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Le livre du prophète Nahum
Sondez les Écritures - 4ème année

Introduction
Marc Horisberger : Chapitres 1 à 3

Le prophète

L’oracle touchant Ninive fut confié à Nahum dans une vision mais nous ne savons rien du prophète sinon qu’il venait d’Elkosh, un village qui n’a pas pu être identifié. Le nom du prophète signifie “consolation”, “réconfort” ou “soulagement” (de Dieu), un nom bien approprié pour encourager le peuple de Dieu sous la coulpe des cruels Assyriens.

Le contexte

L’Assyrie, un pays situé à l’est du Tigre, était limitée au nord par les montagnes d’Arménie, à l’est par celles de la Médie, au sud par la rivière Zab et à l’ouest par la Mésopotamie. Par extension, le nom d’Assyrie s’applique souvent au vaste empire gouverné par les Assyriens.

Nahum a vécu durant la suprématie de l’empire assyrien qui comprenait des territoires immenses dans le Croissant fertile et contrôlait toutes les grandes routes de la Méditerranée. L’histoire nous apprend que les premiers conflits entre Israël et l’Assyrie éclatèrent sous Shalmanéser III (858-824 av. J.-C.) durant le règne d’Achab puis de Jéhu. La puissance de l’Assyrie s’accrut considérablement sous Tiglath-Piléser (745-727), connu aussi sous le nom de Pul, qui déporta les Rubénites, les Gadites, la demi-tribu de Manassé et les habitants de la Galilée [2 Rois 15. 29 ; 1 Chr. 5. 26]. Shalmanéser V (727-722) prit Samarie et déporta le reste des dix tribus [2 Rois 17. 5, 6]. Sargon II accéda au trône [Es. 20. 1] et son fils Sankhérib (705-681) lui succéda. Celui-ci assiégea Jérusalem sous le règne du roi Ézéchias mais dut battre en retraite à la suite d’une intervention miraculeuse de l’Éternel [Es. 36 ; 37. 36, 37]. Il fit de Ninive la capitale de l’Assyrie. Ses successeurs l’embellirent, entassant dans ses palais les richesses des nations pillées et asservies. La Samarie fut colonisée à nouveau par Esar-Haddon (689-681), un fils de Sankhérib [Esd. 4. 2 ; 2 Rois 17. 24]. Assourbanipal (669-626) fut le dernier grand monarque assyrien. Il captura Babylone et pilla Thèbes en Égypte (663). L’empire déclina ensuite rapidement et Ninive fut conquise en 612. La grandeur et la décadence de l’Assyrie couvrent à peine un siècle et demi. Après la bataille de Carkémish (605), l’Assyrie ne fut plus jamais une nation indépendante.

La date de la rédaction

Rien ne nous permet de dater avec précision la rédaction du livre. Seule l’époque est indiquée. Nahum annonce la chute imminente de Ninive qui eut lieu en 612 av. J.-C. sous la pression combinée des Mèdes et des Babyloniens, selon des témoignages non bibliques. En outre, le prophète mentionne le sac de No-Amon (Thèbes, capitale de la Haute-Égypte) comme un fait historique accompli (3. 8). Thèbes fut pillée en 663 par Assourbanipal, roi d’Assyrie (669-626). La rédaction du livre se place entre ces deux dates.

Le message

Nahum annonce le jugement définitif de Ninive. Son livre est un complément à celui de Jonas qui prophétisa durant le règne de Jéroboam II (793-753 av. J.-C.) [2 Rois 14, 25]. Le repentir de Ninive, suscité par la prédication de Jonas, différa de près de deux siècles l’exécution du jugement annoncé par Dieu [Jonas 1. 2 ; 3. 4]. Nahum affirme que la justice divine prévaudra, accompagnée de sa sévère rétribution envers les rebelles. Avec force, il déclare que l’Éternel est un Dieu jaloux de ses droits sur son peuple et un refuge pour ceux qui se confient en Lui. Il proclame le but immuable de Dieu : la délivrance de son peuple et le relèvement final d’Israël.

Nahum annonce la chute de Ninive avec tant de précision et dans un style si animé et passionné que le lecteur en devient le témoin oculaire.

La portée prophétique

Sous le règne de Josias, roi de Juda (640-609 av. J.-C.), le prophète Sophonie prédit la chute de Ninive et la destruction de l’Assyrie [Soph. 2. 13-15]. Pendant la captivité du peuple d’Israël en Babylonie aux alentours de 589, Ézéchiel parle de la chute de Ninive comme d’un événement passé en rappelant au Pharaon que son pays subira un sort semblable [Ezé. 31].

Pour Nahum, Ninive est plus qu’une ville puissante, et l’Assyrie n’est pas seulement une civilisation cruelle et dégénérée. Cette ville et cet empire craints par les nations se dressent orgueilleusement contre Dieu. L’un de ses rois incarne le principe de méchanceté absolue qui veut détourner les desseins divins et supprimer le peuple de Dieu. Le Seigneur l’anéantira en venant instaurer son règne de paix (ch. 1). Le message de Nahum va donc bien au-delà de la destruction de la ville historique (ch. 2 et 3) car la chute de Ninive préfigure l’effondrement de l’Assyrien “prophétique” qui se manifestera à la fin des temps et de tous les ennemis de l’Éternel. Une ville symbolique, la grande Babylone, surgie de la chrétienté apostate, subira le même sort et sa destruction sera aussi subite que celle de Ninive [Apoc. 18. 10, 16, 19].

Nahum est le seul prophète dont le livre se termine par un jugement définitif. Bien qu’annonçant la ruine de Ninive et de l’Assyrien prophétique, Nahum apporte néanmoins un message de consolation. En effet ce dernier événement précède le relèvement d’Israël et l’établissement du règne du Messie sur la terre (1. 15).

Plan du livre du prophète Nahum

Première partie : Jugement de l’Assyrien et relèvement final d’Israël : Ch. 1

1. Les caractères de l’Éternel : 1. 1-7

2. Jugement définitif de l’Assyrien : 1. 8-14

3. Bonnes nouvelles : 1. 15

Deuxième partie  : Récit détaillé de la destruction imminente de Ninive  : Ch. 2

1. Le siège et la prise de la ville : 2. 1-7

2. Le pillage : 2. 8-10

3. La ruine : 2. 11-13

Troisième partie  : Les causes du jugement  : Ch. 3

1. La cupidité et la cruauté : 3. 1-3

2. L’immoralité et l’idolâtrie : 3. 4-7

3. Comparaison avec l’Egypte. L’exemple de Thèbes : 3. 8-10

4. La ruine irrémédiable : 3. 11-19