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Épître à Philémon
Sondez les Écritures - 3ème année

Introduction
Pierre-Étienne Fuzier

L’histoire d’Onésime

Cette épître a été écrite par Paul à un chrétien nommé Philémon à l’occasion d’une circonstance somme toute banale. Les détails rapportés permettent de comprendre ce qui s’est probablement passé.

Onésime était esclave chez Philémon, un frère de Colosses. Cet esclave, vraisemblablement paresseux (v. 11), sans doute mal à l’aise dans cette maison où se réunissait l’assemblée (v. 2), s’était enfui à Rome (1 500 km environ). Rome était à l’époque un pôle d’attraction pour qui recherchait jeux et distractions1. Au milieu de cette ville aux ruelles enchevêtrées et populeuses, le Seigneur a retrouvé Onésime et l’a conduit dans un endroit où certainement il ne projetait pas d’aller, au fond d’une prison, en face d’un vieillard prisonnier. Là, il a été converti (v. 10). Bien que Paul se soit très attaché à Onésime (v. 12), il le renvoie maintenant à son ancien maître, muni de cette lettre de recommandation.

Motif de la lettre

Le motif de cette lettre est un fait divers banal, comme il s’en produisait souvent dans la Rome antique où il était courant qu’un esclave s’enfuie de chez son maître.

Il peut paraître étonnant de trouver cette lettre dans la parole de Dieu, à côté de pages aussi grandioses que le récit de la création [Gen. 1], de la crucifixion, des desseins éternels de Dieu [Eph. 1-3]. Dans l’ordre des livres de la Bible, elle précède immédiatement le chapitre 1 de l’épître aux Hébreux qui constitue un sommet de la révélation. Mais le fait que nous soyons admis à connaître les pensées profondes de Dieu ne nous empêche nullement d’être concernés par l’amour des frères et d’être attentifs aux détails de la vie des familles et des assemblées. Les pages les plus élevées de la Bible nous révèlent le Dieu qui est amour et rendent cet amour actif en nous pour les autres. Paul en est certainement le plus bel exemple ; il était tout aussi attentif aux problèmes temporels qu’aux questions spirituelles.

Paul aurait pu trouver plusieurs raisons de ne pas écrire cette lettre :

– Le Seigneur lui ayant envoyé Onésime à un moment propice pour l’aider et lui tenir compagnie, il n’avait pas directement à se mettre en souci du contexte de cette fuite.

– En tant qu’apôtre, il avait des droits sur Onésime et sur Philémon (v. 19), puisqu’il avait été le moyen de la conversion de chacun d’eux.

– Philémon était un frère fidèle à qui il pouvait faire confiance et Paul pouvait bien penser que son ami ne lui tiendrait pas rigueur de garder Onésime pour qu’il continue à le servir.

Pourtant Paul renvoie Onésime à son maître et prend la peine d’écrire cette lettre. Dans nos rapports avec nos frères, nous avons le tort de ne pas communiquer assez librement, pensant qu’ils sont assez bons et dévoués pour supporter notre silence. Paul n’a pas agi ainsi.

On peut se demander dans quelle situation compliquée se serait trouvée l’assemblée à Colosses s’il s’était contenté de renvoyer Onésime sans autre. Cette assemblée était précisément en ordre [Col. 2. 5]. Alors, tel un chirurgien devant une plaie, Paul met tout à plat ; dans toute cette épître, il marche droit et clair. Il donne, en fait, une leçon concrète d’amour dans la vérité.

Cette lettre peut être rapprochée de la 3e épître de Jean et surtout de 1 Corinthiens 13 : elle est une application pratique des divers aspects de l’amour en activité décrits dans ce chapitre. Nous les relèverons au cours de notre lecture.

Date et lieu de rédaction

Paul a rédigé cette page lors de sa première captivité à Rome, en même temps que l’épître aux Colossiens2, vers l’an 62.

Plan de l’épître

On peut difficilement parler de plan pour un billet comme celui-ci. Il n’y a pas de “composition” au sens strict du terme, plutôt un jaillissement du cœur ; mais, naturellement, les sujets sont exposés par ordre.

1. Adresse : v. 1-3

2. Action de grâces au sujet de Philémon : v. 4-7

3. Intercession en faveur d’Onésime : v. 8-21

4. Salutations : v. 22-25

Notes
1 –

L’histoire nous rapporte que le seul cirque Maxime contenait 400 000 places et qu’un jour sur deux était férié.

2 –

Un des éléments qui permet de le penser est la similitude des salutations des deux épîtres (comp. Col. 4 et Philémon 23, 24).

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