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Le livre du prophète Ésaïe
Sondez les Écritures - 1ère année

Introduction
Jean-Pierre Fuzier : Chapitres 1 à 66

Avec le livre du prophète Ésaïe, nous abordons la dernière partie de l’A.T., qui regroupe les écrits de seize prophètes.

Le rôle du prophète était de faire connaître la pensée de Dieu, de parler de sa part à son peuple Israël. À différentes époques de l’histoire de son peuple et plus particulièrement quand la sacrificature, par suite de son infidélité, cessait d’être le moyen de s’approcher de lui, Dieu suscitait un prophète. Les trois premiers chapitres du premier livre de Samuel en sont un exemple.

Un prophète était “un homme ayant les mêmes passions que nous” [Jac. 5. 17], mais en qui était “l’Esprit de Christ” [1 Pi. 1. 10-11]. Son message, oral ou écrit, est donc la parole de Dieu.

Nous apprenons, en lisant les Écritures, que la prophétie à proprement parler, a commencé avec Samuel, bien que d’autres hommes de Dieu aient porté ce titre avant lui [Gen. 20. 7 ; Deut. 18. 15]. Nous constatons aussi que les prophètes suscités en Juda et en Israël n’ont pas tous laissé de prophétie écrite : c’est le cas, par exemple, d’Élie, à l’exception de son “écrit” à Joram [2 Chr. 21. 12-15] et d’Élisée.

Enfin, il n’est pas sans intérêt d’observer que, depuis le prophète Malachie jusqu’à Jean le Baptiseur, il s’est écoulé une longue période où Dieu a cessé de parler à son peuple.

“À la fin de ces jours-là” [Héb. 1. 1, 2], c’est-à-dire au temps de la venue du Messie, Dieu va parler aux “hébreux” par son Fils lui-même, le Seigneur Jésus. Le dernier des prophètes, Jean le Baptiseur, a été le messager envoyé devant la face du Seigneur [Mal. 3. 1].

Ces ultimes appels ayant été rejetés par Israël, “l’unique fils bien-aimé” [Marc 12. 6] ayant été tué et jeté hors de la vigne et Étienne ayant été lapidé [Act. 7. 58], un endurcissement partiel est arrivé à Israël jusqu’à ce que l’Église soit complète [Rom. 11. 25]. C’est la période dans laquelle nous vivons aujourd’hui, qui prendra fin à la venue du Seigneur pour enlever l’Église.

Objet de la prophétie

Cet objet est multiple :

– 1. En premier lieu, la prophétie prononce le jugement du mal sur ceux qui le font et elle les condamne.

– 2. Elle est un encouragement pour les fidèles, ceux qui, au milieu de la ruine du peuple, constituent le résidu. Elle montre à ce résidu qu’à la suite de ces jugements, il y aura restauration pour lui.

– 3. La prophétie est un appel à la repentance. Elle met en évidence le mal existant et elle annonce son jugement, mais celui-ci n’est pas encore exécuté.

– 4. La prophétie est la révélation du moyen que Dieu emploiera pour délivrer. Ce moyen se résume dans le nom de Christ. Toutes les voies de Dieu aboutissent à lui.

– 5. La prophétie nourrit la foi en montrant dans la gloire du Messie le remède à tout mal.

Nous ajouterons que l’Église n’est jamais l’objet de la prophétie de l’A.T. qui ne concerne que la terre et le peuple terrestre de Dieu : Israël.

Les livres prophétiques

Ils se groupent en deux catégories :

– L’une comprend les prophètes qui ont parlé quand Israël était encore reconnu de Dieu.

– L’autre, ceux qui ont été suscités quand il n’est plus reconnu comme son peuple.

Dans la première catégorie, le grand ennemi est l’Assyrien ; dans la seconde, c’est Babylone, “tête d’or” [Dan. 2. 32, 37, 38] de la domination des nations asservissant le peuple d’Israël.

La première catégorie comprend Ésaïe, Jérémie, et parmi les petits prophètes, Osée, Joël, Amos, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie. La seconde catégorie comprend les autres prophètes, Ézéchiel pouvant toutefois être considéré comme prenant place entre les deux.

À qui sont destinés les livres prophétiques ?

Ces écrits concernent Israël ; ils sont donc d’abord destinés aux Juifs fidèles. Ainsi par exemple, Daniel comprit en lisant le prophète Jérémie, quelles étaient les pensées de Dieu quant à l’accomplissement des désolations de Jérusalem [Dan. 9. 2]. Pourquoi alors les chrétiens liraient-ils les livres prophétiques ?

– Premièrement, parce qu’ils font partie de la parole de Dieu : “Toute écriture est inspirée de Dieu et utile…” [2 Tim. 3. 16, 17].

– Deuxièmement, l’apôtre Pierre nous révèle que c’est pour nous – qui avons cru au Seigneur Jésus – que ces choses (la grâce qui nous était destinée) ont été écrites [1 Pi. 1. 9-12].

– Troisièmement, Dieu se plaît à révéler ses secrets aux siens ; comme il avait pu dire : “Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire ?” il nous confie aussi ses intentions [Gen. 18. 16-21] à l’égard de son peuple, Israël.

– Enfin, le Seigneur Jésus nous a dit : “Sondez les écritures… ce sont elles qui rendent témoignage de moi” [Jean 5. 39]. N’est-ce pas la raison principale pour que nous soyons attentifs à la parole prophétique, “comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que… l’étoile du matin se soit levée dans nos cœurs” ? [2 Pi. 1. 17-21]

Le livre du prophète Ésaïe

Le livre d’Ésaïe, par son ampleur et par la variété des sujets qu’il traite, est sans conteste le premier des livres prophétiques.

