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Le premier livre de Samuel
Sondez les Écritures - 3ème année

1 Samuel 27. 1 - 28. 2

1 Samuel 27

1Et David dit en son coeur : Maintenant, je périrai un jour par la main de Saül ; il n’y a rien de bon pour moi que de me sauver en hâte dans le pays des Philistins, et Saül renoncera à me chercher encore dans tous les confins d’Israël, et j’échapperai à sa main. 2Et David se leva et passa, lui et six cents hommes qui étaient avec lui, vers Akish, fils de Maoc, roi de Gath. 3Et David habita chez Akish, à Gath, lui et ses hommes, chacun avec sa famillea, David et ses deux femmes, Akhinoam, la Jizreélite, et Abigaïl, femme de Nabal, la Carmélite. 4Et on rapporta à Saül que David s’était enfui à Gath ; et il ne le chercha plus. 
5Et David dit à Akish : Je te prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, qu’on me donne un lieu dans l’une des villes de la campagne, et je demeurerai là ; car pourquoi ton serviteur habiterait-il dans la ville royale avec toi ?  6Et, en ce jour-là, Akish lui donna Tsiklag ; c’est pourquoi Tsiklag appartient aux rois de Juda jusqu’à ce jour. 7Et le nombre des jours que David habita dans la campagne des Philistins fut d’un an et quatre mois. 
8Et David et ses hommes montèrent et firent des incursions chez les Gueshuriens, et les Guirziens, et les Amalékites ; car ces [nations], dès les temps anciens, habitaient le pays, quand tu viens vers Shur et jusqu’au pays d’Égypte. 9Et David frappa le pays ; et il ne laissait vivre ni homme ni femme, et il prenait le menu et le gros bétail, et les ânes, et les chameaux, et les vêtements ; et il s’en retournait et venait vers Akish. 10Et Akish disait : N’avez-vous pas fait d’incursion aujourd’hui ? Et David disait : Vers le midi de Juda, et vers le midi des Jerakhmeélites, et vers le midi des Kéniens. 11Et David ne laissait vivre ni homme ni femme pour les ramener à Gath, de peur, disait-il, qu’ils ne rapportent quelque chose contre nous, disant : Ainsi a fait David. Et telle fut sa coutume pendant tous les jours qu’il habita la campagne des Philistins. 12Et Akish crut David, et disait : Il s’est mis en mauvaise odeur auprès de son peuple, auprès d’Israël, et il sera mon serviteur à toujours. 

1 Samuel 28

1Et il arriva, en ces jours-là, que les Philistins rassemblèrent leurs arméesb pour la guerre, pour combattre contre Israël ; et Akish dit à David : Sache bien que tu sortiras avec moi [pour aller] au camp, toi et tes hommes. 2Et David dit à Akish : Aussi tu sauras ce que ton serviteur fera. Et Akish dit à David : Aussi je t’établirai, pour toujours, gardien de ma personnec

(Traduction J.N. Darby)

Notes

a. litt. : maison.

b. armées, ou camps ; ainsi, v. 19 et 29. 1, 6.

c. litt. : tête.

1. David chez Akish, roi de Gath

Fuite de David dans le pays des Philistins : 27. 1-7

Après une période de fidélité pendant laquelle il avait montré à plusieurs reprises sa confiance en son Dieu, David se laisse submerger par les dangers immédiats. Au lieu de consulter l’Éternel, comme il l’avait fait précédemment (23. 2, 10, 11), il se repose sur sa propre sagesse et ses pensées personnelles. “Je périrai par la main de Saül”, dit-il. Dieu serait-il devenu impuissant ? David semble avoir oublié ses victoires, les délivrances dont il a été l’objet de la part de l’Éternel, les paroles d’encouragement et de foi que Jonathan, Abigaïl et même Saül ont prononcées à son sujet.

Devant le péril, David se décourage et manque de foi. Il ne retient pas ferme jusqu’au bout “la confiance et la gloire de l’espérance” [Héb. 3. 6, 14]. Il peut arriver qu’une défaillance succède rapidement à une période de fidélité. Élie le Thishbite en est un autre exemple : après avoir victorieusement tenu tête aux quatre cent cinquante prophètes de Baal, il est saisi de panique et de découragement devant la menace de Jézabel [1 Rois 18, 19]. Pierre aussi, alors qu’il marchait hardiment sur la mer, s’enfonça dans les eaux quand il regarda aux intempéries [Matt. 14. 29, 30]. Ainsi la foi du croyant semble s’épuiser parfois après un effort remarquable : le courage montré pendant l’épreuve disparaît. Il oublie que toute force vient de Dieu et ne continue pas à la lui réclamer. Il est alors tenté de se tourner vers un secours humain, voire ennemi. C’est pourquoi nous sommes exhortés à toujours tenir ferme : “après avoir tout surmonté, tenir ferme” [Eph. 6. 13].

David avait-il été présomptueux en déclarant : “L’Éternel rendra à chacun sa justice et sa fidélité” (26. 23) ? Cette trace de confiance en la chair expliquerait que soit permise la présente expérience.

