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Le premier livre de Samuel
Sondez les Écritures - 3ème année

1 Samuel 18

1 Samuel 18

1Et il arriva, comme il achevait de parler à Saül, que l’âme de Jonathan se lia à l’âme de David ; et Jonathan l’aima comme son âme. 2Et Saül le prit ce jour-là, et ne lui permit pas de retourner à la maison de son père. 3Et Jonathan fit alliance avec David, parce qu’il l’aimait comme son âme. 4Et Jonathan se dépouilla de la robe qui était sur lui, et la donna à David, ainsi que ses vêtements, jusqu’à son épée, et à son arc, et à sa ceinture. 5Et David allaita partout où Saül l’envoyait, [et] il prospérait ; et Saül l’établit sur les hommes de guerre, et il était agréable aux yeux de tout le peuple, et même aux yeux des serviteurs de Saül. 
6Et il arriva que, comme ils revenaient, lors du retour de David après qu’il eut frappé le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël à la rencontre du roi Saül, avec joie, en chantant et en dansant, avec des tambourins et des triangles. 7Et les femmes qui jouaient s’entre-répondaient et disaient : Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille. 8Et Saül fut très irrité, et cette parole fut mauvaise à ses yeux, et il dit : On en a donné à David dix mille, et à moi, on m’a donné les mille : il n’y a plus pour lui que la royauté. 9Et depuis ce jour-là et dans la suite, Saül eut l’oeil sur David. 
10Et il arriva, dès le lendemain, qu’un mauvais esprit [envoyé] de Dieu saisit Saül ; et il prophétisa dans l’intérieur de la maison, et David jouaitb comme les autres jours, et il y avait une lance dans la main de Saül. 11Et Saül jeta la lance, et dit : Je frapperai David et la paroic. Et David se détourna de devant lui par deux fois. 
12Et Saül eut peur de David ; car l’Éternel était avec lui, et il s’était retiré de Saül. 13Et Saül l’éloigna de lui, et l’établit chef de millier ; et [David] sortait et entrait devant le peuple. 14Et David était saged dans toutes ses voies ; ete l’Éternel était avec lui. 15Et Saül vit qu’il était très sage, et il le craignit. 16Et tout Israël et Juda aimaient David, car il sortait et entrait devant eux. 17Et Saül dit à David : Voici ma fille aînée, Mérab ; je te la donnerai pour femme ; seulement, sois-moi un homme vaillant, et combats les combats de l’Éternel. Or Saül disait : Que ma main ne soit pas sur lui, mais que la main des Philistins soit sur lui. 18Et David dit à Saül : Qui suis-je, et quelle est ma vie, quelle est en Israël la famille de mon père, pour que je sois gendre du roi ?  19Et il arriva qu’au moment où l’on devait donner Mérab, fille de Saül, à David, elle fut donnée pour femme à Adriel, le Meholathite. 
20Et Mical, fille de Saül, aima David ; et on le rapporta à Saül, et la chose fut bonnef à ses yeux. 21Et Saül dit : Je la lui donnerai, et elle lui sera en piège, et la main des Philistins sera sur lui. Et Saül dit à David : Par l’une ou l’autreg, tu seras aujourd’hui mon gendre. 22Et Saül commanda à ses serviteurs : Parlez secrètement à David, en disant : Voici, le roi prend plaisir en toi, et tous ses serviteurs t’aiment ; maintenant donc sois gendre du roi. 23Et les serviteurs de Saül dirent ces paroles aux oreilles de David. Et David dit : Est-ce peu de chose à vos yeux que de devenir gendre du roi ? et moi, je suis un homme pauvre et peu considérable. 24Et les serviteurs de Saül lui rapportèrent cela, disant : David a parlé de cette manière. 25Et Saül dit : Vous direz ainsi à David : Le roi ne désire point de dot, mais cent prépuces de Philistins, pour que le roi soit vengé de ses ennemis. Et Saül pensait faire tomber David par la main des Philistins. 26Et ses serviteurs rapportèrent ces paroles à David, et la chose fut bonneh aux yeux de David de devenir gendre du roi. Et les jours n’étaient pas accomplis, 27que David se leva, et s’en alla, lui et ses hommes, et frappa deux cents hommes des Philistins ; et David apporta leurs prépuces, et on en livra au roi le nombre complet, pour qu’il fût gendre du roi. Et Saül lui donna Mical, sa fille, pour femme. 
28Et Saül vit et connut que l’Éternel était avec David ; et Mical, fille de Saül, l’aimait. 29Et Saül eut encore plus peur de David, et Saül fut ennemi de David tous ses jours. 30Or les chefs des Philistins entrèrent en campagnei ; et chaque fois qu’ils entraient en campagne, David prospérait plus que tous les serviteurs de Saül ; et son nom fut en grande estime. 

