Plusieurs milliers de pages accessibles en format adapté aux lecteurs dyslexiques. Essayer maintenant
Bannière
Épître aux Philippiens
Sondez les Écritures - 3e année

Philippiens 2. 1-4

Exemples de dévouement

1. Ayez une même pensée : versets 1-4

Nos ressources en Christ : verset 1

L’apôtre énumère tout ce qu’il avait reçu des Philippiens, fruit d’un réel intérêt pour lui et pour l’œuvre de Dieu, dont la preuve était l’arrivée d’Épaphrodite lui-même, porteur d’un don de leur part (4. 15-17). La conjonction “si” quatre fois répétée introduit non une supposition mais une démonstration, elle signifie “puisque”. Les quatre caractères nommés font allusion à ce don et, plus largement, à nos ressources en Christ :

  • La consolation de Christ est celle dont nous jouissons dans les épreuves et les combats, en réalisant sa proximité et sa fidélité constante. A la fin de sa vie, Paul dira : “Le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié” 2 Timothée 4. 17. Cet encouragement est la conséquence de son intimité avec lui. Quand les souffrances abondent, les consolations de Christ et celles des frères et sœurs abondent aussi2 Corinthiens 1. 4, 5. Onésiphore, qui a souvent réconforté l’apôtre, en est un bel exemple2 Timothée 1. 16. Ce fut aussi le cas de Barnabas, dont le nom signifie “fils de consolation” Actes 4. 36.
  • Le soulagement d’amour englobe tout encouragement produit par l’amour : un sourire, une épaule sur laquelle on s’appuie pour pleurer, une simple présence, comme celle des frères de Rome aux Trois-Tavernes à la rencontre de Paul qui a repris courage et rendu grâces à DieuActes 28. 15. Aller ainsi les uns vers les autres est une manière de veiller à ce que personne ne manque de la grâce de DieuHébreux 12. 15.
  • La communion de l’Esprit : le Saint Esprit est le lien des relations entre croyants. Ne sont-ils pas un seul corps parce que le Saint Esprit est en eux ? 1 Corinthiens 12. 13 Mais si des disputes et des dissensions surviennent, l’Esprit est attristé et la communion interrompue.
  • Tendresse et compassion ou affection et miséricorde, sont les sentiments du Seigneur en faveur des foules fatiguées et disperséesMatthieu 9. 36, ou d’une pauvre veuve affligéeLuc 7. 13… Si j’ai personnellement goûté la compassion du Seigneur, je pourrai la témoigner à d’autres.

Quatre caractères de l’unité : verset 2

Les frères de Philippes avaient bien manifesté de tels caractères vis-à-vis de Paul, mais n’y avait-il pas dans leur assemblée des germes de division ? Ce n’était peut-être que le problème entre Évodie et Syntyche. Or un peu de levain fait lever toute la pâte1 Corinthiens 5. 6 ; Galates 5. 9. Toute l’assemblée était donc en danger. Ainsi une querelle, non réglée devant Dieu, peut avoir de terribles conséquencesProverbes 17. 14. Aussi Paul les exhorte-t-il à le rendre parfaitement, complètement heureux en vivant en harmonie. Il parle de quatre aspects de l’unité :

  • Avoir une même pensée, qui fut celle de Christ (verset 5), à savoir l’humilité. Christ lui-même en est le centre.
  • Un même amour : aimer comme Christ, selon tous les caractères de l’amour décrits en 1 Corinthiens 13.
  • Un même sentiment, une même âme : comme les premiers chrétiensActes 4. 32. Du mot grec vient le mot français : symphonie. On ne peut imaginer un orchestre où chaque instrument jouerait sa propre mélodie. Mais quand tous les musiciens obéissent au chef et suivent leur partition, quelle harmonie !
  • Pensant à une seule et même chose : à Christ lui-même, pour la gloire de Dieu. Paul n’avait qu’un but (3. 14). Quel est notre but ? Si chacun de nous tend vers Christ, nous réaliserons ensemble les vrais caractères de l’unité. Remarquons que l’unité n’est pas l’uniformité, qui est produite par une contrainte extérieure due à un esprit légaliste et a pour conséquence l’intolérance et l’orgueil spirituelColossiens 2. 20-23.

