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L'Assemblée du Dieu vivant
A. Gibert

Aussi, pour commencer par un point trop souvent traité à la légère, devons-nous rejeter toute appellation par laquelle nous consacrerions une division de plus de l’Église. Quand d’autres chrétiens se disent catholiques, protestants, calvinistes, luthériens, méthodistes, baptistes, etc., ils sont logiques, ils portent le nom de leur église. Mais nous ne connaissons d’Église que la seule Assemblée de Dieu. Nous ne pouvons pas porter un nom que ne puissent porter tous les enfants de Dieu. Que le monde, religieux ou non, appelle de tels croyants comme il l’entend, c’est son affaire, et les surnoms, souvent moqueurs, n’ont jamais manqué dans l’histoire du peuple de Dieu. Mais reconnaître une appellation distincte serait nier le principe de l’unité qui est celui du rassemblement chrétien. Quand l’apôtre Paul reprochait aux Corinthiens de se dire l’un de Paul, l’autre d’Apollos, l’autre de Céphas, l’autre de Christ, il protestait, disant : “Le Christ est-il divisé ?” (1 Corinthiens 1. 12).

Le Nouveau Testament parle de “chrétiens” (Actes 11. 26 ; 26. 28 ; 1 Pierre 4. 16). Encore ce nom était-il donné par d’autres, peut-être en dérision. Plût à Dieu que notre témoignage soit tel que tout naturellement on nous qualifie de ce nom, le nom de ceux qui suivent Christ !

Il est souvent parlé de “disciples” dans les Actes. Soyons de fidèles disciples de la Parole de Dieu, obéissant de cœur à la forme de doctrine dans laquelle nous avons été instruits (Romains 6. 17), la “doctrine du Christ” (2 Jean 9).

Les épîtres parlent de “saints”. Nous oserions à peine employer ce nom que l’apôtre inspiré applique cependant aux chrétiens de Corinthe et des autres assemblées locales, les “assemblées des saints” (1 Corinthiens 14. 33 ; Romains 1. 7 ; 1 Corinthiens 1. 2 ; 2 Corinthiens 1. 1 ; Éphésiens 1. 1 ; Philippiens 1. 1, etc.). Il arrive que certains abusent de ce terme sans discernement suffisant ; en particulier, quand il est utilisé devant des inconvertis, il peut prêter à confusion ou même donner prétexte à “scandale”. Souvenons-nous comment notre Maître a agi en Matthieu 17. 27. Tels sont pourtant, par grâce, tous les rachetés de Christ, saints par l’appel de Dieu et en vertu de l’œuvre de Christ : aussi sommes-nous exhortés à vivre “comme il convient à des saints” (Éphésiens 5. 3).

Mais, tout au long de l’histoire rapportée par les Actes des Apôtres, et sans cesse dans les épîtres, c’est le nom de “frères” qui revient. Christ n’a pas honte d’appeler ainsi ceux que lui-même sanctifie : ils sont des “frères saints, participants à l’appel céleste” (Hébreux 2. 11 ; 3. 1). Les noms de frères et sœurs conviennent dans la famille de Dieu, leur emploi doit être courant entre enfants de Dieu. Nous n’avons pas à en chercher d’autres. Encore moins à en revendiquer l’usage exclusif : nous n’oublierons pas en le faisant le grand nombre de ceux qui, enfants de Dieu au même titre que nous, nous sont inconnus parce que disséminés dans le monde christianisé, et nous éprouverons dans nos cœurs le sentiment douloureux mais nécessaire de la famille incomplètement rassemblée.

Mettre en pratique les enseignements de la Parole de Dieu quant au rassemblement des croyants, ce n’est nullement constituer un nouveau groupe, dénommé “les frères” ou “l’assemblée des frères”, mais se rencontrer comme “des frères et sœurs” que la grâce rassemble, en un temps où les enfants de Dieu sont dispersés.