Plusieurs milliers de pages accessibles en format adapté aux lecteurs dyslexiques. Essayer maintenant
Bannière
Seconde épître aux Corinthiens
Sondez les Écritures - 2e année

2 Corinthiens 11. 1-20

Les épreuves de Paul en face des opposants

Le sujet du chapitre 10 se poursuit ici ; toutefois, le danger qui menaçait les Corinthiens était plus sérieux qu’on pouvait le penser à priori. Aussi, l’apôtre hausse-t-il le ton, car ses craintes sont vives.

Paul n’avait jamais d’autre but que le bien des Corinthiens et la gloire de Dieu. Ses armes n’étaient pas charnelles, avait-il écrit (10. 4). Il va néanmoins en faire usage, c’est-à-dire qu’il va parler de lui, de son comportement envers eux, de ses titres naturels, de sa vie de service.

S’il se met sur le même terrain que ses adversaires, c’est, non seulement pour les convaincre avec leurs propres arguments, mais surtout pour gagner le cœur des Corinthiens. Quant à la chair et à ses privilèges naturels, en effet, Paul pouvait supporter la comparaison : il ne leur était en rien inférieur. Et quant au dévouement et aux souffrances pour Christ, il leur était grandement supérieur.

Le chapitre 11 présente trois sujets principaux très imbriqués :

  • Les Corinthiens en face de l’apôtre Paul : versets 1, 2, 5-11, 16, 17.
  • Les Corinthiens en face des faux prophètes : versets 3, 4, 12-15, 18-20.
  • Paul en face de ses adversaires, et les détails de la vie de souffrances de l’apôtre : versets 21-33.

Pour la clarté du commentaire, les deux premiers thèmes ont été regroupés en un seul paragraphe.

4. Paul, les Corinthiens et les faux prophètes (1) : 11. 1-6

Droits exclusifs de Christ sur leur cœur : versets 1, 2

Paul va donc se résoudre à parler de lui pour conserver la confiance des Corinthiens, que d’autres voudraient ravir. Il leur demande de le “supporter” lui aussi, eux qui étaient si facilement enclins à supporter n’importe qui et n’importe quoi (versets 4, 20).

Mais, pour Paul, parler de soi est une folie. Il va être volontairement et consciemment insensé. Pourquoi ? Parce qu’il est jaloux d’une jalousie de Dieu. Il est jaloux “pour Dieu”, de même qu’il avait supplié “pour Christ” (5. 20).

Loin de lui une jalousie pour lui-même ! Son propre intérêt n’a aucune importance. Même les sentiments des Corinthiens à son égard passent après leurs vrais intérêts et ceux du Seigneur. Tel est l’esprit d’un vrai conducteur. Moïse ne souhaitait pas qu’on soit jaloux pour luiNombres 11. 29, mais pour Dieu et pour sa gloire1.

Paul (verset 2) se place dans le rôle de parents qui présenteraient leur fille à un digne prétendant. Leur unique désir est la joie du mari et de leur fille, qu’ils lui donnent comme épouse. Ils ne pensent pas à eux, mais leur joie dépend du bonheur des époux. Ils estiment que le fiancé a droit à la chasteté de sa fiancée ; elle s’était conservée tout entière dans la pureté pour lui.

Ennemis subtils et dangereux : verset 3

Paul avait le “discernement d’esprit” 1 Corinthiens 12. 10. Sa clairvoyance contrastait avec l’insouciance des Corinthiens qui ne voyaient pas le danger. Attention, leur écrit-il, Satan a réussi au début à faire tomber l’homme ; il a détruit le travail du Créateur. Maintenant, il s’attaque au travail du Rédempteur.

Ce chapitre fait plusieurs fois référence aux récits du début de la Genèse :

  • verset 2 : Ève présentée à AdamGenèse 2. 22,
  • verset 3 : Satan séduisant la femmeGenèse 3. 6, 13.
  • verset 14 : Satan, ange de lumière, prenant la place de Dieu et prétendant détenir la véritéGenèse 3. 4.

