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Le premier livre de Samuel
Sondez les Écritures - 3ème année

1 Samuel 8

1 Samuel 8

1Et il arriva que, lorsque Samuel fut vieux, il établit ses fils juges sur Israël. 2Et le nom de son fils premier-né était Joël, et le nom de son second [fils], Abija : ils jugeaient à Beër-Shéba. 3Et ses fils ne marchaient pas dans ses voies ; mais ils se détournaient après le gain déshonnête, et prenaient des présents, et faisaient fléchir le jugement. 4Et tous les anciens d’Israël s’assemblèrent et vinrent vers Samuel, à Rama ;  5et ils lui dirent : Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent pas dans tes voies ; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme toutes les nations. 6Et la chose fut mauvaise aux yeux de Samuel, qu’ils eussent dit : Donne-nous un roi pour nous juger. Et Samuel pria l’Éternel. 
7Et l’Éternel dit à Samuel : Écoute la voix du peuple en tout ce qu’ils te disent ; car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, mais c’est moi qu’ils ont rejeté, afin que je ne règne pas sur eux. 8Selon toutes les actions qu’ils ont commises, depuis le jour où je les ai fait monter d’Égypte, jusqu’à ce jour, en ce qu’ils m’ont abandonné et ont servi d’autres dieux : ainsi ils font aussi à ton égard. 9Et maintenant, écoute leur voix ; seulement tu leur rendras clairement témoignage, et tu leur annonceras le régime du roi qui régnera sur eux. 
10Et Samuel dit toutes les paroles de l’Éternel au peuple qui lui demandait un roi. 11Et il dit : Ce sera ici le régime du roi qui régnera sur vous : il prendra vos fils et les mettra pour lui sur son char et parmi ses cavaliers, et ils courront devant son char ;  12et [il les prendra] pour s’en faire des chefs de milliers et des chefs de cinquantaines, et pour labourer ses champs, et pour récolter sa moisson, et pour faire ses instruments de guerre et l’attirail de ses chars. 13Et il prendra vos filles pour parfumeuses et pour cuisinières et pour boulangères. 14Et il prendra vos champs et vos vignes et vos oliviers, les meilleurs, et les donnera à ses serviteurs ;  15et il prendra la dîme de vos semences et de vos vignes, et la donnera à ses eunuquesa et à ses serviteurs ;  16et il prendra vos serviteurs et vos servantes et vos jeunes hommes d’élite, les meilleurs, et vos ânes, et les emploiera à ses ouvrages ;  17il dîmera votre menu bétail, et vous serez ses serviteurs. 18Et en ce jour-là vous crierez à cause de votre roi que vous vous serez choisi ; mais l’Éternel ne vous exaucera pas, en ce jour-là. 
19Et le peuple refusa d’écouter la voix de Samuel ; et ils dirent : Non, mais il y aura un roi sur nous, 20et nous serons, nous aussi, comme toutes les nations ; et notre roi nous jugera, et il sortira devant nous et conduira nos guerres. 21Et Samuel écouta toutes les paroles du peuple, et les rapporta aux oreilles de l’Éternel. 22Et l’Éternel dit à Samuel : Écoute leur voix, et établis sur eux un roi. Et Samuel dit aux hommes d’Israël : Allez chacun dans sa ville. 

(Traduction J.N. Darby)

Notes

a. aussi : officiers de cour, chambellans.

1. Israël demande un roi

L’inconduite des fils de Samuel : v. 1-3

Le temps a maintenant passé, et Samuel arrive à la fin de sa vie. Alors, il établit ses fils comme juges sur Israël, non pour préparer sa succession, mais vraisemblablement pour se faire seconder dans la partie sud du pays la plus éloignée, à Beër-Shéba. Pourtant, en agissant ainsi, Samuel commet une erreur, puisqu’il prend ces dispositions de son propre chef sans consulter Dieu. Et cette situation va fournir aux anciens un des arguments pour demander un roi.

Samuel ignorait probablement la triste conduite de ses fils ; il n’était pas un homme à les honorer plus que Dieu, comme Éli. Contrairement à ce dernier, l’Éternel ne fait aucun reproche à Samuel sur ce sujet. La foi et la piété sont personnelles ; aussi ne jetons pas la pierre à des parents fidèles dont les enfants ne suivent pas leurs traces.

Le peuple demande un roi : v. 4-6

Représenté par ses anciens, le peuple, ingrat et oublieux, n’a pas assez de foi pour marcher avec Dieu sans conducteur visible.

Le propos de Dieu était bien qu’un jour, il y ait un roi sur Israël. Mais Dieu avait en vue pour cette fonction son Fils unique et bien-aimé, qu’il établirait même prince des rois de la terre. Il l’avait annoncé à Abraham [Gen. 17. 16], à Jacob [Gen. 35. 11] et à tout le peuple par Moïse : “Tu établiras sur toi le roi que l’Éternel ton Dieu choisira” [Deut. 17. 14-20].