Quatre obstacles à l’unité : versets 3, 4

  • 1. L’esprit de parti ou de rivalité est une des œuvres de la chairGalates 5. 20. Cet esprit animait certains frères qui annonçaient l’évangile (1. 17). Il minait aussi l’assemblée de Corinthe1 Corinthiens 1. 12 : les uns étaient pour Paul, d’autres pour Apollos, et d’autres encore pour Christ, dont ils faisaient ainsi un chef de parti. Quand l’homme est mis en avant, Christ est rejeté à la dernière place ! Facilement nous prenons comme directeur un serviteur de Dieu dont nous avons beaucoup reçu, sans d’ailleurs qu’il le veuille. Dieu condamne cette manière d’agir. Attachons-nous au Seigneur de tout notre cœurActes 11. 23, tout en reconnaissant chaque serviteur comme un cadeau du Seigneur pour notre croissanceÉphésiens 4. 11.
  • La vaine gloire : l’esprit de parti est souvent le symptôme de ce péché que le Seigneur a vigoureusement dénoncé. La vaine gloire est le désir de briller, de paraître plus que ce qu’on est réellement. Elle pervertit la vie chrétienne : par exemple donner l’aumône ou prier ou jeûner pour être vu des hommesMatthieu 6. 1 et non par amour pour le Seigneur. On essaie de se hausser sur la pointe des pieds, en oubliant que personne ne peut ajouter une coudée à sa tailleMatthieu 6. 27 et que Dieu seul nous donne notre dignitéPsaume 3. 3 b. La vaine gloire est comme un ballon de baudruche que l’on gonfle, gros mais vide et fragile ! C’est de l’énergie dépensée en pure perte.
  • L’absence d’humilité (verset 3) : l’humilité est la grande leçon du chapitre. Au lieu de regarder au Seigneur, le chrétien peut être occupé de lui-même et de son travail, en oubliant qu’il n’est qu’un objet de grâce et que son énergie, son intelligence lui ont été données par Dieu1 Corinthiens 4. 7. Être occupé de soi-même entraîne un esprit de comparaison, qui se transforme en esprit de compétition. Ainsi les disciples se disputaient pour savoir qui serait le premier, le plus grandMarc 9. 34 ; Luc 22. 24. Ne leur ressemblons-nous pas quelquefois ?
  • Le manque d’estime l’un pour l’autre (versets 3, 4) : estimer son frère supérieur à soi-même et chercher l’intérêt d’autrui avant le sien propre est contre le penchant naturel de l’homme, et ne peut se réaliser que dans la communion du Seigneur. Quand le Seigneur invite Pierre à le suivre, celui-ci l’interroge sur le sort de Jean. “Que t’importe ! Toi, suis-moi”, lui répond le MaîtreJean 21. 22. Il ne l’invite pas à une vie égoïste, sans intérêt pour les autres, mais il l’engage à cerner ses priorités. Près de lui, je me verrai tel que je suis, je verrai aussi l’œuvre de Christ en mon frère et par lui. Un intérêt réciproque se manifeste dans une vie chrétienne harmonieuse, pour la gloire de Christ. Ainsi Paul, malgré les graves problèmes des Corinthiens, pouvait rendre grâces au sujet de ses frères et œuvrer pour leur bien1 Corinthiens 1. 4.

Philippiens 2

1Si donc il y a quelque consolation en Christ, si quelque soulagement d’amour, si quelque communion de l’Esprit, si quelque tendresse et quelques compassions, 2rendez ma joie accomplie [en ceci] que vous ayez une même pensée, ayant un même amour, étant d’un même sentiment, pensant à une seule et même chose. 3 [Que] rien [ne se fasse] par esprit de parti, ou par vaine gloire ; mais que, dans l’humilité, l’un estime l’autre supérieur à lui-même, 4chacun ne regardant pas à ce qui est à lui, mais chacun aussi à ce qui est aux autres.

(La Bible - Traduction J.N. Darby)