Ésaïe a été qualifié par Dieu pour révéler ses pensées et ses conseils, dans le style simple et majestueux qui convient à de tels sujets.

Il est le plus ample des prophètes ; on trouve chez lui tous les grands sujets de la prophétie : les jugements sur Israël et sur les nations, verges de Dieu, mais oppresseurs orgueilleux du peuple que l’Éternel châtie par elles.

Ésaïe parle aussi du résidu selon l’élection de la grâce [Rom. 11. 5, 29] ; de la rédemption, c’est-à-dire de la délivrance de son peuple ; du Messie et du règne millénaire.

Il nous conduit jusqu’au temps où Dieu créera les nouveaux cieux et la nouvelle terre (65. 17 ; 66. 22).

Enfin, le nom d’Ésaïe signifie “le salut de l’Éternel”. Son livre a été appelé “l’évangile de l’A.T.”, car il annonce Christ clairement et à de nombreuses reprises et sa prophétie est plus souvent citée dans le N.T. qu’aucun autre livre de l’A.T., à l’exception des Psaumes.

Ésaïe a prophétisé aux jours d’Ozias, Jotham, Achaz et Ézéchias, rois de Juda durant une soixantaine d’années (760 – 700 avant notre ère) pendant la période où Dieu mettait fin au royaume d’Israël, tandis que celui de Juda devait subsister encore plus d’un siècle (1. 1).

Plan du livre du prophète Ésaïe

Le livre d’Ésaïe comprend deux parties :

La première comporte les chapitres 1 à 39, si on y inclut ce qui a été appelé “un intermède historique”, savoir les chapitres 36 à 39.

La seconde va du chapitre 40 à la fin.

La première partie embrasse toute la prophétie au sujet d’Israël et des nations qui ont affaire avec ce peuple aux derniers jours, c’est-à-dire entre l’enlèvement de l’Église et le règne de Christ. L’ennemi en vue est l’Assyrien qui, suscité le premier, sera jugé le dernier, après toutes les autres nations. Cette première partie nous conduit donc jusqu’à la bénédiction milléniale sous le règne de Christ.

Les chapitres 36 à 39 relatent des événements qui ont eu lieu aux jours d’Ésaïe, et qui illustrent la prophétie future.

La seconde partie nous entretient du Messie, de sa venue, de son sacrifice et de son règne en gloire. Après les controverses de l’Éternel avec son peuple et le rejet du Messie, la voie est ouverte pour la bénédiction des nations (49. 4-6). Sion1 ne sera pourtant jamais oubliée ; le Messie qu’elle a rejeté la restaurera à la fin (49. 14-16).

Ces deux parties du livre comprennent respectivement quatre et trois divisions distinctes :

– 1. L’histoire prophétique d’Israël : Ch. 1 à 12

– 2. L’oracle sur les nations : Ch. 13 à 27

– 3. L’Assyrien : Ch. 28 à 35

– 4. Parenthèse historique : Ch. 36 à 39

– 5. Controverse de l’Éternel avec son peuple, au sujet des idoles : Ch. 40 à 48

– 6. Controverse de l’Éternel avec son peuple, au sujet du Messie : Ch. 49 à 57

– 7. Exhortations et conclusion : Ch. 58 à 66

Le détail des divisions

– 1. Chapitres 1 à 12 : C’est l’histoire prophétique d’Israël, décrivant son état moral, annonçant les jugements qui en sont la conséquence et dans lesquels l’Assyrien2 occupe une place prépondérante. Toutefois le résidu de Jacob reviendra au Dieu Fort, sera délivré par le Messie (10. 20-23). Le règne de Christ est annoncé. La division s’achève par la louange d’Israël.

– 2. Chapitres 13 à 27 : Nous avons là les oracles touchant les nations qui entourent Israël – et touchant Israël lui-même au chapitre 22 – avec, au chapitre 18, la mention de l’aide donnée au peuple élu, par une nation protectrice.

– 3. Chapitres 28 à 35 : Cette division pourrait s’intituler “l’Assyrien”. Nous y trouvons six “malheurs” faisant suite au “malheur à moi” du chapitre 24 et constituant le pendant des six “malheurs” du chapitre 5, suivis du “malheur à moi” du chapitre 6. Ces événements aboutissent à la joie éternelle de ceux que l’Éternel aura délivrés (35. 10).

– 4. Chapitres 36 à 39 : Ils nous présentent sous la forme d’événements historiques qui ont eu lieu, trois grands sujets de l’histoire du peuple :

– le grand ennemi de la fin, l’Assyrien.

– le relèvement d’Ézéchias, type de Christ mort et ressuscité, type aussi de la résurrection nationale du peuple de Dieu.

– enfin l’annonce de la captivité à Babylone.

– 5. Chapitres 40 à 48 : Controverse de l’Éternel avec son peuple, au sujet des idoles.

– 6. Chapitres 49 à 57 : Controverse de l’Éternel avec son peuple, au sujet du rejet du Messie. Au centre de cette partie du livre, l’Éternel présente Celui qui est au centre de ses conseils : “Voici, mon serviteur…” C’est le Seigneur Jésus.

– 7. Chapitres 58 à 66 : Conclusion. Le prophète proclame à nouveau les transgressions du peuple, mais la repentance conduit au relèvement.

Notes
1 –

Sion est le nom donné à Jérusalem vue comme le siège de la grâce de Dieu envers Israël.

2 –

L’Assyrie historique s’étendait au nord-est de la Palestine le long du Tigre. Elle eut pour capitale : Assur, Calakh et Ninive. Les Assyriens détruisirent le royaume d’Israël (Samarie), puis furent supplantés par Babylone. L’Assyrien prophétique, ou “roi du nord” sera donc au nord-nord-est d’Israël, sans qu’on puisse préciser ses limites géographiques.

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