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Actes des Apôtres
Sondez les Écritures - 1ère année

Introduction
à partir d’un texte initial de Cor. Bruin
Jean Berthier : Chapitres 1 à 7
Marc Horisberger : Chapitres 8 à 28

Le livre des Actes des Apôtres est d’une lecture attrayante et facile par son caractère historique, les exemples donnés, les personnages décrits. Sans être un livre doctrinal, il illustre de façon très pratique les grandes vérités spirituelles exprimées d’une manière plus abstraite dans les épîtres, et établit les principes de l’évangélisation, de la croissance des assemblées et de leur marche.

Le livre des Actes présente les débuts du christianisme. Il est la seule histoire inspirée de l’Église. À ce titre, ce livre est un pont jeté entre la vie de Jésus racontée dans les évangiles et la vie de Christ présentée dans les épîtres. C’est aussi une période de transition entre le judaïsme et le christianisme, entre la loi et la grâce. Il constitue aussi ce maillon indispensable entre les évangiles et les épîtres en rapportant la venue du Saint Esprit, sa présence, son activité dans la vie des apôtres et d’autres serviteurs, auprès des Juifs et des nations. On comprend alors que l’horizon du livre s’élargit, d’un petit groupe de chrétiens juifs habitant à Jérusalem, à l’ensemble du monde connu à cette époque. Ce livre pourrait être nommé les Actes du Saint Esprit.

En traçant l’histoire des premiers chrétiens, le livre des Actes occupe dans le N.T. la place que prend le livre de l’Exode dans l’A.T. Sortis d’un monde de servitude sous le joug d’une loi que personne n’a pu porter (15. 10) [Héb. 7. 18, 19], les apôtres marchent vers le ciel dans l’attente du retour du Seigneur, entraînant par leur témoignage une multitude de convertis.

Rédacteur

Comme les quatre évangiles, le livre des Actes est strictement anonyme. Bien qu’il ne se nomme pas dans ses écrits, Luc, le “médecin bien-aimé” [Col. 4. 14] est le rédacteur du troisième évangile et du livre des Actes (les deux adressés au même Théophile). En effet, certains passages des Actes sont rédigés à la première personne du pluriel1 et, parmi les collaborateurs et compagnons de Paul, seul Luc satisfait à ce que nous savons du narrateur2.

Luc, soigneusement documenté, écrit d’une manière précise qu’on pourrait qualifier de scientifique (1. 3, 4). Il est avant tout l’historien de l’Esprit dans son action et son énergie, au milieu d’un monde de péché où la puissance de Satan est manifeste. Mais il est aussi l’historien de la lutte victorieuse du croyant “contre la puissance spirituelle de méchanceté” [Eph. 6. 12]. Les Actes ne sont pas l’histoire de tous les apôtres, pas plus que les évangiles ne rapportent tous les faits de Jésus [Jean 21. 25]. Luc choisit seulement les événements marquants qui ont eu une influence décisive sur la diffusion de l’évangile et la croissance de l’Église.

La rédaction doit être antérieure à l’an 70 puisque Luc ne dit rien de la destruction de Jérusalem, ni de celle du temple annoncée par le Seigneur [Luc 21. 6, 20-24]. Comme le récit s’arrête au moment où Paul séjourne deux ans à Rome (60-62 ap. J.-C.), le livre des Actes peut avoir été rédigé au plus tôt en 62-63, mais en tout cas avant l’an 703

Destinataire

Comme il l’a fait pour le troisième évangile, Luc adresse le livre des Actes à Théophile (“aimé de Dieu”), un homme des nations certainement converti au christianisme. Le titre de “très excellent” qui lui est donné dans l’évangile semble indiquer que le destinataire tenait une fonction publique importante4. Dans les Actes, le même Théophile a perdu ce titre, ce qui pourrait indiquer qu’il ne tenait plus de fonction publique à ce moment-là, ou bien que Luc n’avait plus besoin, dans une fraternelle intimité, de mentionner ce titre.

But du livre

Dans l’A.T., Dieu est pour nous ; dans les évangiles, Dieu est avec nous, en son Fils Emmanuel [Matt. 1. 23] ; dans les Actes, Dieu est en nous par son Esprit qu’Il a envoyé le jour de la Pentecôte.

