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Le livre du prophète Amos
Sondez les Écritures - 4ème année

Amos 7. 1-17

1. Avertissement par trois visions : v. 1-9

L’Éternel va juger son peuple. Par deux visions, Il le confirme à Amos. Suivant l’exemple d’Abraham qui intercéda lorsqu’il fut averti de la destruction de Sodome et de Gomorrhe, le prophète supplie l’Éternel de retenir sa colère. Une fois, deux fois, le Seigneur revient sur son dessein. Le jugement est momentanément suspendu. Par la troisième vision, Amos comprend que le gouvernement de Dieu s’exercera de toute manière.

Ces trois visions correspondent vraisemblablement aux trois invasions du pays d’Israël par les Assyriens.

Première vision : les sauterelles : v. 1-3

Le prophète voit des sauterelles envoyées sur le regain après la coupe du roi. Cette fauche fait penser au tribut que le peuple payait au roi après la moisson [1 Rois 4. 7]. Normalement, on moissonnait deux fois l’an en Palestine. La première coupe était destinée au roi. Le peuple dépendait de la seconde pour assurer sa subsistance. Cette moisson est maintenant menacée par les sauterelles.

Quand le péché existe, Dieu doit nécessairement le punir. Mais la prière peut faire fléchir l’Éternel [2 Chr. 33. 13, 19]. Comme on l’a dit : « Lorsque la prière et la grâce divine coopèrent et offrent une issue de secours au pécheur, alors Dieu l’épargne. »

Amos plaide en invoquant la faiblesse du peuple. Il affirme ainsi le contraire de ce que proclament les notables du peuple (6. 13). L’Éternel se repent, la destruction est momentanément arrêtée.

Plusieurs pensent que ce jugement se réalisa lors de la première invasion assyrienne quelques années plus tard. Après avoir conspiré, Menahem s’assit sur le trône d’Israël et exerça un règne de dix ans avec une cruauté particulièrement odieuse (744-735 av. J. C.) [2 Rois 15. 16]. Pul, roi d’Assyrie, vint contre son pays. Menahem sortit indemne de cette attaque en prélevant des impôts extraordinairement élevés qui furent livrés au roi d’Assyrie. Menahem ruina son peuple (le regain est dévoré) mais le roi d’Assyrie se retira [2 Rois 15. 19-21].

Deuxième vision : le feu : v. 4-6

L’Éternel proclame le jugement par le feu qui dévore premièrement le grand abîme (la mer), une image symbolique de la masse confuse des peuples, et qui s’attaque ensuite à l’héritage. Beaucoup d’eaux ne peuvent éteindre l’amour [Cant. 8. 7]. Rien ne peut éteindre le feu de la colère divine, pas plus que la mer. Pourtant Amos supplie une seconde fois et l’Éternel, à nouveau, suspend le jugement.

Après avoir dévoré des peuples, le même Pul, roi d’Assyrie, appelé aussi Tiglath-Piléser [1 Chr. 5. 6, 26], s’attaqua une seconde fois à l’héritage (Israël) aux jours de Pékakh, roi d’Israël. L’Assyrien prit plusieurs villes d’Israël, transporta des habitants en Assyrie, mais la majeure partie du pays fut épargnée [2 Rois 15. 29 ; 1 Chr. 5. 26 ; 2 Chr. 28. 20].

Troisième vision : le niveau : v. 7-9

Amos voit un plomb. Il ne s’agit probablement pas d’un fil à plomb, mais plus vraisemblablement d’un instrument utilisé par les maçons pour niveler un mur. Le Seigneur le place au milieu de son peuple. Ce niveau symbolise le jugement exercé selon la justice divine. Le Seigneur ne passera plus par-dessus son peuple pour l’épargner comme au jour de la Pâque (le mot signifie : l’action de passer par-dessus) [Ex. 12. 11, 13]. Le pays coupable sera définitivement nivelé, Dieu ne pardonnera plus (comp. 8. 2). Amos comprend maintenant que le jugement de Dieu s’accomplira inéluctablement. Il cesse alors d’intercéder.

