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Le livre du prophète Joël
Sondez les Écritures - 4ème année

Joël 2. 1-27

Le chapitre 2 est centré sur Jérusalem, “Sion… ma sainte montagne”. C’est là, au lieu que l’Éternel a choisi [Deut. 26. 2 ; 2 Chr. 7. 16], que doit retentir l’avertissement : “le jour de l’Éternel vient”. Ce jour terrible, “un jour de nuées et d’épaisses ténèbres” amènera de grands troubles et des souffrances inouïes ; mais il annonce aussi la délivrance finale, car il est comparé à “l’aube qui s’étend sur les montagnes”. Et c’est aussi à Jérusalem que cette délivrance surviendra (v. 32 b).

Deux trompettes d’argent avaient été fabriquées et confiées aux sacrificateurs [Nom. 10]. Ils devaient en faire usage en diverses circonstances, notamment :

– En cas de danger, lorsque le peuple devait partir en guerre contre l’ennemi ; dans ce cas il fallait sonner très fort, “avec éclat”.

– Pour convoquer le peuple en assemblée ; alors on sonnait sans forcer le son.

Joël invite les sacrificateurs à sonner de la trompette, par deux fois et de ces deux manières.

1. La trompette sonne pour la guerre : v. 1-14

Le premier son de trompette – “Sonnez avec éclat” – pouvait être utilisé soit pour donner l’ordre de départ du camp, soit pour que les fils d’Israël soient “rappelés en mémoire devant l’Éternel” en cas de guerre. Il s’agit ici de cette dernière signification. La guerre était à la porte : une armée innombrable et terriblement efficace allait envahir le pays sans que personne puisse lui résister.

Quelle est cette armée ? C’est celle de l’ennemi dévastateur qui vient du Nord (2. 20), l’Assyrien [Es. 10 ; Dan. 11. 40]. Dans la description saisissante qui en est donnée, on voit sa ressemblance avec la nuée de sauterelles qui la préfigure au chapitre précédent. Les chevaux bondissent comme les sauterelles [Job 39. 23]. Celles-ci se répandent en rangs serrés et les flèches ne les atteignent pas. Leur bruit est terrifiant et leur nuage obscurcit même la lumière du soleil. Elles pénètrent partout sans que rien ne les arrête.

Le peuple n’est pas invité à se mettre en ordre de bataille pour tenter de repousser cette armée. L’Éternel l’appelle “son armée” ; c’est lui qui la dirige car elle est “l’exécuteur de sa parole”. Quand Dieu nous envoie un châtiment, individuellement ou collectivement, souvenons-nous toujours que c’est lui qui le fait [1 Rois 12. 34 ; Ps. 39. 9-11]. Il veut que nous nous tournions vers lui au lieu de chercher désespérément à nous opposer à l’instrument qu’il emploie [Osée 6. 1 ; Mich. 6. 9].

En effet, la seule ressource est auprès de l’Éternel qui presse encore les siens à revenir vers lui de tout leur cœur dans la confession et l’humiliation. Pour les encourager à le faire, l’Éternel rappelle ses propres caractères tels qu’il les a révélés à Moïse après l’épisode du veau d’or : “plein de grâce et miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté” [Ex. 34. 6]. David nous donne l’exemple d’un tel retour vers Dieu lorsqu’il a été puni pour avoir dénombré Israël [1 Chr. 21. 7-13]. Il faut que la confession soit sincère et profonde. Le danger est grand pour nous de “courber la tête comme un roseau” [Es. 58. 5] pour la relever dès que le châtiment est passé. Il ne faut pas se contenter d’une humiliation extérieure : déchirer ses vêtements seulement, alors qu’il faut réellement reconnaître et abandonner son péché [Jér. 4. 3, 4], avec une volonté brisée [Ps. 51. 17].

2. La trompette sonne pour le jeûne, l’humiliation et la supplication : v. 15-17

Encore une fois, les sacrificateurs sont invités à sonner de la trompette, non pas “avec éclat” comme la première fois, mais pour convoquer l’assemblée tout entière, hommes, femmes, vieillards, enfants et petits enfants. Aucune relation, aucune occupation ne doit servir de prétexte pour se dispenser de venir à ce rassemblement. Les sacrificateurs représentent le peuple devant Dieu. Il n’y a plus d’offrande ni de sacrifice, mais ils doivent se tenir à l’entrée du sanctuaire “entre le portique et l’autel” pour supplier l’Éternel en pleurant. L’Esprit de Dieu fournit lui-même les expressions propres à toucher le cœur de l’Éternel dont on sent les affections dans ces termes : “ton peuple”, “ton héritage”. Quelle peine pour Dieu d’envisager que les nations incrédules puissent dire aux siens : “Où est leur Dieu ?” [Ex. 32, 12 ; Ps. 42. 3 ; 115. 2]. Christ a connu cela sur la croix, lorsqu’il s’est chargé de la transgression de son peuple [Es. 53. 8 ; Matt. 27, 43].

3. La réponse de l’Éternel : v. 18-27

L’Éternel appelle son peuple à s’humilier et à supplier. Il a déjà préparé la réponse, à cause de lui-même et de son affection pour son peuple. Il faut qu’il soit glorifié dans son pays ; la famine cessera pour son peuple. Le jour viendra où Dieu punira les nations qui ont persécuté son peuple ; le grand ennemi, “celui qui vient du nord”, l’Assyrien, sera chassé puis détruit. Il s’était orgueilleusement élevé contre Dieu “pour faire de grandes choses”, mais c’est l’Éternel qui “fait de grandes choses”. Il déclare même à son peuple : “Vous louerez le nom de l’Éternel votre Dieu qui a fait des choses merveilleuses pour vous” (v. 26).

En contraste avec la sécheresse et la famine décrites précédemment, une abondante bénédiction est répandue d’en haut sur le pays, la première pluie et la dernière pluie. La prospérité est revenue par d’abondantes récoltes qui font oublier la pénurie passée. Certainement il y aura une application littérale de cette prédiction, mais la bénédiction morale qui découlera du règne de Christ sera encore plus bénéfique. Dieu réalisera alors son dessein d’habiter au milieu de son peuple (v. 27). Celui-ci goûtera une bénédiction sans restriction, mais plus encore il se réjouira en Dieu lui-même. C’est déjà la part proposée au croyant [Rom. 5. 11]. La connaissons-nous ?

La pluie est une fréquente image de la bénédiction [Deut. 11. 14 ; Ps 65. 9-13 ; 84. 6], alors que son absence est souvent un châtiment [1 Rois 17. 1 ; Jér 3. 3 ; Amos 4. 7]. Le climat de la Palestine présente une alternance de deux périodes de pluies à l’automne et au printemps séparées par des mois de sécheresse. L’abondance des récoltes dépendait en particulier des pluies de printemps (la dernière saison), avant la moisson.

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