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Les Proverbes
Sondez les Écritures - 2ème année

Introduction
Joël Prohin : Chapitres 1 à 31
Roger Liebi : Chapitres 1 à 31

Le livre des Proverbes, un des cinq livres poétiques

Le livre des Proverbes fait partie dans la Bible française d’un ensemble de cinq livres, appelés les livres poétiques. Ils expriment sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu les sentiments et les expériences d’une âme placée dans des situations très diverses. Ces livres, qui parlent à notre cœur, ont chacun leur caractère particulier :

– Job est le livre de la souffrance,

– les Psaumes, celui de la prière et de l’adoration,

– les Proverbes, le livre de la sagesse,

– l’Ecclésiaste, celui de la vanité,

– le Cantique des Cantiques, celui de l’amour.

Dans ces livres, comme dans tout l’A.T., les croyants ne saisissaient que par la foi la rédemption par le sang de Christ, qui n’était pas encore accomplie. Toutefois, cette rédemption demeure le fondement de toute relation de l’homme avec Dieu et de toute bénédiction dans tous les temps.

Le message du livre des Proverbes  : la sagesse de l’Éternel

“Mais la sagesse, d’où vient-elle ? et où est le lieu de l’intelligence ?

Elle est voilée aux yeux de tous les vivants. […]

Dieu comprend son chemin et lui connaît son lieu. […]

Et il dit à l’homme : Voici, la crainte du Seigneur, c’est là la sagesse, et se retirer du mal est l’intelligence” [Job 28. 20-28].

De tout temps, les hommes ont recherché la sagesse. Ils ont écrit de nombreux livres sur ce sujet. Mais le livre des Proverbes n’est pas un livre de sagesse comme les autres1. Il vient du seul vrai Dieu qui s’est révélé comme l’Éternel et qui, dans sa bonté, enseigne les hommes. Il leur fait connaître son intelligence et sa sagesse créatrice (3. 19) en les appliquant aux détails de la vie courante. Il s’agit d’une sagesse pratique qui touche à tous les domaines de l’existence humaine : vie individuelle, conjugale, familiale, sociale, économique, politique, etc. Chaque aspect de la vie est considéré en relation avec Dieu. Tout dépend de lui, comme le résume le verset clef du livre : “La crainte de l’Éternel est le commencement de la connaissance” (1. 7). Le nom propre de Dieu, “Yahveh” (“l’Éternel”), apparaît 87 fois dans les Proverbes (le terme “Dieu” ne s’y trouve que 6 fois, 5 fois sous sa forme “Elohim” et une fois sous la forme “Eloah”). Le nom caractéristique de Dieu dans les Proverbes est donc “Yahveh”, qui désigne spécialement le Dieu de l’alliance avec Israël, ou, plus généralement, le Dieu qui désire établir une relation avec un peuple qui lui appartient [Ex. 6. 2-8]. Les Proverbes contiennent donc des enseignements qui s’adressent à des hommes désirant réellement vivre en communion avec leur Seigneur. Voilà pourquoi, entre autres, ce livre transmet souvent ses instructions sous forme de communications d’un père à son fils. Les Proverbes s’adressent donc à tous. D’ailleurs, le peuple d’Israël n’est mentionné qu’une seule fois (1. 1). Tout homme, hébreu ou non, est l’objet du gouvernement de Dieu2. Aujourd’hui, le chrétien, occupé de ses privilèges célestes et placé sous l’enseignement de la grâce, pourrait plus ou moins oublier que la manière dont Dieu agit envers lui sur la terre n’est pas indépendante de sa conduite pratique. Ce livre offre donc un intérêt particulier pour nous diriger dans notre vie quotidienne.

Par le livre des Proverbes, Dieu nous enseigne comment éviter les pièges du péché qui voudrait ruiner notre vie. L’amertume du péché peut être apprise de deux façons différentes :

– soit par de pénibles expériences (comme Salomon en parle dans l’Ecclésiaste),

– soit en se laissant instruire par la Parole de Dieu (comme David l’évoque au Psaume 17 verset 4).

