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Le livre du prophète Joël
Sondez les Écritures - 4ème année

Joël 2. 1-27

Joël 2

1Sonnez de la trompette en Sion, sonnez avec éclat dans ma sainte montagne ! Que tous les habitants du pays tremblent, car le jour de l’Éternel vient ;  2car il est proche, un jour de ténèbres et d’obscurité, un jour de nuées et d’épaisses ténèbres : c’est comme l’aube qui s’étend sur les montagnes, – un peuple nombreux et fort, tel qu’il n’y en eut jamais, et qu’après lui, il n’y en aura point jusqu’aux années des générations et des générations. 
3Devant lui un feu dévore, et une flamme brûle après lui ; devant lui le pays est comme le jardin d’Éden, et après lui, la solitude d’un désert ; et rien ne lui échappe. 4Leur aspect est comme l’aspect des chevaux, et ils courent comme des cavaliers. 5Ils sautent : ... c’est comme le bruit des chars sur les sommets des montagnes, comme le bruit d’une flamme de feu qui dévore le chaume, comme un peuple puissant rangé en bataille. 6Les peuples ena sont angoissés, tous les visages pâlissent. 7Ils courent comme des hommes forts, ils escaladent la muraille comme des hommes de guerre ; ils marchent chacun dans son chemin, et ne changent pas leurs sentiers ;  8et ils ne se pressent pas l’un l’autre. Ils marchent chacun dans sa route ; ils se précipitent à travers les traits et ne sont pas blessésb ;  9ils se répandent par la ville, ils courent sur la muraille, ils montent dans les maisons, ils entrent par les fenêtres comme un voleur. 10Devant eux la terre tremble, les cieux sont ébranlés, le soleil et la lune sont obscurcis, et les étoiles retirent leur splendeur. 11Et l’Éternel fait entendre sa voix devant son armée, car son camp est très grand, car l’exécuteur de sa parole est puissant ; parce que le jour de l’Éternel est grand et fort terrible ; et qui peut le supporter ?  
12Ainsi, encore maintenant, dit l’Éternel, revenez à moi de tout votre coeur, avec jeûne, et avec pleurs, et avec deuil ;  13et déchirez vos coeurs et non vos vêtements, et revenez à l’Éternel, votre Dieu ; car il est plein de grâce et miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté, et il se repent du mal [dont il a menacé]. 14Qui sait ? il reviendra et se repentirac et laissera après lui une bénédiction, une offrande et une libation à l’Éternel, votre Dieu. 
15Sonnez de la trompette en Sion, sanctifiez un jeûne, convoquez une assemblée solennelle ;  16assemblez le peuple, sanctifiez la congrégation, réunissez les anciens, assemblez les enfants et ceux qui tètent les mamelles ; que l’époux sorte de sa chambre, et l’épouse de sa chambre nuptiale ;  17que les sacrificateurs, les serviteurs de l’Éternel, pleurent entre le portique et l’autel, et qu’ils disent : Épargne ton peuple, ô Éternel, et ne livre pas ton héritage à l’opprobre, en sorte qu’ils soient le proverbe des nationsd. Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ?  
18Alors l’Éternel sera jaloux pour son pays, et aura pitié de son peuple. 19Et l’Éternel répondra et dira à son peuple : Voici, je vous envoie le blé, et le moût, et l’huile, et vous en serez rassasiés ; et je ne vous livrerai plus à l’opprobre parmi les nations ;  20et j’éloignerai de vous celui qui vient du nord, et je le chasserai dans un pays aride et désolé, sa face vers la mer orientale, et son arrière-garde vers la mer d’occidente ; et sa puanteur montera, et son infection montera, parce qu’il s’est élevé pour faire de grandes choses. 21Ne crains pas, terre ; égaye-toi et réjouis-toi ; car l’Éternel fait de grandes choses. 22Ne craignez pas, bêtes des champs, car les pâturages du désert verdissent, car l’arbre porte son fruit, le figuier et la vigne donnent leur forcef23Et vous, fils de Sion, égayez-vous et réjouissez-vous en l’Éternel, votre Dieu ; car il vous donne la première pluie dans sa mesureg, et fait descendre sur vous la première pluieh et la dernière pluie, au commencement [de la saison]i24Et les aires seront pleines de blé, et les cuves regorgeront de moût et d’huile ;  25et je vous rendrai les années qu’a mangées la sauterelle, l’yélek, et la locuste, et la chenille, ma grande armée que j’ai envoyée au milieu de vous. 26Et vous mangerez abondamment et serez rassasiés, et vous louerez le nom de l’Éternel, votre Dieu, qui a fait des choses merveilleuses pour vous ; et mon peuple ne sera jamais honteux. 27Et vous saurez que je suis au milieu d’Israël, et que moi, l’Éternel, je suis votre Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre ; et mon peuple ne sera jamais honteux. 

