La Bonne Semence
Dans l’antiquité biblique, le jardin est un espace délimité, protégé des regards et du monde, un lieu à part, secret, préservé pour la rencontre. C’est ce que suggère le Cantique des cantiques : “Que mon bien-aimé vienne dans son jardin, et qu’il mange ses fruits exquis !” (4. 16). La bien-aimée est elle-même comparée à “un jardin clos, une source fermée, une fontaine scellée” (4. 12), réservée pour son fiancé.
C’est au tout début de la Genèse que l’on trouve la première mention d’un jardin, celui d’Éden, lieu du commencement de l’humanité. Ce paradis terrestre – Éden signifie “délices” – est le délice de Dieu : sa créature y est comblée. Le bonheur de Dieu est le bonheur de l’homme, et réciproquement. “La gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu.”
Lieu de rencontre, le jardin peut cependant aussi être un lieu de mauvaises rencontres. C’est ce qui arrive dans le jardin d’Éden (Genèse 2-3) : l’être humain se laisse tenter par la révolte contre Dieu. Le diable, entré en scène, fait miroiter au premier couple humain la possibilité d’être “comme des dieux”. Alors Adam et Ève seront chassés du paradis terrestre. Ainsi commence la longue histoire du mal… et du salut de Dieu.