(Traduction J.N. Darby)

Notes

a. ailleurs : entrait en campagne ; litt. : sortait.

b. litt. : jouait de sa main.

c. c.-à-d. : Je le clouerai avec ma lance à la paroi.

d. ailleurs aussi : prospérait.

e. ou : car.

f. ici, litt. : droite.

g. ou : Pour la seconde fois.

h. ici, litt. : droite.

i. litt. : sortirent, ici et ailleurs.

1. David, objet d’amour et de haine

Ce chapitre met en contraste deux hommes :

– David, humble, énergique, attirant, aimé, rempli de sagesse et béni par son Dieu qui est avec lui ;

– Saül, jaloux, violent, hypocrite, rusé, en proie à la peur, délaissé de Dieu.

David est à la fois aimé de Jonathan, de Mical et du peuple et haï par Saül. Ces deux aspects seront considérés successivement.

L’amour pour David

Au lendemain de sa victoire, il était naturel que David jouisse d’une période de faveur. Une grande délivrance avait été opérée. Quelle joie pour chacun ! David est honoré de tous, même de Saül, qui jusque là ne lui avait pas accordé beaucoup d’importance (v. 2).

Cette scène évoque la grande joie qui remplissait les cœurs de tous ceux qui, aux premiers temps de l’Église, s’étaient placés au bénéfice de la victoire du Sauveur, mort et ressuscité.

– 1. L’amour de Jonathan – l’amour pur : v. 1-4

Jonathan avait entendu les propos de David répondant à Goliath avant le combat auquel il avait assisté. Et il fut attiré en l’entendant parler à son père (v. 1). Un amour total naît dans son cœur, en même temps qu’une grande admiration pour la personne de David. Ces sentiments sont scellés par un serment entre eux deux. Jonathan, loin de faire état de ses propres succès ou de ses droits princiers, s’abaisse et se dépouille au profit de David [Phil. 3. 8, 12] :

. de sa robe de prince héritier en Israël, comme pour lui préparer le chemin du trône,

. de son épée, symbole de ses victoires,

. de son arc, signe de son influence morale à distance [2 Sam. 1. 22 ; Ps. 18. 34] ;

. de sa ceinture, figure du service, en témoignage de son attachement et de son dévouement total.

David puisera plus tard consolation et réconfort dans cette profonde amitié, quand il sera en butte à toute la haine de Saül.

Prophétiquement, Jonathan est le type du résidu juif fidèle qui aime le Seigneur pendant son humiliation et avant son exaltation. Par contre, Saül apparaît comme le type des Juifs hostiles et incrédules, meurtriers de Christ.

Pour nous, Jonathan est une belle image du croyant qui, attiré par l’amour du Seigneur, met à son service tout ce qu’il possède. Christ attend que son racheté lui donne spontanément ce qu’il pourrait légitimement garder pour lui et que, à son exemple, il se renonce lui-même [Luc 9. 23].

– 2. L’amour du peuple d’Israël et de Juda – l’amour de la gratitude : v. 6, 7, 16

Après une victoire, il était traditionnel d’accueillir triomphalement le vainqueur. Ici, dans un élan spontané, les femmes sont les premières à le faire [Jug. 11. 34 ; Ex. 15. 20]. La pureté et la droiture de leur cœur les amènent à une juste appréciation : elles mettent David au-dessus de Saül qui n’avait eu aucun mérite dans cette victoire.

Tout Israël et Juda, et pas seulement les femmes, aiment David qui se mêle à eux : il entre et sort devant eux (v. 16), ce qui le qualifie pour prendre soin du peuple [Nom. 27. 16, 17]. Sa victoire ne l’a pas rendu hautain : si Dieu nous élève, sachons rester accessibles et humbles.

– 3. L’amour des serviteurs – l’amour par admiration : v. 5, 22

Comme David a donné des preuves de ses capacités, Saül estime dans son intérêt de lui donner des responsabilités croissantes (v. 5, 12). Toutefois, Abner reste commandant de l’armée. L’humilité du jeune fils d’Isaï fait que ses promotions ne suscitent aucune jalousie parmi les proches du roi. Au contraire, il leur est agréable et tous l’aiment (v. 22). Telle devrait être notre attitude lorsque le Seigneur bénit le service d’un frère proche de nous.

