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Épître à Tite
Sondez les Écritures - 4ème année

Introduction
Philippe Laügt : Chapitres 1 à 3
Étienne Laügt : Chapitres 1 à 3

Tite, le destinataire de l’épître

Tite fut gagné à Christ, semble-t-il, par le ministère personnel de Paul (1. 4). Il était grec [Gal. 2. 3]. Paul précise qu’il ne le fit pas circoncire, malgré les pressions des frères judaïsants, “afin que la vérité de l’évangile demeurât avec eux” [Gal. 2. 5]. Cette question de la circoncision est donc clairement résolue par ce refus.

Son nom ne figure pas dans les Actes, mais on le trouve une douzaine de fois dans les épîtres (de Paul, seulement) : en 2 Corinthiens (8 fois : 2. 13 ; 7. 6, 13, 14 ; 8. 6, 16, 23 ; 12. 18) ; en Galates (2 fois : 2. 1 et 3) ; en 2 Timothée (1 fois : 4. 10), et ici, en Tite 1. 4.

L’apôtre l’avait en haute estime. C’était un homme de confiance qui avait été chargé par Paul de s’occuper d’une affaire d’argent. Il avait aidé à régler les affaires épineuses de l’assemblée à Corinthe. Ce faisant, il montra sa clairvoyance, son tact et sa capacité à exercer une direction spirituelle efficace. Étant donné la difficulté de la tâche à accomplir en Crète, Paul le choisit, reconnaissant ses compétences.

Il peut être considéré, avec Timothée, comme le fils spirituel de l’apôtre. Ici, dans la lettre qu’il lui adresse, Paul l’appelle son “véritable enfant selon la commune foi” (1. 4). En 2 Corinthiens 2. 13, il l’appelle “Tite, mon frère”, puis “mon associé et mon compagnon d’œuvre auprès de vous” (8. 23).

Paul, qui connaissait les désordres graves qui sévissaient dans l’assemblée à Corinthe, y envoie Tite, après leur avoir adressé la première lettre. Les Corinthiens furent touchés. Tite peut alors rapporter à Paul des nouvelles réconfortantes [2 Cor. 7. 6, 13]. Tite se montre très zélé pour s’acquitter de la tâche que l’apôtre lui a confiée : s’occuper de la collecte [2 Cor. 8. 16-17].

Il accompagne Paul et Barnabas à Jérusalem, et assiste à un concile important pour la défense de la foi dans les assemblées naissantes [Gal. 2. 1-3].

Tite n’est plus mentionné jusqu’à la première captivité de Paul. À la fin de sa vie, Paul énumère ses collaborateurs, dont Tite qui, sur la demande de l’apôtre se rend en Dalmatie [2 Tim. 4. 10].

Circonstances de l’épître

La lettre a été écrite sans doute deux ou trois ans après la première captivité romaine de Paul (ayant pris fin en 62) ; en effet, ce dernier n’a pas évangélisé la Crète dans le cadre du livre des Actes. Il n’y avait séjourné que peu de temps, comme prisonnier, lors de son voyage à Rome [Act. 27. 7, 8]. Paul a donc laissé Tite dans l’île (où il a sans doute lui-même évangélisé) pour y “mettre en ordre” les assemblées (comp. 1 Tim. 1. 3).

Lui-même a dû retourner à Éphèse, puis aller en Épire, à Nicopolis (3. 12). C’est peut-être de là qu’il écrit à Timothée (1ère épître) et à Tite, en 64 ou 65. Ces deux épîtres d’ailleurs, sont littérairement et moralement très proches. Ce ne sont pas de simples lettres personnelles ; elles sont comptées parmi les épîtres de Paul dites “pastorales”1, c’est-à-dire destinées à transmettre un message à toute l’Église, au sujet de l’organisation et de la discipline qui doivent y être mises en œuvre.

Buts de l’épître

Paul demande à Tite de mettre du bon ordre dans les assemblées2 en Crète. Pour cela, il donne des instructions sur la vie de l’assemblée (ch. 1), la vie de la famille de la foi (ch. 2), la vie sociale (ch. 3).

Ce sont des sujets importants, dont il ne faut négliger aucun aspect. Car nous pourrions nous montrer très attentifs à notre comportement dans l’assemblée et, en même temps, être très négligents dans notre cercle de famille ou dans nos relations à l’égard de ce monde. Cette négligence dans notre vie privée conduit à l’hypocrisie : un comportement public aimable peut cacher une conduite médiocre dans la vie privée. N’est-ce pas une cause importante de faiblesse dans la vie collective des croyants ?

Paul insiste donc sur la vie chrétienne pratique : bonne conduite morale ; (bonnes) œuvres (mentionnées huit fois dans cette courte épître3). Il rattache ses exhortations à la saine doctrine, au sain enseignement (dont on trouvera ici dix mentions).

La situation en Crète était difficile, car les fausses doctrines abondaient : 1. 10, 14 ; 3. 9. Le but principal de l’épître est donc que la foi enseignée soit mise en évidence par une foi vécue (la piété). La relation entre la vérité et la piété est établie à plusieurs reprises :

– si la vérité n’est pas maintenue, la piété fera certainement défaut ;

– si la piété manque, la vérité ne tardera pas à être laissée de côté.

Autrement dit, quand il y a de la négligence dans la doctrine, il y en a aussi dans la conduite. Au contraire, on peut se montrer en même temps très exigeant pour la doctrine et laxiste dans sa propre conduite… Jamais plus que de nos jours la piété, d’une manière pratique, n’a été nécessaire.

Quelques sujets communs aux trois épîtres pastorales de Paul

Plan de l’épître

Première partie : Les missions de Tite concernant la vie des assemblées en Crète : Ch. 1

Deuxième partie : Le ministère de Tite concernant la vie de la famille de la foi : Ch. 2

Troisième partie : Les exhortations transmises par Tite concernant la vie sociale : Ch. 3

Notes
1 –

Voir tableau à la fin de l’introduction.

2 –

Le sujet de la vie pratique dans l’assemblée est surtout développé dans la première épître aux Corinthiens, qui présente plusieurs autres aspects complémentaires.

3 –

(bonnes) œuvres :

– sans qualificatif : 1. 16a ; 3. 5.

– avec un qualificatif : l’original donne :

– 1. l’adjectif habituel “bonnes” (  agathos » : 1. 16b ; 3. 1) et tantôt :

– 2. l’adjectif “belles” (  kalos » : 2. 7, 14 ; 3. 8, 14), c’est-à-dire incitant, par leur beauté morale, à les imiter.

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