Bannière

Le premier livre de Samuel
Sondez les Écritures - 3ème année

1 Samuel 5. 1 - 7. 1

1 Samuel 5

1Et les Philistins prirent l’arche de Dieu et la transportèrent d’Ében-Ézer à Asdod. 2Et les Philistins prirent l’arche de Dieu et l’apportèrent dans la maison de Dagon et la placèrent à côté de Dagon. 3Et le lendemain, les Asdodiens se levèrent de bonne heure, et voici, Dagon était gisant sur sa face contre terre, devant l’arche de l’Éternel ; et ils prirent Dagon et le remirent à sa place. 4Et ils se levèrent de bonne heure le lendemain matin, et voici, Dagon était gisant sur sa face contre terre, devant l’arche de l’Éternel ; et la tête de Dagon et les deux paumes de ses mains coupées étaient sur le seuil ; le Dagona seul était resté. 5C’est pourquoi les sacrificateurs de Dagon, et tous ceux qui entrent dans la maison de Dagon, ne marchent pas sur le seuil de Dagon, à Asdod, jusqu’à ce jour. 
6Et la main de l’Éternel s’appesantit sur les Asdodiens, et il les désola ; et il frappa d’hémorroïdes Asdod et ses confins. 7Et les hommes d’Asdod, voyant qu’il en était ainsi, dirent : L’arche du dieu d’Israël ne restera pas avec nous ; car sa main pèse durement sur nous et sur Dagon, notre dieu. 8Et ils envoyèrent, et assemblèrent auprès d’eux tous les princes des Philistins, et dirent : Que ferons-nous de l’arche du dieu d’Israël ? Et ils dirent : Qu’on dirige l’arche du dieu d’Israël vers Gath. Et ils y dirigèrent l’arche du Dieu d’Israël. 9Et, après qu’ils l’y eurent dirigée, il arriva que la main de l’Éternel fut sur la ville : il y eut un très grand trouble, et il frappa les hommes de la ville, depuis le petit jusqu’au grand, et ils eurent des éruptions d’hémorroïdes. 
10Et ils envoyèrent l’arche de Dieu à Ékron. Et il arriva, comme l’arche de Dieu entrait à Ékron, que les Ékroniens poussèrent des cris, disant : Ils ont dirigé vers nous l’arche du dieu d’Israël, pour nous faire mourir, nous et notre peupleb11Et ils envoyèrent, et assemblèrent tous les princes des Philistins, et dirent : Renvoyez l’arche du dieu d’Israël, et qu’elle retourne en son lieu, afin qu’elle ne nous fasse pas mourir, nous et notre peupleb. Car il y avait une consternation mortelle dans toute la ville : la main de Dieu s’y appesantissait fort, 12et les hommes qui ne mouraient pas étaient frappés d’hémorroïdes ; et le cri de la ville montait aux cieux. 

