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Le livre du prophète Amos
Sondez les Écritures - 4ème année

Amos 3. 1-15

1. Privilèges et responsabilité de toute la maison d’Israël : v. 1, 2

Le prophète s’adresse maintenant pour la première fois à toute la maison d’Israël. S’il le fait à deux autres reprises (3. 13 ; 5. 1), ceci nous montre que Dieu est patient. Le peuple d’Israël avait été choisi d’entre tous les peuples [Ex. 19. 5]. L’Éternel voulait en faire un royaume de sacrificateurs, non une compagnie de prêtres idolâtres ; une nation sainte, non un peuple corrompu et mélangé aux païens. Il voulait en faire le peuple de son héritage [Deut. 4. 20], un peuple qui lui appartienne en propre [Deut. 7. 6], à qui il puisse confier ses paroles [Ps. 147. 19, 20]. Par de grands miracles, il l’avait délivré d’Égypte, de la servitude. Quel privilège d’être le peuple de Dieu !

Amos pose ici un principe fondamental : la responsabilité est à la mesure des privilèges. Le prophète montre que la responsabilité du peuple de Dieu découle de sa relation privilégiée avec Dieu. Par conséquent Amos déclare que le jugement est proportionné aux privilèges (v. 2). Ce principe reste valable aujourd’hui [Matt. 11. 20-24 ; Luc 12. 47, 48 ; 1 Pi. 4. 17].

2. Sept questions : v. 3-8

Amos justifie son droit d’annoncer le jugement de l’Éternel à ses contemporains en posant sept questions dont chacune comporte une réponse évidente. Si l’Éternel ne rugissait pas comme un lion, le prophète aurait-il le droit de crier ? Le lionceau crie-t-il du fond de sa tanière si le vieux lion n’a rien pris ? (v. 4). Le piège se referme-t-il à vide ? Par ces questions imagées, Amos veut démontrer que rien ne se produit au hasard. Nos vies ne sont pas la résultante de forces aveugles mais d’un plan arrêté de Dieu qui dirige et contrôle tous les événements. Mais les avertissements ne sont pas vains. Si le lion rugit, sa gueule ne s’est pas refermée sur sa proie. Elle peut encore échapper à la mort.

Y aura-t-il du mal dans une ville et l’Éternel n’aura pas agi ? Dieu n’est pas l’auteur du mal mais il permet les épreuves et les malheurs dans la vie des hommes. Comme quelqu’un l’a déjà remarqué, le mot “mal” est utilisé 640 fois dans l’A.T. dont 350 fois pour signifier le mal moral et 270 fois pour parler de calamités physiques (comme dans ce passage).

L’Éternel rugit pour avertir son peuple par un puissant cri d’alarme. Ses serviteurs les prophètes ne seront pas surpris par des calamités soudaines et inattendues car Dieu leur communique ses pensées. C’est ainsi que l’Éternel a averti Noé, Abraham, Joseph et bien d’autres de jugements à venir. Jésus lui-même n’a rien caché à ses disciples concernant la destruction de Jérusalem [Luc 21. 20-24]. Soyons attentifs à la parole prophétique. Elle brille comme une lampe dans un lieu obscur [2 Pi. 1. 19].

3. Un reste sauvé : v. 9-12

Les dix tribus vont être jugées. Dieu prend à témoins la Philistie (Asdod) et l’Égypte. Il va s’en servir, non pour leur faire une faveur, mais pour châtier Israël. Quelle déchéance pour le peuple de Dieu quand il doit être jugé par des nations impies ! Le peuple ne sait pas faire ce qui est droit et ne réalise pas le degré de confusion dans lequel il est plongé (v. 10).

Quand le péché nous envahit, il ne nous paralyse pas seulement pour faire le bien, mais il nous rend aussi incapables de percevoir le bien et de comprendre ce qui est mal [Es. 5. 12, 13, 19 ; Jér. 4. 22 ; Osée 4. 11].

Dieu va se changer en ennemi de son peuple [Es. 63. 10] (comp. 9. 1, 2). Toutefois un petit reste échappera car Dieu ne châtie pas sans discrimination (5. 15 ; 9. 8, 11-15). Ces prophéties s’accomplirent quand Shalmanéser V, roi d’Assyrie, prit Samarie en 722 ou au début de 721 av. J.-C. après trois ans de siège et déporta les habitants des dix tribus [2 Rois 17. 3-6].

4. Colère contre l’opulence : v. 13-15

Les autels vont être renversés. Ils portaient à leurs coins des cornes comme symbole de puissance. Elles seront coupées. Les hommes pensaient qu’une protection leur était offerte quand, en temps de détresse, ils saisissaient les cornes de l’autel. Mais selon la loi donnée à Moïse, l’homme coupable pouvait être arraché à l’autel [Ex. 21. 14 ; 1 Rois 1. 49-53 ; 2. 28-34].

Les autels de Béthel avaient pour origine le faux culte que Jéroboam I y avait établi pour empêcher le peuple d’aller sacrifier à Jérusalem dans le royaume de Juda [1 Rois 12. 26-33]. Ce culte, déformé jusqu’à ce qu’il s’adapte à la nature humaine, sombra progressivement dans l’idolâtrie la plus abjecte [2 Rois 17. 7-18].

Moralement, la maison de Dieu était déjà tombée. Aucune autre maison ne pourra tenir debout : maisons de plaisance d’hiver et d’été ou maisons luxueuses en ivoire construites par l’impie Achab [1 Rois 22. 39]. Rien ne pourra résister au tremblement de terre et aux attaques de l’ennemi. Toute puissance humaine, même quand elle se traduit sous les aspects les plus religieux, est bien éphémère quand elle se mesure au Seigneur, l’Éternel, le Dieu des armées. Pour mieux faire ressortir le contraste, Amos accumule les noms divins et forme le plus long nom de Dieu dans l’A.T. (v. 13).

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