Au reste, quitter la terre de Juda était contraire à l’injonction du prophète Gad (22. 5), qui demeurait toujours valable. David avait même maudit ceux qui le chasseraient de l’héritage (26. 19). Et pourtant c’est lui qui quitte cet héritage pour se réfugier chez les ennemis du peuple de Dieu, les Philistins. Sa précédente entrevue avec Akish ne lui avait certainement laissé que de mauvais souvenirs (21. 10-15). C’est ainsi que les tristes défaillances passées ne nous servent pas toujours de leçon pour l’avenir1. Comme David, nous pouvons nous lasser des souffrances liées au témoignage ; nous désirons pour un peu de temps prendre nos aises, mais cela nous fait sacrifier les principes directeurs de notre vie chrétienne.

En fuyant ainsi hors de Juda, David obtient effectivement un avantage immédiat : Saül renonce à le poursuivre. Mais en regard, quel grave préjudice : il déshonore l’Éternel, et met son âme dans un bien plus grand péril ! Si, sous la pression de l’adversité, nous sacrifions notre caractère de chrétien et d’étranger sur la terre, nous quittons le terrain de la communion avec Dieu (symbolisé par Juda2). David demande une ville à Akish pour y résider (v. 5). Sans doute lassé de son errance de déserts en cavernes, il cherche le confort d’une ville, fut-elle chez l’ennemi. Akish assigne Tsiklag3 à David ; il y restera seize mois (v. 7). Mais pourra-t-il trouver du repos chez ces idolâtres ?

Expéditions de David : 27. 8-12

A ce premier faux pas, David en ajoute bien vite d’autres. Avec sa troupe, il effectue des razzias contre des peuplades du désert de Shur (v. 8) où il montre beaucoup de violence et de cruauté. Mais, comme il est redevable à Akish de son hébergement, il essaye de lui cacher ses véritables sentiments à l’égard d’Israël en laissant croire au roi que ses incursions étaient dirigées contre ses compatriotes4. Il ajoute ainsi le mensonge et la dissimulation à la violence.

Ces victoires de David, bien que dirigées contre les ennemis de son peuple, peuvent-elles être comparées à ses précédents succès ou aux victoires du temps de Josué ou des Juges ? Sont-elles acquises par les “combats de l’Éternel” (25. 28) ?

Dieu laisse faire pourtant, et permet que le stratagème réussisse. David obtient ainsi la confiance d’Akish par la fraude et non par la foi. Il accepte que le roi philistin le tienne définitivement pour un traître à son peuple (v. 12). Triste témoignage rendu par l’ancien vainqueur de Goliath de Gath !

Tirons-en deux importantes leçons. Tout d’abord, ne soyons jamais redevables à l’ennemi [2 Pi. 2. 19], car finalement il nous asservira (“il sera mon serviteur à toujours”, a dit Akish au v. 12). Deuxièmement, ne croyons pas pouvoir témoigner efficacement et servir Dieu en vivant de compromis : rester attaché de cœur au peuple de Dieu, d’une part, et jouir de l’amitié et des faveurs du monde, d’autre part. On commence par invoquer les convenances sociales, puis on se conforme de plus en plus au monde. En même temps, comme David, on veut se montrer très zélé pour combattre les erreurs et proclamer des vérités importantes. Cette grande activité cherche à compenser une position critiquable. Mais ceux qui nous écoutent sont aussi ceux qui nous voient marcher. Que de personnes n’ont pu être ramenées de l’égarement, non parce que nos paroles manquaient d’orthodoxie, mais à cause de notre comportement envers elles et de notre manque de fidélité en général !

Invitation d’Akish à faire la guerre contre Israël : 28. 1, 2

Akish propose alors à David de l’accompagner pour faire la guerre contre Israël. Voilà une situation qu’il n’avait pas envisagée. Il y fait face dans l’immédiat par une réponse ambiguë qu’Akish prend comme un consentement. En retour, le roi l’élève au rang de garde du corps. Était-ce pour cela que David avait été oint ?

Ainsi, Dieu peut laisser un croyant suivre un moment son propre chemin ; mais tôt ou tard, un choix imprévu surgira (promotion, association, etc.). L’honneur proposé sera souvent d’autant plus grand que le chrétien est plus engagé dans le monde. Que fera-t-il devant cette épreuve de conscience ?

Notes
1 –

Abraham est descendu en Égypte une première fois, en cachant sa relation avec Saraï, sa femme (Gen. 12. 14-20). Il retombe à nouveau dans le même piège en descendant à Guérar (Gen. 20).

2 –

Le nom de Juda signifie “louange”.

3 –

Tsiklag est au sud-est de Gath. Elle avait appartenu à Juda (Jos. 15. 31) et lui sera rendue plus tard.

4 –

Les Jérakhmeélites étaient des descendants de Juda (1 Chr. 2. 9), tandis que les Kéniens, issus de la famille de Moïse avaient été de tout temps des alliés d’Israël (15. 6 ; Jug. 1. 16).

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