1 Samuel 6

1Et l’arche de l’Éternel fut sept mois dans le paysc des Philistins ;  2et les Philistins appelèrent les sacrificateurs et les devins, disant : Que ferons-nous de l’arche de l’Éternel ? Faites-nous savoir comment nous la renverrons en son lieu. 3Et ils dirent : Si vous renvoyez l’arche du dieu d’Israël, ne la renvoyez pas à vide ; ne manquez pas de lui rendre un sacrifice pour le délit ; alors vous serez guéris, et vous saurez pourquoi sa main ne s’est pas retirée de vous. 4Et ils dirent : Quel est le sacrifice pour le délit que nous lui rendrons ? Et ils dirent : Selon le nombre des princes des Philistins, cinq hémorroïdes d’or, et cinq souris d’or ; car une même plaie a été sur vous tousd et sur vos princes. 5Et vous ferez des figures de vos hémorroïdes, et des figures de vos souris qui détruisent le pays, et vous donnerez gloire au dieu d’Israël. Peut-être allégera-t-il sa main de dessus vous, et de dessus vos dieux, et de dessus votre pays. 6Et pourquoi endurciriez-vous votre coeur, comme les Égyptiens et le Pharaon ont endurci leur coeur ? Après qu’il eut opéré puissamment parmi eux, ne les laissèrent-ils pas aller ? et ils s’en allèrent. 7Et maintenant, faites un chariot neuf, et prenez deux vaches qui allaitent, sur lesquelles le joug n’ait jamais été mis, et attelez les vaches au chariot, et faites ramener à la maison leurs petits d’auprès d’elles. 8Et prenez l’arche de l’Éternel, et mettez-la sur le chariot, et mettez dans un coffret, à côté d’elle, les objets d’or que vous lui rendez comme offrande pour le délit ; et vous la renverrez, et elle s’en ira. 9Et vous verrez : si elle monte par le chemin de sa frontière, vers Beth-Shémesh, c’est lui qui nous a fait ce grand mal ; sinon, nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés, [mais] que c’est une chose accidentelle qui nous est arrivée. 
10Et les hommes firent ainsi, et prirent deux vaches qui allaitaient, et les attelèrent au chariot, et enfermèrent leurs petits dans la maison ;  11et ils mirent l’arche de l’Éternel sur le chariot, et le coffret, avec les souris d’or et les figures de leurs hémorroïdes. 12Et les vaches allèrent tout droit par le chemin, du côté de Beth-Shémesh ; elles marchèrent par une seule route, allant et mugissant, et elles ne se détournèrent ni à droite ni à gauche ; et les princes des Philistins allèrent après elles jusqu’à la frontière de Beth-Shémesh. 13Et ceux de Beth-Shémesh moissonnaient les froments dans la vallée ; et ils levèrent leurs yeux et virent l’arche, et se réjouirent en la voyant. 
14Et le chariot vint au champ de Josué, le Beth-Shémite, et s’arrêta là. Et il y avait là une grande pierre ; et ils fendirent le bois du chariot, et offrirent les vaches en holocauste à l’Éternel. 15Et les Lévites descendirent l’arche de l’Éternel, et le coffret qui était auprès, dans lequel étaient les objets d’or, et ils les mirent sur la grande pierre. Et les hommes de Beth-Shémesh offrirent en ce jour des holocaustes et sacrifièrent des sacrifices à l’Éternel. 16Et les cinq princes des Philistins virent cela, et s’en retournèrent à Ékron ce jour-là. 
17Et ce sont ici les hémorroïdes d’or que les Philistins rendirent à l’Éternel comme offrande pour le délit : pour Asdod une, pour Gaza une, pour Askalon une, pour Gath une, pour Ékron une ;  18et les souris d’or, selon le nombre de toutes les villes des Philistins, des cinq princes, depuis les villes fortifiées jusqu’aux villages des campagnards ; et [ils les amenèrent] jusqu’à la grande [pierre d’]Abel, sur laquelle ils posèrent l’arche de l’Éternel ; elle est jusqu’à ce jour dans le champ de Josué, le Beth-Shémite. 19Et [l’Éternel] frappa des hommes de Beth-Shémesh, car ils regardèrent dans l’arche de l’Éternel ; et il frappa du peuple soixante-dix hommese ; et le peuple mena deuil, parce que l’Éternel avait frappé le peuple d’un grand coup. 20Et les hommes de Beth-Shémesh dirent : Qui peut tenir devant l’Éternel, ce Dieu saint ? Et vers qui montera-t-il de chez nous ?  21Et ils envoyèrent des messagers aux habitants de Kiriath-Jéarim, disant : Les Philistins ont ramené l’arche de l’Éternel : descendez, faites-la monter vers vous. 

1 Samuel 7

1Et les hommes de Kiriath-Jéarim vinrent, et firent monter l’arche de l’Éternel et l’apportèrent dans la maison d’Abinadab, sur la collinef ; et ils sanctifièrent Éléazar, son fils, pour garder l’arche de l’Éternel. 

(Traduction J.N. Darby)

Notes

a. c.-à-d. le tronc, qui avait la forme d’un poisson ; héb. : dag, signifie poisson.

b. litt. : moi et mon peuple.

c. ailleurs : champs, campagne.

d. litt. : sur eux tous.

e. qqs. ajoutent : cinquante mille hommes.

f. ou : à Guibha.

2. L’arche de l’Éternel chez les Philistins : 5. 1-12

La prise de l’arche était un jugement de Dieu sur le peuple aussi bien que sur la sacrificature (plus directement en vue ici) [Ps. 78. 56-64]. Dieu jugeait son peuple en permettant un tel châtiment [Gal. 6. 7]. Mais tout en parlant à son peuple, Dieu parle aux nations : les Philistins subiront un jugement sur leur dieu (v. 1-5), sur leur personne (v. 6-12) et sur leurs biens (6. 5).

L’humiliation du dieu des Philistins : v. 1-5

L’arche est menée triomphalement comme un trophée à Asdod, dans la maison de Dagon, dieu national des Philistins1. Pensaient-ils honorer l’arche en la plaçant à côté de cette statue ? Dans leur idolâtrie, les nations sont toujours disposées à adopter de nouveaux dieux. Les deux chérubins pouvaient peut-être à leurs yeux symboliser deux divinités (ils avaient déjà parlé “des” dieux d’Israël : 4. 8). Mais le seul vrai Dieu va revendiquer sa gloire [Es. 48. 11].

