Bannière

Le premier livre de Samuel
Sondez les Écritures - 3ème année

1 Samuel 7. 2-17

1 Samuel 7

2Et il arriva que, depuis le jour où l’arche demeura à Kiriath-Jéarim, il se passa un long temps, vingt années ; et toute la maison d’Israël se lamenta après l’Éternel. 3Et Samuel parla à toute la maison d’Israël, disant : Si de tout votre coeur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre coeur à l’Éternel, et servez-le lui seul ; et il vous délivrera de la main des Philistins. 4Et les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Éternel seul. 
5Et Samuel dit : Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Éternel pour vous. 6Et ils s’assemblèrent à Mitspa, et ils puisèrent de l’eau et la répandirent devant l’Éternel ; et ils jeûnèrent ce jour-là, et dirent là : Nous avons péché contre l’Éternel. Et Samuel jugea les fils d’Israël à Mitspa. 7Et les Philistins apprirent que les fils d’Israël s’étaient assemblés à Mitspa, et les princes des Philistins montèrent contre Israël ; et les fils d’Israël l’apprirent, et eurent peur des Philistins. 8Et les fils d’Israël dirent à Samuel : Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel, notre Dieu, afin qu’il nous sauve de la main des Philistins. 9Et Samuel prit un agneau de lait, et l’offrit tout entier à l’Éternel en holocauste ; et Samuel cria à l’Éternel pour Israël, et l’Éternel l’exauça. 
10Comme Samuel offrait l’holocauste, les Philistins s’approchèrent pour livrer bataille à Israël ; et l’Éternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mit en déroute, et ils furent battus devant Israël. 11Et les hommes d’Israël sortirent de Mitspa et poursuivirent les Philistins, et les frappèrent jusqu’au dessous de Beth-Car. 12Et Samuel prit une pierre et la plaça entre Mitspa et le rocher, et il appela son nom Ében-Ézera, et dit : L’Éternel nous a secourus jusqu’ici. 13Et les Philistins furent abaissés, et ils n’entrèrent plus dans les confins d’Israël ; et la main de l’Éternel fut sur les Philistins pendant tous les jours de Samuel. 14Et les villes que les Philistins avaient prises sur Israël retournèrent à Israël, depuis Ékron jusqu’à Gath ; et Israël délivra leur territoire de la main des Philistins. Et il y eut paix entre Israël et l’Amoréen. 
15Et Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie. 16Et il allait d’année en année, et faisait le tour, à Béthel, et à Guilgal, et à Mitspa, et jugeait Israël dans tous ces lieux-là ;  17et il s’en retournait à Rama, car là était sa maison, et là il jugeait Israël ; et il bâtit là un autel à l’Éternel. 

(Traduction J.N. Darby)

Notes

a. la pierre de secours

4. Le relèvement du peuple : v. 2-14

Le retour du peuple d’Israël à l’Éternel : v. 2-4

La Parole est silencieuse sur les vingt années qui suivent le retour de l’arche en Israël. Mais la fin du chapitre autorise à penser que Samuel, dans son affection pour le peuple, n’a pas cessé de prier pour lui, de l’exhorter, guettant les premiers signes d’un retour vers Dieu. Les fils d’Israël sont encore opprimés par les Philistins et n’ont pas abandonné leur idolâtrie. Mais un travail intérieur se fait en eux ; il produit des lamentations et le désir de retrouver pleinement l’Éternel [Jér. 31. 9]. Le travail de Dieu pour relever, individuellement ou collectivement, est souvent bien long parce que nous sommes lents à reconnaître nos fautes. Ayons comme notre Dieu la patience d’attendre [Rom. 15. 5 ; Col. 1. 11 ; 2 Thes. 3. 5] en priant le retour d’un frère.

Israël s’approche de Dieu et Dieu s’approche de lui [Jac. 4. 8]. La bénédiction est prête. Samuel parle à la fois de grâce à leur cœur et de vérité à leur conscience. Il “parle”, et c’est bien toujours la Parole qui nous apporte la conscience de notre état [Héb. 4. 12]. Dieu ne peut tolérer la rivalité d’aucun faux dieu. Il délivrera si les cœurs sont purifiés et fermement attachés à lui. En effet, ici, la repentance porte ses fruits et les faux dieux sont ôtés.

L’humiliation collective à Mitspa : v. 5-9

Samuel, à l’image du Seigneur, les a exhortés (v. 3), les a rassemblés (v. 5) ; maintenant, il va intercéder pour eux, devant eux (v. 5), et enfin les juger (v. 6).

Mitspa, colline de Benjamin, domine le pays ; c’est un lieu élevé, propice à la communion. Il s’y passe un fait historique unique : une libation nationale. L’eau répandue ne peut plus être recueillie à nouveau ; cet acte signifie donc que l’on reconnaît sa misère et sa totale faiblesse et que l’on est profondément affligé de la situation actuelle [2 Sam. 14. 14 ; Ps 22. 14 ; Lam. 2. 19]. Le peuple reconnaît aussi la valeur de l’intercession persévérante de Samuel (v. 8) : belle figure du service rempli par Jésus qui intercède maintenant pour les siens [Héb. 7. 25]. Et spontanément, dans sa sincérité, le peuple jeûne ce jour-là. Voilà donc le chemin complet du retour accompli : confession, humiliation, repentance et enfin séparation du mal.