Sa ruse n’a pas changé. Il conteste, il interprète et fausse les paroles de Dieu. Au début, Ève n’avait pas de pensée de contestation, pas de “pourquoi”. Mais Satan insuffle, suggère et, finalement, corrompt et détourne les pensées. De même, dès le début de l’Église, le diable s’est servi d’hommes corrompus, pour corrompre les autres1 Timothée 6. 5.

Veillons à ce que nos pensées aient la simplicité et la pureté de la colombe quant à Christ. Les pensées naturelles au cœur de l’homme sont très compliquées et s’accompagnent de “beaucoup de raisonnements” Ecclésiaste 7. 29. Au contraire, les croyants sont invités à être toujours “sages quant au bien, et simples quant au mal” Romains 16. 19.

Les deux seules fois où Ève est mentionnée dans le N.T. (verset 3) 1 Timothée 2. 14, c’est pour rappeler la victoire de Satan sur elle. Il s’attaque toujours aux faibles. Or les Corinthiens étaient encore bien faibles spirituellement.

Un travail de sape : verset 4

Tels que je vous connais, dit Paul, vous êtes capables de tout accepter. Il leur dévoile la nature du mauvais travail de ces ouvriers, qui attaquaient en bloc la base du christianisme. Ils prêchaient un autre Jésus, un esprit différent et un évangile différent.

  • “Un autre Jésus”, le fondement. Or, “personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ” 1 Corinthiens 3. 11. Un autre Jésus, c’était un Jésus légaliste selon la pensée de ces hommes judaïsants.
  • “Un esprit différent”. Or, l’Esprit divin est unÉphésiens 4. 4. Sa présence et son action dans un homme se reconnaissent par la confession du nom du Seigneur Jésus1 Corinthiens 12. 3 et de son incarnation1 Jean 4. 2, 3.
  • “Un évangile différent” n’est plus un évangile. Les Galates aussi étaient passés promptement à un évangile différent qui n’en est pas un autreGalates 1. 7.

Mais les Corinthiens n’étaient pas les seules victimes du travail de l’ennemi. Au commencement, le mal consiste à laisser faire, à “supporter”. Ce mot revient souvent (versets 4, 19, 20). Le reproche de supporter le mal en leur sein est aussi adressé aux assemblées à Pergame et à Thyatire. On prête d’abord une oreille complaisante et on finit par se laisser convaincre, exactement comme Ève autrefois. La chair est toujours attirée par les nouveautés. On le voit bien chez les AthéniensActes 17. 19-21.

Sachons bien que notre vieille nature est toujours tentée de recevoir les fausses doctrines et les faux docteurs. Le Seigneur l’avait nettement déclaré aux Juifs : “Moi je suis venu au nom de mon Père et vous ne me recevez pas ; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez” Jean 5. 43. Et ce mal n’est pas nouveau. Déjà le prophète Jérémie disait : “Une chose étonnante et horrible est arrivée dans le pays : les prophètes prophétisent avec mensonge et les sacrificateurs dominent par leur moyen, et mon peuple l’aime ainsi” Jérémie 5. 30, 31.

Une transparence complète : versets 5, 6

“Je n’ai été en rien moindre que les plus excellents apôtres”.

Ne voyons pas le moindre orgueil dans ce propos, répété deux fois (verset 5 ; 12. 11). Pour faire contrepoids dans l’esprit des Corinthiens, Paul utilise les méthodes de ses opposants. Il les nomme ironiquement, “les plus excellents apôtres”. Il ne s’agit probablement pas des vrais apôtres, c’est-à-dire des douze, qui n’étaient pas connus des Corinthiens. Par rapport à ces derniers, Paul se nomme, au contraire, “le moindre des apôtres” 1 Corinthiens 15. 9, et même “le moindre de tous les saints” Éphésiens 3. 8.

Mais il ne renie pas ses capacités naturelles et surtout pas celles conférées par la grâce de Dieu, dont il parlera plus loin (verset 6). Si Paul avait obtenu une grande connaissance par son éducation, il en avait reçu une autre divinement, par révélation.

