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Ruth
Sondez les Écritures - 4ème année

Introduction
Marc Horisberger : Chapitres 1 à 4

1. Thème

Par cette histoire, vivante et pleine de fraîcheur, Dieu veut nous enseigner des vérités spirituelles fondamentales. Les thèmes de la grâce souveraine de Dieu, de la foi qui sauve, du rachat par le Seigneur, de la Providence divine, mais aussi de notre responsabilité personnelle, sont traités d’une manière si simple et si vivante que le croyant y trouvera joie et encouragement.

Ce livre décrit l’éveil de la foi avec ses choix importants, sa persévérance et la récompense qu’elle trouve dans le repos de Dieu. Si Ruth est un livre de grâce, il est aussi nécessairement un livre de foi. En effet, Ruth, une Moabite veuve d’un Juif, vient d’un pays étranger et ennemi du peuple de Dieu, exclu des alliances et des promesses. Par ses origines, Ruth ne peut prétendre faire partie du peuple de Dieu mais la grâce de Dieu ôte tous les obstacles. Par sa foi, son ardeur au travail et son amour pour sa belle-mère, Ruth se fait remarquer par Boaz de Bethléem qui l’épouse. Un fils, Obed, naît de ce mariage et devient le grand-père de David. Ce récit est d’une grande importance car il prépare non seulement le chemin du futur roi David, mais surtout la venue du Fils de David, Jésus Christ lui-même. Ainsi Ruth entre dans la lignée qui mène au Sauveur. Avec son mari, cette femme remarquable est mentionnée dans la généalogie du Messie [Matt. 1. 5].

2. Circonstances historiques et date de la rédaction

Les événements rapportés par le livre de Ruth sont contemporains des faits décrits dans la première moitié du livre des Juges. Dans cette période sombre et tragique de l’histoire du peuple de Dieu, l’état moral du peuple est au plus bas et le niveau spirituel de la plupart des juges n’a rien de très élevé. Ces juges étaient suscités par l’Éternel pour délivrer le peuple. Après chaque délivrance, le peuple retombait rapidement dans l’idolâtrie, souvent associée à l’immoralité la plus grossière. Il suffit de relire le livre des Juges pour s’en convaincre : au milieu de ce désordre moral et religieux, “chacun faisait ce qui était bon à ses yeux” [Jug. 17. 6 ; 21. 25].

La parole de Dieu complète l’histoire d’Israël au temps des Juges par deux tableaux :

– d’un côté, celui de la corruption religieuse et morale du peuple, dans les chapitres 17 à 21 du livre des Juges,

– de l’autre côté, celui de la grâce et de la foi, dans le livre de Ruth.

Le premier tableau est celui du péché de l’homme, qui abonde ; le second, celui de la grâce de Dieu, qui surabonde [Rom. 5. 20].

Une famine survient en Israël. Pour sauver sa famille, Élimélec et les siens quittent Bethléem pour s’établir chez un peuple idolâtre. C’est la fin apparente d’une famille juive, mais le commencement de l’histoire de Ruth.

Le livre de Ruth reste très actuel car il démontre d’une manière éclatante que dans des temps comme aujourd’hui où le mal s’étend et où des mouvements sataniques se répandent avec leur cortège de pratiques immorales, Dieu peut encore faire grâce et veut honorer la foi quand elle est simple et sincère.

L’auteur du livre est inconnu. Le récit se déroule 40 à 100 ans avant la naissance de David. La rédaction n’eut lieu qu’au 11e siècle av. J.C. au temps de David (4. 22) et probablement avant celui du roi Salomon car son nom ne figure pas dans la généalogie donnée à la fin du récit.

Le livre de Ruth était utilisé chez les Juifs pour la lecture publique à la Pentecôte, une fête liée à la moisson [Ex. 23. 16].

Plan du livre de Ruth

1. Le séjour en Moab ou les conséquences d’un manque de foi  : Ch. 1. 1-5

1. Le départ pour Moab : v. 1, 2

2. Conséquences de l’éloignement : v. 3-5

2. Naissance et choix de la foi  : Ch. 1. 6-22

1. Sur le chemin du retour : v. 6-14

2. La grande décision de Ruth : v. 15-18

3. L’arrivée à Bethléem : v. 19-22

3. Les œuvres et l’énergie de la foi  : Ch. 2

1. L’activité de la foi : v. 1-7

2. La nourriture de la foi : v. 8-16

3. Le partage de la foi : v. 17-23

4. Le repos de la foi  : Ch. 3

1. Où trouver du repos ? : v. 1-5

2. Le repos donné par le rédempteur : v. 6-13

3. Générosité et discrétion du rédempteur : v. 14-18

5. Le rachat. La récompense de la foi  : Ch. 4. 1-10

1. La loi : le parent qui ne peut racheter : v. 1-6

2. Boaz : le parent rédempteur :v. 7-10

6. L’union. Le fruit de la foi  : Ch. 4. 11-17

1. L’union : v. 11-13

2. Obed, le fruit de l’union : v. 14-17

7. Le couronnement de la foi  : Ch. 4. 18-22

– Obed, dans les générations de Juda à David : v. 18-22

Le livre de Ruth peut être divisé de bien d’autres manières. A côté de sa valeur didactique comme leçon de tous les temps pour la foi et la piété, l’intérêt prophétique est remarquable, non seulement par rapport à la venue du Messie, le Fils de David, mais aussi en relation avec l’histoire du peuple juif et de sa restauration finale.

A cause de son infidélité, le peuple juif a été dispersé parmi les nations. Telle Naomi, il est devenu comme une veuve privée d’enfant. Sur lui pèse le “Lo-Ammi” (pas mon peuple) prononcé par Dieu [Os. 1. 9]. Un jour, un reste1 fidèle, dépourvu de tout droit aux promesses, comme Ruth, mais formé au milieu d’un peuple incrédule, sera reçu en grâce. Cette restauration ne dépendra que de Celui qui a le droit de rachat. A l’origine, Dieu entretenait une relation d’amour avec son peuple [Jér. 2. 2]. Mais à cause de son infidélité, l’Éternel a dû lui donner une lettre de divorce [Jér. 3. 8]. Dans l’avenir un autre mariage est annoncé, non pas avec Naomi, l’Israël infidèle [Es. 50. 1], mais avec Ruth, l’épouse de la jeunesse [Es. 54. 6]. L’histoire de Ruth est donc celle d’une restauration individuelle et nationale qui se termine par le mariage de Christ (Boaz) avec son épouse terrestre (Ruth).

Le plan adopté permet de souligner comment une vie peut être transformée quand elle est enrichie par la grâce et la foi.

Notes
1 –

Un “reste” ou un “résidu” (voir Compléments vol. 1).