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Le livre du prophète Amos
Sondez les Écritures - 4ème année

Amos 5. 18 - 6. 10

1. Deux malheurs prononcés : 5. 18 - 6. 7

Premier malheur : 5. 18-27

Le peuple compte sur une période de prospérité encore plus grande que celle qu’il connaît. Les territoires qui leur ont appartenu du temps de Salomon n’ont-ils pas été reconquis ? L’Éternel ne va-t-il pas enfin exercer sa vengeance sur les nations qui les ont opprimés ? Contrairement à ce qu’ils pensent dans leur aveuglement moral, le jour de l’Éternel ne sera pas un jour de lumière, de gloire splendide, mais de ténèbres (v. 18, 20). Ils se trompent complètement sur la nature du jour de l’Éternel. Le jugement est inévitable. On échappe peut-être au lion mais pour rencontrer un ours. Et si on réussit encore à s’enfuir, c’est pour se faire mordre par un serpent en tâtonnant à l’entrée d’un refuge ou en s’appuyant sur un mur pour reprendre son souffle.

Les cérémonies religieuses ne pourront empêcher ce malheur. En apparence, toutes les conditions sont réunies pour un culte grandiose : faste splendide, sacrifices somptueux, musique et cantiques. Mais ce culte rendu aux veaux de Dan et de Béthel n’est qu’une résurgence de l’idolâtrie pratiquée par le peuple lors de la traversée du désert [Ex. 32]. Pour ses péchés, le peuple sera transporté au-delà de Damas, une allusion à l’Assyrie.

Devant le tribunal juif, Étienne cite les versets 25 à 27 pour démontrer aux principaux du peuple l’ancienneté du péché d’idolâtrie et leur faire prendre conscience de la gravité de leur péché lorsqu’ils rejettent Jésus [Act. 7. 42, 43]. Comme il s’adresse à des Juifs revenus de la déportation, Étienne transpose cette prophétie au royaume de Juda et l’applique à Babylone.

Quelle leçon pour les sociétés dites christianisées ! On veut la paix en refusant les luttes pour la vérité. On garde une forme de piété mais elle cautérise la conscience. Pour certains, la prédication de l’évangile va apporter une ère de bénédictions sur cette terre. La condition de l’Église va s’améliorer. Fatales illusions ! Dieu va juger les hommes. Seul le sang de Christ nous met à l’abri de ce jugement inévitable.

Second malheur : 6. 1-7

v. 1, 2 : Fausse sécurité.

Le prophète va prononcer un second malheur sur ceux qui vivent à leur aise à Jérusalem (Sion) et à Samarie, la capitale du royaume des dix tribus. A chaque péché répond une calamité : à l’aise, le désastre ; à l’orgueil, le néant ; à la gloutonnerie, la maigreur squelettique. Par ces paroles sévères, Amos nous enseigne un principe universel : toute situation purement humaine où Dieu n’est pas recherché en vérité, contient les germes d’un désastre. Et comme le montre le prophète, le terrain le plus fertile de la catastrophe est l’autosatisfaction (v. 4-6).

Ce second malheur tombe sur l’ensemble du peuple, spécialement à cause de la prospérité matérielle dont il jouit d’une manière égoïste. Le long règne de Jéroboam II connut la prospérité et les succès politiques. Selon une prophétie de Jonas [2 Rois 14. 25], ce roi rétablit les frontières d’Israël et reprit les territoires que la Syrie avait pris. Il reconquit aussi Hamath, la cité royale des Hittites.

Ces conquêtes pouvaient laisser croire que l’on était revenu au temps béni du règne du roi David. Les frontières étaient à nouveau les mêmes et les apparences semblables. Le peuple aurait dû pourtant discerner des avertissements dans le sort que subissaient d’autres nations impies (v. 2).

v. 3-7 : Prendre ses aises en un temps d’injustice.

Ils croient rivaliser avec le génie de David mais leur musique dégradante n’est que l’annonce d’un déclin national. Les cris des noceurs cesseront. Aveugles à leur propre condition, ils ne réalisent pas que les motifs qui avaient poussé David dans ses conquêtes étaient complètement différents des leurs et que l’Esprit qui animait David quand il chantait les psaumes était celui de Dieu.

Pour leurs ivrogneries, les coupes ordinaires ne leur suffisent pas, ils boivent leur vin dans de grandes coupes, celles destinées à recueillir le sang des sacrifices et qui servaient à l’aspersion du sang [Ex. 27. 3 ; Nom. 7. 13 ; 1 Rois 7. 40]. Les sens émoussés par le vin, leur intelligence amoindrie par toutes sortes d’excès, ils ne voient pas le danger. Seul l’homme spirituel a les sens exercés à discerner le bien et le mal [Héb. 5. 14]. En constatant les brèches dans leur société, ils devraient mener deuil et ne pas s’oindre d’huile [2 Sam. 14. 2]. Au contraire, ils prennent la meilleure huile, l’huile parfumée destinée à consacrer les sacrificateurs. Ils ne s’affligent pas de la brèche de Joseph, de la division des deux royaumes. Quelle leçon pour nous aujourd’hui ! Gardons-nous de nous réjouir dans nos possessions matérielles et d’oublier de pleurer sur les brèches et les divisions de l’église, et parfois, hélas, les dissensions dans les assemblées de chrétiens. C’est un scandale pour ceux qui observent les chrétiens et surtout un déshonneur pour le nom du Seigneur.

2. Colère contre l’orgueil : 6. 8-10

L’aisance orgueilleuse est aussi abominable pour l’Éternel que l’apparence de la piété. S’il donne la grâce aux humbles, Dieu résiste aux orgueilleux [Jac. 4. 6]. La ville et ses palais, centres de corruption et dépôts de butin arraché aux pauvres (3. 10), seront livrés à l’ennemi. Les dix qui restent après le jugement précédent (5. 3) périront aussi. Un parent des morts viendra pour les brûler afin d’éviter tout risque d’épidémie car les sépultures manqueront. Il ne trouvera qu’un seul survivant caché dans les recoins de la maison en attendant que le fléau l’emporte à son tour. A la suite de cette dévastation, le survivant et son parent n’oseront même pas faire mention du nom de l’Éternel. Devant ce spectacle de désolation, personne ne peut intercéder. Même le sage se tait (5. 13) dans l’attente du tremblement de terre qui fendra les maisons des riches et des pauvres, tous atteints par un même sort (v. 11).

3. Sentence contre l’orgueil : 6. 11-14

Tout ce qu’ils se vantent d’avoir acquis par leur force et leur puissance leur sera ôté. Les mauvaises actions ne peuvent jamais attirer la bénédiction. Amos illustre ce principe par des images tirées de la vie agricole. N’est-il pas aussi absurde de penser que l’injustice peut produire les fruits de la justice que de croire qu’on peut labourer avec des bœufs sur un rocher ?

L’Éternel des armées (armées angéliques) va susciter une nation adverse qui les opprimera depuis l’entrée de Hamath (une ville située sur un passage stratégique) jusqu’à la rivière de la plaine. Cette plaine, l’Araba, désigne la partie de la grande dépression située entre la mer de Galilée et le golfe d’Akaba [Deut. 1. 1].

Ce chapitre est un avertissement sérieux pour nos contemporains non-croyants. Dans les derniers jours où le déclin moral sera sans précédent [2 Tim. 3. 5], les hommes diront : “Paix et sûreté”. Alors une subite destruction viendra sur eux et ils n’échapperont pas [1 Thes. 5. 1-3].

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