Le triomphe des Philistins va se changer en défaite, et leur orgueil en honte. L’arche captive devient conquérante [Ps. 78. 65, 66]. Devant les Philistins stupéfaits, Dagon est renversé une première fois devant l’arche, puis il est mutilé la seconde fois ; sa tête (l’intelligence) et ses mains (la puissance) sont coupées. Les Philistins, sans voir le ridicule de la situation, instituent, avec vénération et superstition, l’interdiction de marcher sur le seuil de la maison de leur idole.

De nos jours aussi, que de faux dieux sont ainsi honorés ! Or, derrière les idoles, se cachent les démons [1 Cor. 10. 19-21]. Dagon n’était qu’une statue ; l’arche, au contraire, un symbole représentant Dieu. Ils appartiennent l’une et l’autre au monde visible, mais sont en relation avec le monde invisible qui n’est pas moins réel. Cependant, l’humiliation de Dagon devant l’arche annonce la victoire de celui qui, à la croix, écrasera la tête du serpent [Gen. 3. 15 ; Marc 3. 27 ; Col. 2. 15 ; Héb. 2. 14].

Le jugement sur les Philistins : v. 6-12

Après Dagon, leur faux dieu, les Philistins eux-mêmes sont frappés par Dieu2. La main de Dieu s’appesantit de plus en plus : peur, angoisse, douleur, plaies honteuses, consternation mortelle (v. 11) et mort. Le pays lui-même est ravagé (6. 5). Tous sont atteints, car devant Dieu tous sont égaux (v. 9 ; 6. 4) [Apoc. 20. 12].

L’arche est déplacée dans le vain espoir que le mal ne suivra pas. Ainsi, l’homme réagit en cherchant à se soustraire aux conséquences du mal sans le juger. On cherche d’abord à soigner son corps et à éviter les difficultés matérielles avant de se soucier de guérir son âme d’un mal incurable, le péché.

3. Le retour de l’arche en Israël : 6. 1 - 7. 1

Comment se débarrasser de l’arche : v. 1-9

Devant l’épreuve qui les atteint, les Philistins sont obligés de reconnaître le doigt de Dieu (5. 7, 11 ; 6. 3), et de lui donner gloire (6. 5) [Ex. 9. 27 ; Dan. 2. 47 ; 3. 28 ; 4. 37 ; Phil. 2. 10, 11]. Les devins et les sacrificateurs (le pouvoir religieux) et les anciens (le pouvoir civil) sont d’accord pour renvoyer l’arche en Israël. De même, au lieu de se laisser pénétrer par la lumière divine, les hommes, se sentant jugés, sont effrayés et refusent le moyen du salut (symbolisé ici par l’arche dont le propitiatoire était aspergé de sang) [Marc 5. 17 ; Luc 23. 31 ; 19. 14 ; Act. 4. 26].

Mais de quelle manière faut-il renvoyer l’arche qui les terrorise depuis sept mois ? Pour apaiser ce Dieu si terrible, les Philistins décident d’offrir, selon la coutume païenne de l’époque, une image du mal subi. Ils ignorent totalement ce qui convient à Dieu. Les souris, même en or [1 Pi. 1. 18], sont pour lui des animaux impurs [Lév. 11. 29 ; Es. 66. 17].

Le monde n’a pas changé : il cherche à apaiser Dieu par un présent (par l’argent en particulier), par des œuvres de valeur ou par un formalisme de contraintes. Ce faisant, il laisse de côté le seul moyen donné par Dieu pour être sauvé. Seul le sang de l’Agneau peut satisfaire la justice de Dieu.

De même, transporter l’arche sur un chariot, même neuf, n’était pas le moyen choisi par Dieu. Mais il tient compte de l’ignorance des Philistins, alors que, pour le même acte, son peuple Israël sera châtié [2 Sam. 6. 1-11]. Le chariot neuf et les vaches qui n’avaient pas porté le joug semblent exprimer un certain respect craintif de Dieu.

Le retour de l’arche en Israël : v. 10-12

L’épreuve proposée par les devins démontre avec éclat la grandeur de Dieu : l’instinct maternel cède devant le Créateur de cet instinct et les vaches vont droit au but, à Beth-Shémesh3. Quel spectacle pour les princes des Philistins qui, sept mois plus tôt, se croyaient vainqueurs en se saisissant de l’arche ! Les voilà maintenant contraints de la suivre, dans une position humiliante pour eux, celle de serviteurs. Et Dieu, dans sa miséricorde et sa majesté, retourne à son peuple, car son propos est toujours d’être au milieu des siens.

