Les psaumes 56 à 60 sont des “Mictam”. Ils constituent un ensemble où, par la voix de David, les affligés expriment leurs exercices de cœur et leur confiance en Dieu, leur refuge. Ils illustrent les sujets des deux derniers versets du psaume 55 : l’Éternel soutient le juste ; il détruit ses ennemis.
Les expériences de David qui, pour échapper à Saül, s’était enfui à Gath chez les Philistins1 Samuel 21. 11-16, sont le sujet de ce psaume 56. Saül ne le poursuivait plus à Gath, mais les habitants du pays reconnurent en lui le vainqueur de Goliath1 Samuel 18. 6, 7. David, comprenant alors qu’il ne pouvait trouver un abri dans un monde ennemi de Dieu et de son peuple, se sauva dans la caverne d’Adullam. Là, Dieu lui donna pour compagnons tous ceux qui étaient dans la détresse, et il fut leur chef1 Samuel 22. 1-4.
La crainte de Saül avait conduit David à Gath ; sa frayeur devant Akish le conduisit à faire l’insensé. C’est l’aboutissement d’un chemin qui éloigne de Dieu, car ce n’est pas le chemin de la foiHébreux 11. 6.
Dans cette circonstance, David n’honora pas le nom de l’Éternel et se déshonora lui-même devant le monde. N’est-ce pas une chose insensée que de chercher refuge auprès des hommes et, plus encore, auprès des ennemis de Dieu ?
Délivré de la menace d’Akish, David, objet de la miséricorde de Dieu, fait appel à sa grâce. David était un homme “ayant les mêmes passions que nous” Jacques 5. 17, bien qu’il fût un homme de foi. Ses défaillances nous instruisent sur ce que nous sommes nous-mêmes : “Nous faillissons tous à plusieurs égards” Jacques 3. 2.
Mais nous apprenons que notre Dieu est “plein de compassion et miséricordieux” Jacques 5. 11. Nous pouvons alors, comme David, nous confier en lui au jour de la détresse.
Le psalmiste loue la parole de Dieu. Elle est l’expression de ses pensées de grâce à l’égard des fidèles, elle est le guide de leurs pasPsaume 119. 9, 24, 105, 130.
Combien est digne de confiance celui qui nous révèle ainsi son amour et sa puissance ! S’il se confie en Dieu, le fidèle se dit : “Que me fera la chair ?” “Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent pas tuer l’âme”, dit le Seigneur JésusMatthieu 10. 28.
Les ennemis sont nombreux, ils s’assemblent contre le fidèle et guettent sa vie. Ainsi faisait Saül lorsqu’il poursuivait David. Mais qu’étaient Saül et les siens ? Ils n’étaient que des hommes. L’expérience du psalmiste est semblable à celle d’Ézéchias devant Sankhérib : Avec nous, dit-il au peuple de Jérusalem, il y a plus qu’avec lui : car avec lui (Sankhérib), est un bras de chair, mais avec nous est l’Éternel notre Dieu2 Chroniques 32. 7, 8.
La parole de Dieu est notre ressource, et “si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?” Il justifie, qui est celui qui condamne ? Romains 8. 31-39 Le fidèle a, de plus, l’heureuse certitude d’être sous le regard de Dieu. Si l’ennemi observe ses pas, Dieu les compte. Job, dans son épreuve, disait : “Il connaît la voie que je suis ; il m’éprouve, je sortirai comme de l’or” Job 23. 10.
Les larmes mêmes du fidèle ont du prix pour Dieu ; il conserve le témoignage des souffrances des saints, endurées pour son nom.
Cela nous fait penser aux larmes du Seigneur Jésus. Homme de douleurs, il pleura sur la destruction de Jérusalem ; il pleura aussi en sympathie avec ceux qui étaient dans le deuil, et encore “durant les jours de sa chair”, à GethsémanéLuc 19. 41 ; Jean 11. 35 ; Hébreux 5. 7. Le psaume 69 nous parle de ses pleurs devant les outrages faits à Dieu (verset 11). Ces larmes ont une valeur éternelle pour le cœur de Dieu. Elles sont écrites dans son livre, en témoignage des souffrances qui furent la part de Christ avant qu’il n’entre dans sa gloire.
Ainsi chaque pas du fidèle, chacune de ses tristesses, dans l’obéissance à Dieu, sont consignés dans le ciel : il peut dire alors, en pleine assurance : Dieu est pour moi !
L’homme dont il est question ici est celui qui ne se confie pas en Dieu ; c’est l’incrédule, qui peut manifester son hostilité envers le croyant. La ressource de ce dernier est toujours en Dieu et en sa Parole. Ici, le nom de l’Éternel, le Dieu de l’alliance, est mentionné pour rappeler au fidèle de la grande tribulation que les promesses divines sont immuables.
Nous avons vu au psaume 50, que Dieu fait voir son salut à celui qui met sa vie en règle : n’est-ce pas l’expérience qu’a faite David à Gath ?
Sauvé, il offre à Dieu, dans la reconnaissance de son cœur, des sacrifices de louange. Dieu a délivré son âme de la mort, il se confie maintenant en lui pour être gardé fidèle dans toute sa conduite.
Et nous qui, par la foi au Seigneur Jésus, avons reçu la vie éternelle, n’oublions pas qu’il nous convient désormais de vivre d’une manière digne de lui, pour lui plaire à tous égards, en ne vivant plus pour nous-mêmes, mais pour celui qui pour nous est mort et a été ressuscitéColossiens 1. 9, 10 ; 2 Corinthiens 5. 15.