(Traduction J.N. Darby)

Notes

a. ou : devant lui.

b. ou : séparés.

c. ou : se repentira de nouveau.

d. d’autres : en sorte que les nations dominent sur eux.

e. litt. : de derrière ; c.-à-d. : Méditerranée, comp. Deutéronome 11. 24.

f. ou : leurs richesses.

g. litt. : en justice.

h. pluie d’automne, la première par rapport aux semailles.

i. ou : au premier [mois].

Le chapitre 2 est centré sur Jérusalem, “Sion… ma sainte montagne”. C’est là, au lieu que l’Éternel a choisi [Deut. 26. 2 ; 2 Chr. 7. 16], que doit retentir l’avertissement : “le jour de l’Éternel vient”. Ce jour terrible, “un jour de nuées et d’épaisses ténèbres” amènera de grands troubles et des souffrances inouïes ; mais il annonce aussi la délivrance finale, car il est comparé à “l’aube qui s’étend sur les montagnes”. Et c’est aussi à Jérusalem que cette délivrance surviendra (v. 32 b).

Deux trompettes d’argent avaient été fabriquées et confiées aux sacrificateurs [Nom. 10]. Ils devaient en faire usage en diverses circonstances, notamment :

– En cas de danger, lorsque le peuple devait partir en guerre contre l’ennemi ; dans ce cas il fallait sonner très fort, “avec éclat”.

– Pour convoquer le peuple en assemblée ; alors on sonnait sans forcer le son.

Joël invite les sacrificateurs à sonner de la trompette, par deux fois et de ces deux manières.

1. La trompette sonne pour la guerre : v. 1-14

Le premier son de trompette – “Sonnez avec éclat” – pouvait être utilisé soit pour donner l’ordre de départ du camp, soit pour que les fils d’Israël soient “rappelés en mémoire devant l’Éternel” en cas de guerre. Il s’agit ici de cette dernière signification. La guerre était à la porte : une armée innombrable et terriblement efficace allait envahir le pays sans que personne puisse lui résister.

Quelle est cette armée ? C’est celle de l’ennemi dévastateur qui vient du Nord (2. 20), l’Assyrien [Es. 10 ; Dan. 11. 40]. Dans la description saisissante qui en est donnée, on voit sa ressemblance avec la nuée de sauterelles qui la préfigure au chapitre précédent. Les chevaux bondissent comme les sauterelles [Job 39. 23]. Celles-ci se répandent en rangs serrés et les flèches ne les atteignent pas. Leur bruit est terrifiant et leur nuage obscurcit même la lumière du soleil. Elles pénètrent partout sans que rien ne les arrête.

Le peuple n’est pas invité à se mettre en ordre de bataille pour tenter de repousser cette armée. L’Éternel l’appelle “son armée” ; c’est lui qui la dirige car elle est “l’exécuteur de sa parole”. Quand Dieu nous envoie un châtiment, individuellement ou collectivement, souvenons-nous toujours que c’est lui qui le fait [1 Rois 12. 34 ; Ps. 39. 9-11]. Il veut que nous nous tournions vers lui au lieu de chercher désespérément à nous opposer à l’instrument qu’il emploie [Osée 6. 1 ; Mich. 6. 9].