Il ne conteste pas son absence d’éloquence, comme il n’avait pas nié la chétivité de son apparence (10. 1). Mais on devait reconnaître la supériorité de sa connaissance. Celle-ci, bien qu’incomprise, était notoire, même pour les grands de ce monde. Le gouverneur romain Festus lui dira plus tard : “Ton grand savoir te met hors de sens” Actes 26. 24. Paul restait pourtant humble, car il ajoute : “Quoique je ne sois rien” (12. 11). Nous avons déjà noté qu’il se reconnaissait incapable de penser quoi que ce soit par lui-même, c’est-à-dire par son ancienne nature. Sa seule capacité venait de Dieu (3. 5). De ce fait, tout ce qu’il pensait pouvait être déclaré. Il était comme une maison de verre. Il n’avait rien à cacher :

  • quant à lui-même : “manifesté de toute manière”,
  • quant à son travail : “manifesté en toutes choses”.

Notes

1Au sujet de la jalousie de Dieu, on peut rappeler : Exode 34. 14 ; Deutéronome 5. 9 ; Deutéronome 6. 15 ; Josué 24. 9 ; 1 Corinthiens 10. 22.

2 Corinthiens 11

1Je voudrais que vous supportiez un peu ma folie ! Mais aussi supportez-moi. 2Car je suis jaloux à votre égard d’une jalousie de Dieu ; car je vous ai fiancés à un seul mari, pour vous présenter au Christ comme une vierge chaste. 3Mais je crains que, en quelque manière, comme le serpent séduisit Ève par sa ruse, ainsi vos pensées ne soient corrompues [et détournées] de la simplicité quant au Christ. 4Car si celui qui vient prêche un autre Jésus que nous n’avons pas prêché, ou que vous receviez un esprit différent que vous n’avez pas reçu, ou un évangile différent que vous n’avez pas reçu, vous pourriez bien [le] supporter. 5Car j’estime que je n’ai été en rien moindre que les plus excellents apôtres. 6Et si même je suis un homme simple quant au langage, je ne le suis pourtant pas quant à la connaissance ; mais nous avons été manifestés de toute manière, en toutes choses, envers vousa. 7Ai-je commis une faute en m’abaissant moi-même, afin que vous soyez élevés, parce que je vous ai annoncéb gratuitement l’évangile de Dieu ? 8J’ai dépouillé d’autres assemblées en recevant un salaire pour vous servir. 9Et me trouvant auprès de vous et dans le besoin, je n’ai été à charge à personne ; (car les frères venus de Macédoine ont suppléé à mes besoins ;) et je me suis gardé de vous être à charge en quoi que ce soit, et je m’en garderai. 10Comme la vérité de Christ est en moi, cette gloire ne me sera pas interdite dans les contrées de l’Achaïe. 11Pourquoi ? Est-ce parce que je ne vous aime pas ? Dieu le sait. 12Mais ce que je fais, je le ferai encore, pour retrancher l’occasion à ceux qui veulent une occasion, afin qu’en ce de quoi ils se glorifient, ils soient trouvés aussi tels que nous. 13Car de tels hommes sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, se transformant en apôtres de Christ ; 14et ce n’est pas étonnant, car Satan lui-même se transforme en ange de lumière : 15ce n’est donc pas chose étrange si ses ministres aussi se transforment en ministres de justice, desquels la fin sera selon leurs œuvres.

16Je le dis encore : que personne ne me tienne pour un insensé ; ou bien, s’il en est autrement, recevez-moi, même comme un insensé, afin que moi aussi je me glorifie un peu. 17Ce que je dis, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme un insensé, dans cette assurance [dont j’use] en me glorifiant. 18Puisque plusieurs se glorifient selon la chair, moi aussi je me glorifierai. 19Car vous supportez volontiers les insensés, étant sages vous-mêmes. 20Car si quelqu’un vous asservit, si quelqu’un vous dévore, si quelqu’un prend votre bienc, si quelqu’un s’élève, si quelqu’un vous frappe au visage, vous le supportez.

Notes

aou : à vous, ou : devant vous.
blitt. : évangélisé.
cou : vous prend.

(La Bible - Traduction J.N. Darby)