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Évangile selon Luc
Sondez les Écritures - 1ère année

Luc 1. 1-13

1. L’introduction : v. 1-4

Le troisième évangile commence par un préambule où l’auteur expose le but de son livre à Théophile son lecteur, un Gentil qui occupait une place importante parmi les fonctionnaires romains1. Théophile veut dire “aimé de Dieu”. Éprouver cet amour et y répondre est la condition spirituelle nécessaire pour apprécier la portée de cet évangile qui s’ouvre dans une atmosphère de piété et de prière. Au premier siècle, plusieurs croyants avaient désiré rédiger un récit de la vie de Jésus. Ces écrits, si édifiants qu’ils aient pu être, n’étaient pas inspirés. Aussi l’Esprit conduit Luc à établir “avec une pleine certitude” un récit minutieux et ordonné des événements de la vie du Seigneur “depuis le commencement”. À la différence de Marc qui suit l’ordre chronologique, Luc groupe ses récits selon un ordre moral construit souvent par symétrie et opposition. Illustrons cette façon de procéder. Les deux premiers chapitres présentent l’incarnation du Fils de Dieu en une série de tableaux. Dans le premier, un homme âgé, Zacharie, exerce la sacrificature dans le temple. Là, une descendance miraculeuse lui est annoncée. Dans le dernier tableau, au chapitre 2, un enfant, Jésus, est dans le temple. Sa filiation surnaturelle est révélée à ses parents qui ne la comprennent pas. Cette façon d’ordonner les événements n’est-elle pas une volonté délibérée de l’Esprit Saint ? On pourrait multiplier les exemples : l’évangile s’ouvre sur une scène qui se déroule dans le temple où Zacharie est muet devant une foule étonnée. L’évangile se clôt sur l’élévation du grand sacrificateur et la louange du peuple de Dieu dans son temple.

2. L’annonce à Zacharie (1) : v. 5-13

L’annonce de la naissance de Jean-Baptiste : v. 5-13

Le récit de Luc s’ouvre par une scène d’une grande simplicité. Aux jours d’Hérode le Grand, roi de Judée, un couple de fidèles, Zacharie et Élisabeth, symbolise ce qu’Israël sous la loi peut produire de meilleur. “Justes, marchant dans tous les commandements… sans reproche” (v. 6) mais incapables d’hériter des promesses car Élisabeth est stérile (v. 7). Quand tout espoir humain s’évanouit, Dieu peut intervenir pour honorer la fidélité des siens. L’apparition de l’ange Gabriel à Zacharie dans le temple est la première manifestation divine rapportée depuis quatre cents ans. Bien d’autres allaient suivre, préludes à l’apparition de l’Orient d’en haut (v. 78) annoncée depuis longtemps [Es. 40. 3-8 ; Mal. 4. 2]. Zacharie veut dire “Dieu se souvient”, Élisabeth signifie “Dieu a juré”. Il se souvient de son serment (1. 72) et prépare l’arrivée du Rédempteur.

Offrir le parfum était un moment longtemps attendu car il ne se produisait alors guère plus d’une fois dans la vie d’un sacrificateur. Désigné par le sort, Zacharie voit apparaître l’ange du Seigneur. Le mot traduit par “apparut” est employé par Paul à quatre reprises en 1 Corinthiens 15. 5-8 pour exprimer que les témoins de la résurrection ont vu le Seigneur. Zacharie voit donc l’ange sous une forme corporelle. Zacharie, troublé, est rassuré par les premiers mots de Gabriel : ce premier message, “ne crains pas”, rappelle celui adressé en songe à Joseph [Matt. 1. 20], à Marie (1. 30), aux bergers (2. 10).

En vrais descendants d’Aaron, Zacharie et Élisabeth priaient pour recevoir un fils qui perpétuerait la sacrificature dans la famille. Cette prière a été exaucée. La naissance de l’enfant désiré est annoncée. Son nom sera Jean : “la faveur de l’Éternel”, évocation de la grâce de Dieu qui s’approche de l’homme dans la personne du Sauveur. Jean est appelé à être son messager.

Notes
1 –

Comp. “très-excellent” en Luc 1. 3 ; Act. 23. 26 ; 26. 25.

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