En effet, la seule ressource est auprès de l’Éternel qui presse encore les siens à revenir vers lui de tout leur cœur dans la confession et l’humiliation. Pour les encourager à le faire, l’Éternel rappelle ses propres caractères tels qu’il les a révélés à Moïse après l’épisode du veau d’or : “plein de grâce et miséricordieux, lent à la colère et grand en bonté” [Ex. 34. 6]. David nous donne l’exemple d’un tel retour vers Dieu lorsqu’il a été puni pour avoir dénombré Israël [1 Chr. 21. 7-13]. Il faut que la confession soit sincère et profonde. Le danger est grand pour nous de “courber la tête comme un roseau” [Es. 58. 5] pour la relever dès que le châtiment est passé. Il ne faut pas se contenter d’une humiliation extérieure : déchirer ses vêtements seulement, alors qu’il faut réellement reconnaître et abandonner son péché [Jér. 4. 3, 4], avec une volonté brisée [Ps. 51. 17].

2. La trompette sonne pour le jeûne, l’humiliation et la supplication : v. 15-17

Encore une fois, les sacrificateurs sont invités à sonner de la trompette, non pas “avec éclat” comme la première fois, mais pour convoquer l’assemblée tout entière, hommes, femmes, vieillards, enfants et petits enfants. Aucune relation, aucune occupation ne doit servir de prétexte pour se dispenser de venir à ce rassemblement. Les sacrificateurs représentent le peuple devant Dieu. Il n’y a plus d’offrande ni de sacrifice, mais ils doivent se tenir à l’entrée du sanctuaire “entre le portique et l’autel” pour supplier l’Éternel en pleurant. L’Esprit de Dieu fournit lui-même les expressions propres à toucher le cœur de l’Éternel dont on sent les affections dans ces termes : “ton peuple”, “ton héritage”. Quelle peine pour Dieu d’envisager que les nations incrédules puissent dire aux siens : “Où est leur Dieu ?” [Ex. 32, 12 ; Ps. 42. 3 ; 115. 2]. Christ a connu cela sur la croix, lorsqu’il s’est chargé de la transgression de son peuple [Es. 53. 8 ; Matt. 27, 43].

3. La réponse de l’Éternel : v. 18-27

L’Éternel appelle son peuple à s’humilier et à supplier. Il a déjà préparé la réponse, à cause de lui-même et de son affection pour son peuple. Il faut qu’il soit glorifié dans son pays ; la famine cessera pour son peuple. Le jour viendra où Dieu punira les nations qui ont persécuté son peuple ; le grand ennemi, “celui qui vient du nord”, l’Assyrien, sera chassé puis détruit. Il s’était orgueilleusement élevé contre Dieu “pour faire de grandes choses”, mais c’est l’Éternel qui “fait de grandes choses”. Il déclare même à son peuple : “Vous louerez le nom de l’Éternel votre Dieu qui a fait des choses merveilleuses pour vous” (v. 26).

En contraste avec la sécheresse et la famine décrites précédemment, une abondante bénédiction est répandue d’en haut sur le pays, la première pluie et la dernière pluie. La prospérité est revenue par d’abondantes récoltes qui font oublier la pénurie passée. Certainement il y aura une application littérale de cette prédiction, mais la bénédiction morale qui découlera du règne de Christ sera encore plus bénéfique. Dieu réalisera alors son dessein d’habiter au milieu de son peuple (v. 27). Celui-ci goûtera une bénédiction sans restriction, mais plus encore il se réjouira en Dieu lui-même. C’est déjà la part proposée au croyant [Rom. 5. 11]. La connaissons-nous ?

La pluie est une fréquente image de la bénédiction [Deut. 11. 14 ; Ps 65. 9-13 ; 84. 6], alors que son absence est souvent un châtiment [1 Rois 17. 1 ; Jér 3. 3 ; Amos 4. 7]. Le climat de la Palestine présente une alternance de deux périodes de pluies à l’automne et au printemps séparées par des mois de sécheresse. L’abondance des récoltes dépendait en particulier des pluies de printemps (la dernière saison), avant la moisson.

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