que le Seigneur a répondu d’abord à ceux (ou plutôt celles) qui étaient les plus proches de lui par leurs affections. Ce sont elles qui ont apporté aux disciples le premier témoignage de sa résurrection.

Ensemble, tous les croyants, hommes et femmes, sont des témoins pour Christ devant le monde.

Luc 24

36Comme ils disaient cela, Jésus se tint lui-mêmea au milieu d’eux et leur dit : Paix à vous ! 37Et eux, tout effrayés et remplis de crainte, croyaient voir un esprit. 38Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi des raisonnements s’élèvent-ils dans vos coeurs ? 39Voyez mes mains et mes pieds : c’est moi-même ! Touchez-moi et voyez : un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous constatez que j’ai. 40En disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. 41Et comme, de joie, ils ne croyaient pas encore et s’étonnaient, il leur dit : Avez-vous ici quelque chose à manger ? 42Ils lui donnèrent un morceau de poisson cuit et [quelque peu] d’un rayon de mielb ; 43il le prit et en mangea devant eux.

Notes

aou : se trouva lui-même là.

bqq. mss. omettent : et quelque peu d’un rayon de miel.

(Traduction révisée)