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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1re année

Luc 4. 14-30

L’introduction du Fils de Dieu dans son ministère public

3. Jésus à Nazareth

Généralités.

Le Seigneur avait victorieusement traversé l’épreuve sans que sa puissance ait été touchée : il était venu au désert “plein de l’Esprit” (verset 1), il s’en retourne en Galilée “dans la puissance de l’Esprit” (verset 14). Les versets 15 à 44 constituent un sommaire de l’activité du Seigneur dans son service. Il avait lié l’homme fort au désert, il peut alors piller ses biens et exercer la puissance dont il dispose en faveur de l’homme qui éprouve le joug de Satan et désire en être délivré.

Luc commence le récit du ministère public en Galilée au moment où Jean le Baptiseur est jeté en prison. Il passe ainsi sous silence les événements rapportés dans l’évangile de Jean : le choix des premiers disciplesJean 1. 35-50, la noce de CanaJean 2. 1-12, la purification du templeJean 2. 13-25, la rencontre avec NicodèmeJean 3. 1-21.

Jusqu’au chapitre 9 son ministère s’adresse essentiellement aux foules. Le messager céleste parcourt villes et villages de cette contrée (8. 1 ; 23. 5), prêchant l’évangile de la grâce. Ayant reçu des avertissements nombreux, que ses habitants avaient négligés, la Galilée n’est pas mentionnée en Actes 1. 8 lorsque le Seigneur établit le champ d’activité géographique de ses disciples.

Le service à Nazareth : versets 14-30

Luc place le Seigneur à Nazareth, la ville mépriséeJean 1. 46. Matthieu insiste au début de son ministère sur les miracles opérés, Marc sur l’enseignement qu’il dispense avec autorité, Jean sur les rencontres individuelles du Seigneur avec l’un ou l’autre. Pourquoi ces différences ? En Luc le Seigneur est le pauvre, le méprisé : « Le mystère de son abaissement s’ajoute à celui de son incarnation ». De plus, élevé à Nazareth, il convenait dans cet évangile du Fils de l’homme de le montrer témoignant dans son entourage immédiat. Un environnement particulièrement difficile. La Parole ne relate aucune conversion à Nazareth où l’indifférence était déjà développée (verset 24). L’opposition ouverte au premier message de la grâce annonce le rejet final du Seigneur et de sa parole. Mais son heure n’était pas venue, il échappe donc à ses adversaires (verset 30).

Entre-temps s’est déroulé l’épisode de la lecture dans la synagogue à Nazareth. C’était sa coutume de se rendre le jour du sabbat à la synagogue (verset 16). On y lisait la loi et les prophètes. On pouvait être invité à donner une parole d’exhortationActes 13. 15. Le Seigneur reçoit le rouleau1 du livre d’Ésaïe. Avec une simplicité qui nous confond, Luc écrit : “Il trouva le passage” (verset 17), lui, la parole de Dieu.

Selon un rituel élaboré par l’homme, le lecteur devait lire au moins trois versets. Bien souvent les trois premiers versets d’Ésaïe 61 avaient dû être lus. Mais jamais personne n’avait lu comme le Seigneur allait le faire : deux versets seulement car le troisième parlait de vengeance alors que c’était un jour de grâce. Le Seigneur ajoute ce qui n’avait jamais été dit jusque-là : “Aujourd’hui cette écriture est accomplie, vous l’entendant”. Il avait trouvé l’écriture du jour ; il n’en lut pas davantage mais quelle richesse dans ces deux versets ! On voit ainsi, que même dans une coutume détournée par l’usage, le Seigneur apporte l’onction de l’Esprit. Quel bel exemple de grâce pour nous !

“L’Esprit du Seigneur m’a oint”. Cette onction lui donne la puissance pour accomplir devant tous un ministère de grâceActes 10. 38. Au baptême de Jean, le Saint Esprit était descendu sur Jésus homme (3. 22) ; le Père montrait ainsi tout ce qu’il trouvait en lui personnellement. À Nazareth, l’onction de l’Esprit confirme ce qu’il est officiellement : l’Oint, l’envoyé de Dieu, le médiateur entre Dieu et l’homme, l’homme Christ Jésus1 Timothée 2. 5.

“Pour annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres” : l’évangile est d’abord annoncé aux pauvres, à ceux qui ressentent leurs besoins. Ce qui compte pour Dieu c’est qu’on éprouve sa pauvreté morale, qu’on soit matériellement dans l’indigence comme la veuve de Sarepta ou dans une grande richesse comme Naaman.

