Bannière

Le livre du prophète Amos
Sondez les Écritures - 4ème année

Amos 2. 4-16

5. Jugement du peuple de Dieu

Le peuple avait transformé son élection divine en favoritisme. Bien qu’Israël soit distinct entre les nations, la même loi morale s’applique à lui. Par Amos, l’Éternel s’adresse d’abord à Juda, puis à Israël (les dix tribus) pour enfin les réunir en un seul et même peuple sous la même condamnation (3. 1, 2). Les nations entourant tout le pays d’Israël vont être punies à cause de leurs péchés contre les lois de la conscience [Rom. 2. 16]. Juda et Israël le seront à cause de leurs péchés contre la volonté révélée de l’Éternel dans sa Parole. En effet Israël avait reçu la loi de l’Éternel, sa Parole écrite, ce que les nations ne possédaient pas (comp. Matthieu 11. 23, 24)1.

Si l’Éternel punit les nations selon leur conduite envers son peuple, il punira son peuple selon sa conduite envers lui. Le péché d’Israël est plus grave que celui des nations voisines. Israël opprime les pauvres, fait taire les prophètes et enivre les nazaréens qui devaient se garder de tout produit de la vigne (v. 6 et 12).

Juda : la loi méprisée : v. 4, 5

Juda a méprisé la loi de l’Éternel. Il a préféré à la loi divine les traditions des hommes et leurs mensonges. (Le terme “loi” doit être pris ici dans le sens d’instruction et non dans le sens législatif). Ce mépris de la loi traduit la rébellion contre Dieu. Il est déjà présent dans la question du serpent : “Quoi, Dieu a dit ?” [Gen. 3. 1]

Mépriser la Parole conduit à être séduit par ses propres idées, par le mensonge et par les idoles. Quand elle n’est pas aimée et désirée, l’instruction est vite rejetée. A juste titre, on a dit : « L’erreur populaire d’une génération devient l’axiome de la suivante. L’autorité humaine des pères n’est pas un guide sûr, car les enfants canonisent les erreurs de leurs pères » !

Pour ses péchés, Juda sera puni par la destruction. Les palais de Jérusalem seront incendiés. Cette prophétie s’accomplit lorsque Nebucadnetsar, roi de Babylone, s’empara de Jérusalem en 586 av. J.-C. et brûla ses palais et la maison de Dieu [2 Chr. 36. 19].

Les dix tribus d’Israël : l’absence de crainte de Dieu : v. 6-16

Si l’accusation de Juda est formulée en termes de principes, celle d’Israël l’est en termes pratiques. Les dix tribus forment un sujet spécial dans la prophétie d’Amos ; aussi les causes de leur châtiment sont-elles plus détaillées que pour Juda. Le mépris de la loi de l’Éternel caractérisait Juda. L’état des dix tribus est peut-être encore plus grave : c’est l’absence totale de crainte de Dieu.

Les trois transgressions contre lesquelles Amos s’élève sont la cupidité, la débauche sexuelle, et l’idolâtrie. Une quatrième, l’apostasie, met le comble à l’iniquité.

La justice est bafouée. Les magistrats acceptent des pots-de-vin, aussi le juste est-il vendu pour de l’argent et le pauvre pour une paire de sandales. Amos est particulièrement sensible au mépris du pauvre (4. 1 ; 5. 11). Comme le pauvre ne peut se défendre, on s’acharne sur lui, soit pour lui prendre le peu qui lui reste, soit pour lui vendre ce qui ne peut être consommé (8. 6). L’injuste ne trouve pas de repos tant qu’il n’a pas réussi à précipiter le pauvre dans l’affliction et en faire ainsi plus facilement sa proie et le réduire à l’esclavage (v. 7) [Es. 10. 2]. Le débonnaire, celui qui n’insiste pas sur ses droits, est même accusé d’être en contradiction avec lui-même : “On pervertit sa voie” (v. 7). Mais celui qui opprime le pauvre outrage le Créateur qui l’a fait [Prov. 14. 31 ; 17. 5]. Ce mépris a atteint son point culminant quand Judas Iscariote livra le Juste pour de l’argent et vendit Celui qui était débonnaire et humble de cœur à des autorités iniques.

Quand l’homme méprise le pauvre, il étend son mépris à d’autres qu’il utilise pour assouvir ses passions. Toute la population mâle (père et fils) va vers “la fille”, un terme générique désignant les prostituées sacrées d’un culte idolâtre2. Ils s’étendent auprès des autels sur les vêtements qui servaient de manteau au pauvre. Ils les prennent en gage et ne les rendent pas le même soir comme le prescrit la loi [Ex. 22. 25-27]. Avec l’argent volé aux démunis, ils achètent le vin dont ils s’enivrent dans le temple de leurs idoles.

Amos rappelle que l’Éternel a détruit les Cananéens dont le culte idolâtre était monstrueux. Israël y est retourné. Ne sera-t-il pas puni pour pareille iniquité ?

Et s’il y a encore un semblant de conscience dans le peuple, on fait taire la voix des prophètes. “N’en est-il pas ainsi ? dit l’Éternel”. Oseriez-vous dire le contraire ? Cet état d’apostasie fait déborder la coupe, l’arrêt prononcé est définitif. L’acte d’accusation énoncé, Dieu va maintenant prononcer le jugement. Le châtiment va fondre si subitement que personne ne pourra réagir.

Le jugement correspond à ce constat sévère. Aucune excuse ne peut être avancée pour justifier cupidité, débauche sexuelle et idolâtrie. Quand l’homme désobéit à la loi divine, il offense Dieu. Sous la loi, l’arrêt est définitif et le jugement inexorable. Aujourd’hui, dans le temps de la grâce, la colère de Dieu demeure suspendue au-dessus des pécheurs [Jean 3. 36], mais Dieu pardonne au coupable qui se repent et met sa foi en Jésus Christ, quels que soient ses péchés.

Notes
1 –

Le livre d’Amos est rempli d’allusions au Pentateuque. Par exemple : Amos 2. 7 renvoie à Deut. 23. 17 ; 2. 8 à Exode 22. 26 ; 2. 12 à Nom. 6. 3 ; 4. 4 à Deut. 14. 28, 29 et 26. 12 ; 4. 5 à Lév. 2. 11 et 7. 12).

2 –

On peut aussi comprendre que le verset 7 dénonce l’infamie, sans doute courante : le partage d’une même fille entre un fils et son père.

Choisir un passage
Choisir un livre
×
Choisir un passage
Choisir un livre