Le livre des Actes traite des œuvres de Dieu dans une création entièrement nouvelle [2 Cor. 5. 17], celle du royaume de Dieu dans le cœur des hommes. Le Seigneur travaille par la puissance de l’Esprit Saint à la fois dans l’assemblée et dans ses serviteurs, particulièrement les apôtres. Pour la première fois, le salut est apporté aux non-Juifs (Gentils), un point d’une immense importance dans l’histoire du salut de l’homme.

Le Seigneur Jésus avait déclaré à Pierre que ni le pouvoir de la mort, ni les puissances sataniques ne pourraient s’opposer à la croissance de l’assemblée [Matt. 16. 18]. Le livre des Actes en est la démonstration (4. 4 ; 5. 14 ; 6. 1, 7 ; 9. 31). Le plus important persécuteur des chrétiens de ce temps, Saul (plus tard, l’apôtre Paul) est arrêté par le Seigneur sur le chemin de Damas et se range du côté du Christ. Il travaille alors pour son Seigneur plus que tous les autres [1 Cor. 15. 10]. Lorsqu’il arrive à Rome, la plupart des villes importantes du monde ancien avaient une assemblée, grâce à son ministère.

Le but du livre des Actes est en premier lieu historique : raconter l’origine de l’Église et sa croissance. Il éclaire certaines mentions historiques des épîtres de Paul. C’est aussi un manuel de formation qui présente les méthodes et les thèmes de la prédication de l’évangile. Mais, avant tout, le livre édifie, car nous y trouvons la raison de la croissance spirituelle et numérique des assemblées, la façon de résoudre les difficultés qui surgissent au milieu des chrétiens pour retrouver la joie de la communion dans une assemblée et entre assemblées, la source de la puissance dans le service du Seigneur, en dépit des difficultés de tout genre, même quand tout semble perdu (ch. 27).

Développement du livre

Pour préparer la venue du Messie, Dieu s’était choisi un peuple, un temple et un sacerdoce limité à une tribu d’Israël. Maintenant que Jésus a donné sa vie “afin que quiconque croit en lui… ait la vie éternelle” [Jean 3. 16], l’action de Dieu devient universelle. Elle n’est plus liée à un lieu, ni à quoi que ce soit d’extérieur ou de matériel, et tous les croyants, sans exception, sont des sacrificateurs [1 Pi. 2. 5-9].

Le livre des Actes peut être étudié sous différents angles :

– Conformément aux ordres du Seigneur (1. 8), les disciples remplis du Saint Esprit deviennent des témoins d’abord à Jérusalem, puis successivement à travers la Judée (ch. 2 à 7), la Samarie (ch. 8), et jusqu’au bout du monde connu alors (ch. 9 à 28). L’action vise les extrémités de la terre en passant par les centres stratégiques : Jérusalem, Antioche, qui devient un nouveau centre missionnaire, Corinthe, Éphèse, Rome. Le récit débute à Jérusalem, la ville religieuse, pour se terminer à Rome, la capitale politique de l’empire romain.

– On peut aussi suivre l’opposition grandissante des Juifs à la prédication de l’évangile avec, comme résultat, la croissance de l’Église. Par le martyre d’Étienne, le rejet du Messie par la nation juive est consommé. Après la mort d’Étienne seulement, l’évangile commence d’être annoncé aux non-Juifs, et cela d’une manière progressive à partir de la Samarie. Mais c’est seulement à Rome que Paul, emprisonné à cause des Juifs, se distancera définitivement de sa nation quand l’évangile est définitivement refusé par les Juifs de la Dispersion. Tout au long du livre se vérifie la parole du Seigneur : “S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre” [Jean 15. 20]. Les obstacles n’ont pas manqué, que les difficultés viennent de l’intérieur de l’Église (5. 1-11 ; 6. 1-6 ; 11. 2, 3), ou de l’extérieur (4. 17, 18 ; 5. 18, 40 ; 7. 57-60, etc.).