“Pour publier aux captifs la délivrance” : autrefois les sacrificateurs passaient dans le pays lors du jubilé en sonnant de la trompetteLévitique 25. 8-17 ; “pour publier l’an agréable du Seigneur” : la venue du Seigneur inaugurait cet an agréable.

Maintenant la délivrance était complète. À la rémission temporaire accordée sous la loi succédait une liberté inconnue jusqu’ici pour ceux qui se reconnaissaient devant Dieu moralement pauvres, captifs et aveugles : la liberté de la grâce évoquée par les apôtres Pierre et PaulActes 10. 34-42 ; 26. 18.

Le Seigneur prend deux exemples dans l’A.T. pour montrer que la grâce s’adresse à tous ceux qui ont le cœur brisé : au temps d’Élie, il y avait beaucoup de veuves en Israël, mais seule la veuve de Sarepta, comptée parmi les nations, crut la parole du prophète et vit la puissance de Dieu mise à sa disposition pour l’arracher à une scène de mort. À l’époque d’Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël mais seul Naaman, le Syrien, crut les paroles de l’homme de Dieu et fut guéri de la lèpre. Par la foi, le croyant échappe ainsi à la condamnation liée à la souillure du péché. Affirmer dans leur propre synagogue que les Juifs étaient spirituellement aveugles, sans ressources, qu’ils étaient moins sages qu’un lépreux des nations, leur était intolérable. Ils chassent Jésus de sa ville.

Notes

1Les manuscrits étaient alors des rouleaux de papyrus, plante aquatique dont on assemblait des rubans de 6 à 7 cm de large sur 30 à 40 cm de long. Celui d’Ésaïe découvert à Qûmran mesure 7, 34 m de long sur 25 cm de large ! Ces rouleaux étaient souvent conservés dans des jarres (Jérémie 32. 14).

Luc 4

14Et Jésus s’en retourna en Galilée, dans la puissance de l’Esprit ; et sa renommée se répandit par tout le pays d’alentour. 15Et lui-même enseignait dans leurs synagogues, étant glorifié par tous.
16Et il vint à Nazareth où il avait été élevéa ; et il entra dans la synagogue au jour du sabbat, selon sa coutume, et se leva pour lire. 17Et on lui donna le livre du prophète Ésaïe ; et ayant déployé le livre, il trouva le passage où il était écrit : 18“L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer de bonnes nouvellesb aux pauvres ; il m’a envoyé pour publier aux captifs la délivrancec, et aux aveugles le recouvrement de la vue ; pour renvoyer libres ceux qui sont foulés, 19et pour publier l’an agréable du Seigneur”d. 20Et ayant ployé le livre, et l’ayant rendu à celui qui était de servicee, il s’assit ; et les yeux de tous ceux qui étaient dans la synagogue étaient arrêtés sur lui. 21Et il se mit à leur dire : Aujourd’hui cette écriture est accomplie, vous l’entendantf. 22Et tous lui rendaient témoignage, et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient : Celui-ci n’est-il pas le fils de Joseph ? 23Et il leur dit : Assurément vous me direz cette parabole : Médecin, guéris-toi toi-même ; fais ici aussi dans ton pays toutes les choses que nous avons entendu dire qui ont été faites à Capernaüm. 24Et il dit : En vérité, je vous dis qu’aucun prophète n’est reçu dans son pays. 25Et, en vérité, je vous dis qu’il y avait plusieurs veuves en Israël, aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, de sorte qu’il y eut une grande famine par tout le pays ; 26et Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, sinon à Sarepta de la Sidonie vers une femme veuve. 27Et il y avait plusieurs lépreux en Israël au temps d’Élisée le prophète ; et aucun d’eux ne fut rendu net, sinon Naaman, le Syrien. 28Et ils furent tous remplis de colère dans la synagogue en entendant ces choses ; 29et s’étant levés, ils le chassèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu’au bord escarpé de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, de manière à l’en précipiter. 30Mais lui, passant au milieu d’eux, s’en alla.

Notes

alitt. : nourri.

bailleurs : évangéliser.

cplutôt : libération.

dÉsaïe 61. 1, 2.

eailleurs : serviteur, serviteur qui a un service spécial.

flitt. : dans vos oreilles.

(Traduction révisée)