Cette vision trouva sa réalisation partielle lorsque la maison de Jéroboam II fut retranchée dans la génération suivante [2 Rois 15. 8-10], et définitive lorsque Shalmanéser transporta les dix tribus en Assyrie [2 Rois 17. 6].

2. Amos accusé de conspiration : v. 10-17

L’accusation : v. 10-13

La mention du nom de Jéroboam II dans la troisième vision va donner un prétexte à Amatsia, sacrificateur de Béthel, pour dénoncer le prophète de l’Éternel. La présence d’Amos à Béthel inquiète. Alors que le culte est bien ordonné, comment le prophète ose-t-il parler de mort et de destruction ? Ne va-t-il pas renverser le système religieux établi par Jéroboam I, le fils de Nebath [1 Rois 12. 25-33] ? L’impiété aveugle. Alors qu’Amos plaide pour le peuple, le faux prêtre l’accuse de conspiration ! Il se dresse contre Amos et l’accuse injustement devant Jéroboam II.

A la suite d’autres prophètes de l’Éternel, Amos annonçait certes la déportation d’Israël à cause de ses nombreux péchés. Mais Amos n’avait pas conspiré contre le roi. L’accusation de faire des machinations à Béthel, au cœur même d’Israël, était sans fondement. Amatsia n’avait aucune preuve à apporter. Sait-on vraiment si le peuple ne pouvait supporter les paroles d’Amos comme le sacrificateur idolâtre l’avançait ? Vivant dans l’insouciance et l’opulence, le peuple devait être bien indifférent aux paroles d’Amos !

Les paroles du prophète sont déformées par Amatsia. Amos n’avait pas prophétisé que le roi mourrait par l’épée. Il avait seulement affirmé que l’Éternel lèverait son épée contre la maison du roi.

En outre, Amatsia omet de dire au roi que le prophète a intercédé pour le peuple et que ses menaces ont pour base son espoir de voir le peuple se repentir (5. 4, 6).

Amatsia, faux prêtre et mercenaire du roi, a l’audace d’insinuer qu’Amos ne prophétise que pour assurer son gagne-pain. Il ne peut imaginer qu’un prophète de l’Éternel ait d’autres motifs que ceux que lui dictait sa propre veulerie. A son insu, Amatsia dévoile l’origine humaine du culte de Béthel (la maison de Dieu) en disant que ce lieu était devenu à la fois le sanctuaire du roi et la maison du royaume.

La réponse d’Amos : v. 14-17

Des hommes comme Amos ne peuvent être populaires. Ils dérangent le peuple habitué à des formes de piété sans puissance. Et leur parole prophétique est trop actuelle, trop brûlante pour la mauvaise conscience. Chrétiens, comment réagissons-nous quand la parole de Dieu touche un point d’ombre dans notre vie ? Essayons-nous de faire taire notre conscience ou, comme David, pouvons-nous demander : “Sonde-moi, ô Dieu ! et connaîs mon cœur ; éprouve-moi et connais mes pensées” [Ps. 139. 23, 24] ?

A la suite des graves accusations portées contre lui, Amos va-t-il s’enfuir comme le souhaite Amatsia ? Non, plutôt que de se défendre en réfutant les accusations, il tient tête en rappelant ses humbles origines. L’Éternel fera le reste. Amos n’a pas la prétention d’Amatsia (v. 13). Avant son appel, il n’était pas prophète, ni fils de prophète, mais un simple berger se nourrissant des fruits du sycomore, le fruit du pauvre. Dans son humble condition, il ne désirait pas se faire connaître. Il n’avait même jamais cherché à être prophète. Son autorité ne procède que d’un appel divin.

Amatsia a tenté de museler le prophète mais la vérité crie d’autant plus fort qu’on veut la faire taire. Amos est courageux. Il a encore une parole prophétique pour Amatsia. Lui et sa famille seront le symbole de ce qui arrivera au peuple infidèle : le faux prêtre mourra dans un pays étranger, sa terre sera partagée, ses enfants seront tués par l’épée. Ce jugement prononcé sur un individu et sa famille ne peut arrêter le jugement général de la nation.

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