Samuel ressent tout de suite l’iniquité d’une telle demande. Le voilà presque rejeté, lui qui avait acquis progressivement et depuis longtemps une autorité morale incontestée (3. 20), lui qui n’avait jamais voulu prendre le pouvoir comme il en aurait eu l’occasion, lors de la triple disparition d’Éli et de ses fils. Quelle déception et quelle tristesse pour lui ! Les anciens n’ont ni égard ni délicatesse pour l’homme âgé :

– “Tu es vieux” : En fait, on estime qu’à cette époque Samuel avait environ soixante ans. Il avait toute son énergie, comme il le montrera plus tard (15. 33).

– “Tes fils ne marchent pas dans tes voies” : Ce n’est qu’un prétexte de la part des anciens, mais ce rappel brutal est une blessure profonde pour le cœur du père [Prov. 19. 13].

Mais Samuel pense plus à l’Éternel qu’à son propre rejet. Car le peuple demande un roi “comme toutes les nations”. Or l’Éternel était lui-même roi en Israël, comme il avait été dit : “L’Éternel son Dieu est avec lui et un chant de triomphe royal est au milieu de lui” [Nom. 23. 21 ; Osée 8. 4]. Il est difficile d’être différent des autres par fidélité à Dieu.

L’attitude de Samuel en face des anciens est pleine de noblesse : il les écoute silencieusement, puis, à son habitude, il se tourne vers son Dieu en prière pour lui exposer la situation. C’est un exemple pour nous : lorsque des reproches qui nous semblent injustes, nous sont adressés, recherchons la présence et la pensée de Dieu par la prière.

La réponse de l’Éternel : v. 7-9

Samuel n’accuse pas ici le peuple, comme le fera plus tard Élie le Thishbite. Son attitude constante est plutôt de prendre sa défense, comme Moïse autrefois. Mais Samuel ne peut approuver cette demande. Dieu, qui connaît le cœur des hommes et leurs vrais mobiles, lui en donne la raison profonde : “C’est moi qu’ils ont rejeté”. On peut donner au moins trois raisons à ce rejet :

– 1. L’ingratitude : Israël oublie sa position à part des autres nations [Nom. 23. 9] et sa gloire ; il est la seule nation que Dieu appelle “mon peuple” [Ex. 19. 6].

– 2. Le désir d’indépendance : les Israélites se sentent trop à l’étroit sous l’autorité des lois de Dieu et s’imaginent avoir plus de liberté avec un roi comme toutes les nations.

– 3. La sécurité humaine à la place de la confiance de la foi : il leur faut un homme visible plutôt qu’un Dieu invisible. Ils veulent une autorité permanente et non une succession de juges temporaires. Ils ont peur de Nakhash, roi des fils d’Ammon (12. 12) et pensent qu’un roi les protégerait.

Tel a toujours été le cœur de l’homme depuis Éden : il ne cesse de montrer ingratitude, méconnaissance de ses privilèges, esprit d’indépendance. L’homme veut rompre tout lien avec Dieu, même si ces liens sont des “liens d’amour” [Osée 11. 4]. Il préfère se confier en ses propres ressources qu’en Dieu [Ex. 32. 1].

La réponse de l’Éternel apaise Samuel : Dieu l’associe à lui dans le même opprobre. Préférons, comme le prophète, être rejeté avec Dieu plutôt que populaire sans lui.

Samuel sait maintenant ce qu’il doit faire. S’il avait de son propre chef refusé la demande du peuple, il aurait été accusé de vouloir garder le pouvoir. S’il avait accepté d’emblée sa voix, il se serait incliné devant ceux qui voulaient rejeter Dieu, comme Pilate [Luc 23. 23-25].

Dieu laisse donc le peuple tenter l’expérience. Plus tard, Dieu ôtera ce dictateur : “Je t’ai donné un roi dans ma colère et je l’ai ôté dans ma fureur” [Osée 13. 11].

Les droits du roi : v. 10-18

Les Israélites auront un roi selon leur cœur, c’est à dire charnel. Leur roi les traitera selon les mœurs des souverains de l’époque. Six fois il est dit : “il prendra”. L’homme croit se rendre plus libre en rejetant l’autorité de Dieu, mais en réalité, il devient esclave de sa nature charnelle. Les conséquences de cet asservissement sont multiples et sont suggérées par les divers droits du roi : l’absence de vie familiale (v. 11), les conflits (v. 12), la poursuite du plaisir (v. 13), les exactions (v. 14), la pénurie matérielle (v. 15, 17), la détresse morale (v. 18).

N’est-ce pas ce que nous constatons souvent, tant sur le plan personnel que sur l’ensemble de la société ?

L’obstination du peuple : v. 19-22

Le peuple s’obstine, malgré ces sérieux avertissements, plein d’illusion sur le prestige que lui donnerait un souverain. Dieu enjoint pour la troisième fois à Samuel de les écouter (v. 7, 9, 22). Celui-ci dissout donc l’assemblée sans un mot de reproche. Désirons, pour notre part, rester uniquement sous le joug aisé de notre Seigneur !

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