Les Proverbes nous proposent précisément d’utiliser la seconde manière pour acquérir des connaissances qui nous permettront d’éviter le mal. Ils nous apprennent non la sagesse humaine, mais la sagesse divine [1 Cor. 1. 18].

N’est-il pas merveilleux que le Tout-Puissant s’intéresse aux moindres détails de notre vie quotidienne et qu’il ait le désir de nous conseiller dans nos multiples circonstances, afin que nous apprenions à vivre selon Dieu ? Ainsi nous deviendrons de ces “hommes faits, qui par le fait de l’habitude ont les sens exercés à discerner le bien et le mal” [Héb. 5. 14] et nous pourrons alors progresser toujours plus dans sa connaissance [1 Cor. 2. 6-8].

Un message fondamental du livre des Proverbes est de nous montrer que la sagesse éternelle est une personne avec laquelle il faut entrer personnellement en relation pour être pleinement heureux et atteindre à la vie (ch. 8). A la lumière du N.T., le sens de cette “sagesse” s’éclaire : la sagesse éternelle est le Fils de Dieu [1 Cor. 1. 24, 30] qui est “le chemin, la vérité et la vie”. Celui qui le connaît sait que la sagesse divine est bien plus qu’un code ; elle est une personne, digne de notre affection la plus profonde et la plus réelle !

Les auteurs

Le livre des Proverbes n’est pas l’œuvre d’un auteur unique. Nous y trouvons la mention de Salomon (1. 1 ; 10. 1 ; 25. 1)3, d’Agur (30. 1) et de Lemuel (31. 1). De plus, le livre nous parle de plusieurs “sages” (22. 17 ; 24. 23). Enfin, le verset 1 du chapitre 25 indique un travail de rédaction des “gens d’Ézéchias, roi de Juda”.

Plan du livre des Proverbes

Les Proverbes englobent en fait quatre livres de sagesse : “Salomon I” (ch. 1 à 24), “Salomon II” (ch. 25 à 29), “Agur” (ch. 30) et “Lemuel” (ch. 31), selon les indications données en tête de chacune de ces parties.

Première partie  : Proverbes de Salomon  : Ch. 1 à 24

1. Titre et préambule : le but de ce livre : Ch. 1. 1-7

2. Les exhortations de la sagesse : Ch. 1. 8-9. 18

3. Proverbes de Salomon (première série) : Ch. 10 à 24

Deuxième partie  : Proverbes de Salomon (recueillis par les gens d’Ézéchias)  : Ch. 25 à 29

Troisième partie  : Paroles d’Agur  : Ch. 30

Quatrième partie  : Paroles du roi Lemuel  : Ch. 31

Dates

Les titres figurant aux verset 1 des chapitres 1 et 25 donnent quelques indications sur la date de la rédaction finale des deux premiers livres : “Salomon I” a probablement été rédigé vers 950 av. J.-C., à l’époque d’Ézéchias (même si le texte initial date, bien entendu, de l’époque de Salomon).

Quant aux personnages d’Agur et de Lemuel, nous ne possédons pas d’autres informations sur eux que celles que nous trouvons dans les Proverbes. Rien ne permet de les rapporter à une époque très différente de celle des premières parties du livre.

Notes
1 –

Voir en complément “La sagesse en Israël”.

2 –

Nous entendons par “gouvernement de Dieu” la manière dont Dieu agit envers les hommes (croyants ou incrédules) sur la terre en fonction de leur conduite. Il peut se résumer par  : “Ce qu’un homme sème, cela aussi il le moissonnera” (Gal. 6. 7). Ce gouvernement se relie donc à la responsabilité de l’homme et peut varier. En contraste, Dieu a des desseins de grâce qui sont indépendants de l’état ou des actions de ceux qui en sont les bénéficiaires (Ex. 33. 19). Ces desseins se relient donc à la souveraineté de Dieu et sont immuables. Il est absolument impossible à notre esprit fini de comprendre comment Dieu concilie ces deux côtés pour produire finalement ce qu’Il a prévu  ; notre foi l’accepte sans raisonner ni mettre en doute la justice de Dieu (Es. 55. 8, 9).

3 –

Voir en complément “Les écrits de Salomon”.