– Dans la première partie du livre, l’évangile est annoncé aux Juifs par les onze apôtres auxquels Matthias a été adjoint. On y voit aussi le ministère d’Étienne (6. 8 à 8. 3) et de Philippe (8. 4-40). Pierre a la prééminence puisqu’il reçut du Seigneur les clés du royaume dont il ouvre successivement les portes aux Juifs de Jérusalem (2. 38-41), aux Samaritains (8. 17) et aux nations (10. 44). Barnabas (11. 22-24), puis Paul et Barnabas (13. 4) prennent le relais en évangélisant les nations, sans jamais oublier les Juifs. Enfin, Paul, l’apôtre des nations, occupe seul la scène, accompagné de quelques collaborateurs fidèles (ch. 16-28). On peut subdiviser cette dernière partie en deux. Lors des adieux de Paul aux anciens d’Éphèse (20. 17-38), une phase de l’histoire de l’Église prend fin avec l’achèvement des travaux des apôtres. Une autre période s’ouvre, celle de la responsabilité des anciens dans la vie et la marche des églises (ou assemblées) locales.

– Mais avant tout, on y voit comment la Parole de Dieu et l’Esprit Saint agissent par les apôtres et les autres serviteurs en les guidant dans l’accomplissement de leur service. Jésus avait dit que l’Esprit Saint convaincrait “le monde de péché, et de justice, et de jugement” [Jean 16. 8]. Le livre des Actes en contient la preuve. Le Saint Esprit fait prendre conscience du péché du refus de croire Dieu (2. 37). L’Esprit démontre aussi de quel côté est la justice. Elle n’est pas de ce monde et ne se trouve qu’en Jésus glorifié, assis à la droite de Dieu. Elle prévaudra finalement (17. 3). Enfin, le jugement du monde est certain (24. 25) car Satan, le chef de ce monde, est déjà jugé.

Le livre des Actes n’a pas de conclusion. Il ne peut en avoir une, car l’œuvre de l’Esprit Saint se poursuit sur la terre jusqu’à ce jour.

La structure du livre des Actes des Apôtres a pour origine les déclarations du Seigneur à ses disciples avant d’être élevé dans le ciel : Il leur commanda “de ne pas partir de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père” et leur dit : “Vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre” (1. 4, 8). Ces déclarations peuvent titrer les grandes divisions du livre des Actes. De cette structure dynamique dérive le plan suivant :

Première partie  : Témoins à Jérusalem  : Ch. 1 à 7

1. Les témoins du Seigneur ressuscité et glorifié : Ch. 1

2. L’Esprit Saint donné, l’évangile annoncé, l’Assemblée réunie : Ch. 2

3. Le témoignage adressé au peuple juif : Ch. 3 à 4. 22

4. Le témoignage confié à l’Assemblée : Ch. 4. 23 - 5. 16

5. Les témoins persécutés sont victorieux : Ch. 5. 17-42

6. La puissance du Saint Esprit dans l’Église : Ch. 6

7. Le témoignage d’Étienne : Ch. 7

Deuxième partie  : Témoins dans la Judée, la Samarie et les contrées voisines  : Ch. 8 à 12

1. Les actes du Saint Esprit sur les chemins : Ch. 8 et 9

2. Les actes du Saint Esprit envers les non-Juifs : Ch. 10 à 12

Troisième partie  : Témoins jusqu’aux extrémités de la terre  : Ch. 13 à 28

1. Première mission de Paul et Barnabas : Ch. 13 à 15

2. Deuxième voyage missionnaire de l’apôtre Paul : Ch. 16 à 18

3. Troisième voyage missionnaire de l’apôtre Paul : Ch. 19 à 21. 14

4. Paul à Jérusalem : Ch. 21. 15 à 23

5. Paul à Césarée : Ch. 24 à 26

6. Le voyage à Rome : Ch. 27 et 28

Une chronologie de la période apostolique est proposée en complément.

Notes
1 –

Voir par exemple 16. 10  ; 21. 1, 5 ; 27. 1 ; 28. 1.

2 –

Voir aussi Col. 4. 14  ; 2 Tim. 4. 11  ; Phm. 24.

3 –

Voir complément “Chronologie du livre des Actes des Apôtres”.

4 –

Comparer 23. 26  ; 24. 3  ; 26. 25 avec Luc 1. 3