– 4. L’amour de Mical – l’amour naturel : v. 20, 28

Mical présente un autre type d’amour : l’amour naturel d’une jeune fille pour un jeune homme. En revanche, Saül bafoue tous ces sentiments légitimes en disposant de ses filles selon ses visées personnelles (v. 17, 19, 21, 25 ; 25. 44) [2 Sam. 3. 13].

– 5. L’amour de Saül – l’amour égocentrique : v. 2, 5

C’est un amour qui cherche son propre intérêt. Naguère, Saül aimait le joueur de harpe au point d’en faire son porteur d’armes (16. 21). Ici, il apprécie le jeune homme fort et vaillant, et le garde continuellement avec lui (v. 2 ; 17. 15). Mais Saül l’aime dans la mesure où il en tirera profit, sans avoir à faire aucun sacrifice en retour. En fait, cet “amour” se changera rapidement en haine quand ses intérêts personnels seront en jeu.

De même, l’homme naturel est toujours disposé à bénéficier des heureux résultats de la victoire du Seigneur : en retirer des avantages matériels ou être délivré de circonstances pénibles. Mais qu’on ne lui parle pas des droits du Sauveur sur ses rachetés !

La haine pour David

– 1. La jalousie de Saül : v. 6-9

La gloire de David commence à éclipser celle du roi (v. 7). Il craint que David prenne sa place ; se souvient-il de la sentence de Samuel (15. 28) ? Cette jalousie est le début d’un terrible enchaînement de maux en pensées, en paroles et en actes ; jusqu’à sa mort (31. 4), Saül montrera orgueil, égoïsme, ingratitude, jalousie, haine, colère, violence, ruse, machination, hypocrisie, peur, tristesse. Toutes ces ténèbres morales ne feront que mettre en relief le cœur simple et dévoué de David, l’élu de Dieu, souffrant pour lui et le louant.

– 2. La première tentative de meurtre de Saül : v. 10, 11

Dans ces dispositions morales, Saül tombe facilement sous l’influence de Satan (v. 10). Insensible au ministère d’amour de David, il est envahi, au contraire, par une intention meurtrière qu’il met par deux fois à exécution. Il ne peut plus supporter la droiture de David [1 Jean 3. 12]. Une fois de plus, Saül nous montre ce qui habite le fond de notre cœur naturel.

– 3. La première ruse de Saül : v. 12-19

La jalousie engendre la colère, et la colère engendre la violence. Mais Saül a conscience que l’Éternel est avec David (v. 12, 14, 28) et qu’il est très sage (v. 15). Il a peur (v. 12), puis très peur (v. 29). Il cherche donc par ruse à tuer David indirectement (v. 17). Tous ses plans vont être déjoués, car David est protégé par Dieu.

David remplit toutes les conditions pour avoir Mérab pour femme ; toutefois, sans explication, elle est donnée à un autre (v. 18). Sans rancœur devant cette injustice, David demeure un modèle d’humilité : “Qui suis-je et quelle est ma famille pour être gendre du roi ?” [Ruth 2. 10]

– 4. La deuxième ruse de Saül : v. 20-27

L’amour de Mical pour David fournit une nouvelle occasion à Saül de le mettre en danger. David y répond par de nouvelles prouesses, dépassant toutes les exigences du roi. Mais, quelle hypocrisie dans les paroles de Saül (v. 22) [Ps. 55. 21], qui rappellent les propos des pharisiens au Seigneur [Matt. 22. 16] !

La prospérité de David : v. 28-30

Saül, qui est à tort l’ennemi de David, restera dominé par la peur et l’esprit de vengeance. Au contraire, David, dépendant de l’Éternel, prospérera et réussira en tout temps et en tout lieu [Ps. 57. 2].

Ce chapitre présente aussi une image de notre époque : les Philistins figurent le pouvoir séculier dans ce monde ; Saül, le pouvoir religieux en rapport avec Dieu, mais jaloux de son autorité et de ses prérogatives. Or celles-ci lui ont partiellement échappé aux périodes de réveil, lors de la mise en lumière de l’évangile de la pure grâce de Dieu (symbolisée par la harpe de David) ; le monde religieux infidèle y a répondu par des persécutions (la lance de Saül).

Contemplons surtout en David, le type du Fils de David, objet de jalousie et de complots [Matt. 21. 46 ; 26. 4], mais qui a montré, en perfection, la douceur, l’humilité, la grâce et l’amour. Jésus n’est-il pas celui dont le nom est et sera “en grande estime” [Phil. 2. 10, 11] ?

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