A peine revenu à l’Éternel, le peuple est mis à l’épreuve. Les Philistins, prenant peut-être le rassemblement de Mitspa pour les préparatifs d’une offensive, montent contre Israël. Quand le peuple de Dieu se vouait à l’idolâtrie des Philistins, ceux-ci restaient tranquilles. De même, Satan laisse en paix un chrétien spirituellement endormi [Luc 11. 21], alors que le témoignage vivant d’un enfant de Dieu zélé pour son Sauveur attise la haine du diable.

Samuel sera exaucé et le peuple remportera la victoire sur la base d’un sacrifice agréé : un agneau de lait offert tout entier, image éloquente de la douceur et de l’innocence d’une victime consacrée totalement à Dieu, qui se substitue au peuple coupable mais repentant.

La victoire d’Ében-Ézer : v. 10-14

La victoire est éclatante. Elle est l’œuvre exclusive de Dieu. Toute la gloire lui en revient (v. 10), tandis que l’énergie de la foi est donnée au peuple pour poursuivre les Philistins jusqu’à Beth-Car (dont le nom signifie : « maison de l’agneau ») et bénéficier de la victoire (v. 11). Le chemin du chrétien ressemble, en figure, à ces diverses étapes : il commence sa vie nouvelle à la croix où l’Agneau de Dieu a été sacrifié ; puis, après les combats spirituels de sa vie sur la terre, il sera recueilli dans la présence de l’Agneau glorifié, dans la maison céleste.

Ében-Ézer est le nom donné officiellement maintenant à la pierre dressée. Elle est un mémorial qui rappelle l’endroit exact de la défaite vingt ans plus tôt (4. 1), mais surtout l’auteur de la victoire actuelle (v. 12). N’oublions jamais d’exprimer à Dieu notre reconnaissance pour toutes ses délivrances, jour après jour [Ps. 68. 19]. Aux grandes étapes de notre vie, nous pouvons souvent rappeler combien souvent Dieu a usé de grâce envers nous et nous a secourus.

Samuel, juge en Israël : v. 15-17

Ces versets donnent un résumé du déroulement de la vie de Samuel et de son service officiel au milieu du peuple de Dieu. Pour sa relation avec l’Éternel, le peuple dépend entièrement de lui qui assume tout. Samuel remplit simultanément les rôles de prophète, de sacrificateur, d’intercesseur, de juge et presque de roi. Il est un type de Christ qui cumule parfaitement toutes ces fonctions. Son rôle de juge est particulièrement mis en évidence ici.

Le peuple, délivré, en paix, objet de soins attentifs, avait tout pour être heureux. Lors de ses tournées, Samuel passe dans divers lieux qui ont chacun une application spirituelle pour nous :

– Béthel signifie “maison de Dieu” : nous sommes la maison de Dieu sur la terre [Eph. 2. 20] ; l’assemblée, “colonne et soutien de la vérité” [1 Tim. 3. 15], est le lieu où le croyant trouve protection et nourriture ;

– Guilgal est le lieu de la circoncision [Jos. 5. 9] : si la chair en nous est jugée [Rom. 7. 18], et si nous n’avons plus aucune confiance en elle [Phil. 3. 3], nous jouirons de notre liberté de fils ;

– Mitspa signifie “lieu élevé” ou “tour de guet” : le croyant doit se montrer vigilant [Hab. 2. 1] et, lorsqu’il s’est éloigné de lui, il verra la fidélité de son Dieu (7. 5) qui le relève dans sa grâce ; le cœur du croyant pourra alors s’élever en reconnaissance ;

– Rama était le domicile de Samuel qui avait là un autel particulier ; il est bon qu’un serviteur mette en pratique chez lui, dans sa famille, ce qu’il prêche ailleurs ; soyons diligents pour maintenir un culte familial qui sera une protection pour toute notre maison.

Ainsi le service de Samuel est-il encadré par l’adoration : dès sa tendre enfance, il se prosterne devant l’Éternel (1. 28) ; à la fin de sa vie, il bâtit un autel à Rama, là où il habitait. L’équilibre doit être maintenu entre le service et la communion avec le Maître : si le service prend trop d’importance et empiète sur les moments d’adoration, il devient une activité de la chair, agitée et occupée d’elle-même. La vie de Samuel est donc un modèle d’équilibre pour la vie spirituelle du croyant.

Carte du circuit annuel de Samuel
Le circuit annuel de Samuel
“Et il allait d’année en année, et faisait le tour, à Béthel, et à Guilgal, et à Mitspa, et jugeait Israël dans ces lieux-là ; et il s’en retournait à Rama, car là était sa maison, et là il jugeait Israël.” (7. 15-17)
Choisir un livre
Choisir un passage
×
Choisir un livre
Choisir un passage