L’arrivée de l’arche à Beth-Shémesh : v. 13-18

Le retour de l’arche est une source de joie [Luc 2. 20 ; Jean 20. 20]. Le nom de Beth-Shémesh, “la ville du soleil”, prend un sens particulier en ce jour où revient l’arche, figure de la lumière de Dieu au milieu de son peuple. Le peuple montre sa reconnaissance par un sacrifice, certes imparfait (il aurait fallu sacrifier un mâle au lieu de deux vaches laitières), mais que Dieu agrée [Jug. 6. 19 ; 2 Chr. 30. 18-20]. La présence de Dieu au milieu des siens ne peut être basée que sur le sacrifice de Christ. Par ailleurs, si notre louange (représentée par le sacrifice) est parfois bien imparfaite, Dieu dans sa grâce l’accepte si notre cœur est droit.

Après avoir été témoins du retour miraculeux de l’arche, les princes des Philistins sont les spectateurs de l’offrande des Beth-Shémites. Insensibles dans leur conscience et dans leur cœur, ils s’en retournent à leurs idoles. Ils sont l’image du triste état actuel du monde, étranger à la grâce et à la gloire de Dieu.

Les Beth-Shémites châtiés pour avoir regardé dans l’arche : 6. 19 - 7. 1

La joie et la bénédiction de la présence de Dieu peuvent être brusquement gâchées. Les Beth-Shémites font preuve de curiosité, de témérité et de mépris de la majesté de l’Éternel en cherchant à regarder dans l’arche. Pour cela, ils ont dû enlever son couvercle, le propitiatoire. Dès lors, il ne restait dans l’arche que les deux tables de la loi que Moïse y avaient placées en Horeb [1 Rois 8. 9]. Or la loi condamne et produit la mort [2 Cor. 3. 6, 9] ; aussi soixante-dix Beth-Shémites sont frappés.

Ne cherchons pas à scruter avec un esprit profane la personne de Christ, vrai Dieu et vrai homme. “Personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père” [Matt. 11. 27]. La liberté que nous avons de nous approcher du Seigneur n’enlève rien à la sainteté de sa présence ; devant lui, tout notre être se prosterne dans une profonde vénération.

Au lieu de mener deuil sur leur péché, les Beth-Shémites se lamentent uniquement sur ses conséquences, comme c’est souvent le cas (5. 12) [Gen. 4. 13 ; 2 Sam. 6. 9]. La crainte doit accompagner le sentiment de la grâce mais non le remplacer [Ps. 130. 4]. Une vraie humiliation aurait incité les Beth-Shémites à conserver l’arche chez eux. Au contraire, ils tombent d’une témérité coupable à une timidité excessive, et n’osent même plus porter l’arche eux-mêmes (v. 21).

La crainte des Beth-Shémites fait penser à ceux qui craignent une relation personnelle de communion avec Dieu. N’y a-t-il pas un heureux chemin qui évite la légèreté et l’indignité et en même temps la lâcheté et la fuite des responsabilités ? Appliquons-nous à garder l’équilibre, que seul le Seigneur a parfaitement réalisé !

L’arche ira à Kiriath-Jéarim, un lieu de repos plus propice pour elle que Silo, encore sous le souvenir récent de l’inconduite des fils d’Éli. A part une simple allusion (14. 18), il ne sera plus question d’elle pendant environ soixante-dix ans. Les hommes de Kiriath-Jéarim ne pouvaient ignorer ce qui s’était passé à Beth-Shémesh. Cependant ils acceptent l’offre, estimant peut-être que la présence de Dieu parmi eux serait une source de bénédiction. Les noms des hommes qui hébergent l’arche sont mentionnés4 (7. 1), car Dieu apprécie tout service pour lui.

Notes
1 –

Dagon signifie “poisson”. Cette idole, en effet, était formée d’une tête et d’un buste d’homme et d’une queue de poisson, mélange monstrueux d’un homme et d’une bête.

2 –

Il est difficile de préciser la nature de cette plaie : une dermite faite de furoncles ou de tumeurs. Elle rappelle une des plaies d’Égypte (Ex. 9. 8-12). Israël lui-même, en cas d’infidélité, était menacé de ce même mal (Deut. 28. 27). En général, une maladie de la peau symbolise la révélation extérieure d’un mal intérieur.

3 –

Ville située à 15 ou 20 km à l’est d’Asdod (Jos. 21. 16).

4 –

Abinadab signifie “père noble” et Eléazar, “celui que Dieu aide”.

Choisir un livre
Choisir un passage
×
Choisir un livre
Choisir un passage